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AFP, 3 mars 2004

Le gouvernement néocolonialiste de George Bush s’efforce d’intimider le peuple haïtien


L’arrogant laquais de Wall Street

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Les Etats-Unis ont engagé un bras de fer avec les libérateurs haïtiens, sommés comme les "Chimères" pro-Aristide de désarmer en Haïti, où près de 140 légionnaires de l’armée française sont attendus mercredi 3 mars 2004.


"Je ne vais pas pas déposer les armes, malgré les pressions internationales", a rétorqué mardi soir le chef militaire du Front de résistance nationale, Guy Philippe. "Nous ne déposerons pas les armes tant qu’il y aura des Chimères, il faut protéger le peuple haïtien", a précisé l’ex-commissaire de police. "Seul le peuple peut nous demander ce qu’il veut".

Guy Philippe : le libérateur d’Haïti

Peu avant, les Etats-Unis avaient nettement haussé le ton à son égard. Comme les "Chimères", "les rebelles doivent se démobiliser et rentrer chez eux", a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Richard Boucher.

Washington est favorable à des discussions avec l’opposition démocratique haïtienne, mais pas avec "les rebelles, les groupes armés, les voyous, les restes de l’ancienne armée, les anciens escadrons de la mort", a-t-il ajouté.

Richard Boucher

Le Front de résistance nationale est notamment formé d’ex-militaires de l’armée haïtienne dissoute en 1995 par Jean Bertrand Aristide. L’opposition institutionnelle veut les faire participer au processus de normalisation.

Le secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires américaines, Roger Noriega, a été encore plus dur. Guy Philippe "n’a de contrôle sur rien, mis à part une bande de gens en haillons", a-t-il dit à des parlementaires.

Roger Noriega : il a traité les libérateurs d’Haïti de "racaille"

A Port-au-Prince, "nous sommes 350 avec l’arrivée de 2 autobus et de dix voitures en provenance des Gonaïves" (nord-ouest), a déclaré Winter Etienne, responsable politique et porte-parole du Front.

Dans l’après-midi, Guy Philippe avait été acclamé par une foule en liesse près du Palais présidentiel. Les insurgés contrôlent toujours la moitié nord du pays.

Les Etats-Unis et la France continuent de renforcer leurs contingents à Port-au-Prince qui tente de reprendre des activités normales. Près de 14O légionnaires du 3e REI (Régiment étranger d’infanterie) basé à Kourou sont attendus mercredi en Haïti, ainsi que des gendarmes venus de métropole.

L’armée française ne peut que se déshonorer en prenant parti contre le peuple haïtien

M. Boucher s’est félicité de voir Marines et soldats français "commencer à restaurer l’ordre", sans toutefois préciser si ces soldats avaient des consignes d’intervenir contre les insurgés, ou de les désarmer.

Les troupes étrangères déployées en Haïti sont l’avant-garde d’une force multinationale mandatée par l’ONU. Le Chili doit envoyer mercredi 120 hommes et le Brésil en enverra aussi "dans deux ou trois mois".

A Port-au-Prince, toujours marquée par les pillages du week-end, des Marines, armés de missiles sol-sol, ont effectué une démonstration de force dans le port, qui était sous le contrôle de "Chimères".

Les troupes d’occupation américaines ont pour véritable mission d’imposer au peuple haïtien un nouveau gouvernement corrompu et à la botte de Wall Street

Après la menace d’une arrestation par les insurgés d’Yvon Neptune, Premier ministre d’Aristide, des Marines ont remplacé dans ses bureaux la sécurité haïtienne.

Dans le même temps, une foule en délire détruisait les oeuvres d’un musée d’art haïtien, nouveau QG des insurgés près de la présidence.

Au plan politique, l’opposition a désigné son représentant au comité tripartite, prévu par un plan international de réglement de la crise. Il s’agit de l’ex-sénateur Paul Denis, de l’Organisation du peuple en lutte (gauche).

Paul Denis

La communauté internationale sera représentée par Adama Guindo (Mali), coordonnateur en Haïti du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Adama Guindo

Le parti Lavalas d’Aristide n’a toujours pas désigné son représentant.

Ce comité créé auprès de la présidence doit ensuite désigner un Conseil d’une dizaine de personnes qui nommeront un Premier ministre.

"Il faut que Guy Philippe rencontre le président par intérim Boniface Alexandre et soit nommé commandant en chef des forces armées haïtiennes", a souligné Winter Etienne. "Nous espérons avoir un gouvernement d’ici vendredi 5 mars, avec l’aide du Front", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a estimé que la stabilisation d’Haïti pourrait prendre des années, tandis qu’Aristide était toujours, mardi 2 mars 2004, en République Centrafricaine.

Kofi Annan

Son asile en Afrique du Sud ou ailleurs devrait "prendre un peu de temps", selon Pretoria.

Agence France Presse

Jean-Bertrand Aristide : dictateur en fuite, recherché pour assassinats en séries et pillage de la population haïtienne

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