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AFP, 26 novembre 2005

Egypte : Les juges accusent la police d’entrave au vote des élections législatives


Les minarets d’une mosquée, à Port Said

LE CAIRE (AFP) - Les juges égyptiens ont accusé les forces de sécurité d’avoir entravé, samedi 26 novembre 2005, une quatrième journée d’élections législatives, marquée par des violences et une nouvelle vague d’arrestations qui a touché plus d’un demi-millier de Frères musulmans.

Egypte


Il s’agissait de boucler la deuxième phase d’un scrutin très tendu, et marqué jusqu’ici par une percée historique des islamistes, sans que ceux-ci soient toutefois en mesure de battre le parti du président, Hosni Moubarak. Bien que moins graves que dimanche 20 novembre, au premier tour, des violences ont éclaté dans plusieurs villes, impliquant des hommes de main des candidats du Parti national démocrate (PND) au pouvoir, selon plusieurs ONG. Pour ce second tour, 121 sièges en ballottage étaient âprement disputés, en particulier à Alexandrie et dans d’autres grands ports du Nord, comme Port-Saïd ou Suez, ainsi que dans le delta du Nil. Les législatives ont commencé, le 9 novembre, deux mois après la présidentielle remportée par M. Moubarak, 77 ans. La troisième et dernière phase aura lieu les 1er décembre et 9 décembre 2005.

Des hommes de main du gouvernement agressent des opposants politiques, à Alexandrie, le 20 novembre 2005

C’est une véritable fronde que les magistrats (chargés de surveiller le scrutin) ont lancée, accusant les forces de sécurité d’empêcher les électeurs d’aller voter, à l’évidence pour barrer la route aux candidats des Frères musulmans, mouvement interdit mais toléré. Un communiqué du Club des magistrats (syndicat professionnel), signé par le président de la Cour d’Appel du Caire, Zakaria Abdel Aziz, a dénoncé l’attitude de la police, fustigé des manipulations de listes électorales, et préconisé dans certains cas l’arrêt ou le report des opérations de vote. Selon le communiqué, les forces de l’ordre ont encerclé des bureaux de vote dans des circonscriptions du Nord, à Alexandrie, Beheira, Tanta, Qalioubeya et Port-Saïd, ainsi qu’au sud du Caire, à Qena ou dans le Fayoum. Des juges ont ainsi décrété l’interruption du scrutin dans une vingtaine de circonscriptions, certains se plaignant d’avoir été insultés, et même retenus dans les bureaux de vote par des policiers, en uniforme ou en civil. "Il y a eu des juges qui nous ont appelé au secours" a déclaré Yehia Galal, un magistrat superviseur, à un journaliste de l’AFP à Alexandrie. Le gouvernement a malheureusement montré qu’il insiste pour tuer dans l’oeuf la réforme démocratique qu’il avait promise", a dit Mahmoud Mekki, vice-président à la Cour de cassation.

Un Frère musulman arrêté par deux policiers en civil, à Damanhur, le 20 novembre 2005

Après le premier tour du 20 novembre 2005, au cours duquel un chauffeur d’un candidat indépendant avait été tué, à Alexandrie, le Club des magistrats avait protesté contre les agissements d’hommes de main payés, selon les ONG, par le PND, et qui ont semé la terreur dans plusieurs villes. Les juges avaient demandé à l’armée de protéger les bureaux de vote, accusant la police de collusion avec ces hommes armés de pistolets, couteaux ou sabres.

Un bureau de vote à Kafr El-Dawar, le 26 novembre 2005

Le premier tour de cette deuxième phase avait aussi été marqué par l’arrestation d’environ 460 Frères musulmans, dont la majorité a été relâchée depuis lors. Pour le porte-parole des Frères musulmans, Essam al-Eryane, ce sont 665 membres ou sympathisants de son mouvement qui ont été arrêtés, samedi 26 novembre 2005. "La police est instrumentalisée par le PND pour empêcher la volonté populaire de s’exprimer" a-t-il dit à l’AFP.

La police anti-émeute bloque l’entrée d’un bureau de vote, à Alexandrie, le 26 Novembre 2005

Selon les ONG, il s’agit d’une tactique du pouvoir pour empêcher le vote des Frères musulmans, eux seuls étant vraiment motivés. Depuis le début des législatives, seul un quart des électeurs s’est rendu aux urnes à chaque journée électorale. L’Assemblée du peuple compte 444 membres élus, et dix nommés par le président. Les Frères musulmans ont déjà emporté 47 sièges depuis le début des législatives, triplant leur score par rapport à leur représentation parlementaire actuelle. Quarante et un de leurs candidats étaient en lice samedi 26 novembre 2005. Le PND n’a gagné jusqu’à présent que 120 sièges. De nombreux élus indépendants sont néanmoins susceptibles de rallier ce parti après le scrutin, comme cela s’était passé en 2000.

Agence France Presse

Vue du Caire

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