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dimanche 19 février 2017
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AFP, 2 novembre 2005

Corruption : La police brésilienne opprime et assassine les pauvres en toute impunité


Vue de la prison de Carandiru

Les pauvres des favelas, au Brésil, sont victimes de la violence car ils se retrouvent pris entre les feux croisés des trafiquants de drogue et d’une police corrompue, a déclaré, vendredi 2 décembre 2005, un responsable d’Amnesty International à Sao Paulo.

Brésil


"Les personnes les plus pauvres qui vivent dans les grands centres urbains brésiliens, réclament la protection de l’Etat. Ils ne la reçoivent généralement pas et quand ils la reçoivent c’est sous forme d’une police violente et corrompue", a affirmé Tim Cahill, porte-parole d’Amnesty International, qui présentait, vendredi 2 décembre 2005, un rapport sur la "criminalisation de la pauvreté" au Brésil. M. Cahill a dirigé l’enquête ayant servi à l’élaboration de ce rapport intitulé : "Ils entrent en tirant : patrouilles policières dans les communautés socialement exclues". Selon l’étude, "la violence se manifeste de façon plus brutale dans les favelas. Les populations sont acculées d’un côté par la violence des délinquants et de l’autre par les méthodes violentes adoptées par la police". De nombreuses favelas "sont dominées par des trafiquants de drogue ou des bandes de délinquants" et d’autres "subissent la violence de ceux qui pratiquent, face au vide laissé par l’Etat, une justice alternative faite par des groupes de justiciers", a-t-il ajouté.

Les cadavres de détenus massacrés à la prison de Carandiru, en 1992

D’un autre côté, lorsque la police intervient, "c’est généralement par des intrusions" au cours desquelles une série de violations des droits de l’Homme sont commises, la majorité des victimes étant des "jeunes pauvres, noirs ou métis". Les habitants des favelas sont confrontés "à une police corrompue et brutale, qui est redoutée", a précisé M. Cahill. Amnesty International a rappelé divers massacres commis par la police : dans la prison de Carandiru (Sao Paulo, 111 morts en 1992 ; dans la favela Vigario Geral (Rio de Janeiro, 21 morts), et à la Candelaria (8 morts), tous deux en 1993 ; Eldorado dos Carajas (Etat amazonien du Pará, 19 morts, 1997) ; et celui de la Baixada Fluminense, dans la banlieue nord de Rio, en avril 2005 (29 morts).

Des policiers à Vigario Geral

Des porte-parole de plusieurs favelas des Etats de Sao Paulo et de Rio de Janeiro étaient présents, lors de la présentation officielle du rapport ainsi que des représentants du réseau de mouvements sociaux contre la violence, formés par des parents de victimes de la violence policière. Dans les favelas de Rio, "la police entre toujours en tirant" et "tous les habitants sont traités comme des malfaiteurs", alors que la majorité sont des travailleurs honnêtes, a affirmé Elizabeth Maria de Souza, du réseau Mouvements contre la violence. Elle accompagnait une délégation de femmes ayant perdu un fils, un frère ou un mari tués par la police, et qui réclament que justice soit faite et mènent leur propre enquête. "Nous avons toutes abandonné notre emploi pour jouer le rôle que la police et l’Etat ne jouent pas", a-t-elle déploré. Le rapport d’Amnesty souligne que l’emploi de la force excessive, les exécutions extrajudiciaires, la torture et la corruption sont devenus des pratiques courantes pour certains policiers qui jouissent de l’impunité.

Agence France Presse

Les cadavres des victimes du massacre de Vigario Geral, en 1993

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