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samedi 29 avril 2017
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Informations internationales : La lutte contre la pauvreté est une escroquerie politique des pays riches

par Frank BRUNNER


Vue du siège de l’ONU, à New York

Les gouvernements des pays riches prétendent vouloir lutter contre la pauvreté dans le monde et souscrivent ostensiblement aux objectifs du millénaire de l’ONU. Comment croire à leur sincérité, puisque la plupart de ces gouvernements mènent, simultanément, une politique visant à aggraver l’injustice sociale au préjudice de leur propre peuple ? La Suisse est un exemple particulièrement flagrant de la duplicité de ces gouvernements.

Vue du Palais fédéral suisse, à Berne


Le gouvernement fédéral suisse prétend hypocritement avoir respecté l’objectif de l’ONU quant au pourcentage du budget alloué à l’aide aux pays pauvres. Mais il ne s’agit là que d’une manipulation comptable digne d’un quelconque escroc. En effet, « l’objectif du millénaire » n’a été atteint qu’en intégrant à la rubrique « aide aux pays pauvres » l’argent dépensé, en Suisse, pour les requérants d’asile.

Un livret suisse pour requérant d’asile

Dans le même temps, en Suisse -où la corruption du milieu politique est légalisée-, les politiciens néolibéraux, stipendiés par toutes les sociétés disposées à leur verser un pot-de-vin, s’accordent pour diminuer le montant de l’aide sociale, bien que ce montant soit décrit comme un « minimum vital » et qu’en le diminuant on vide de son contenu un droit fondamental garanti par la Constitution fédérale. Comble d’hypocrisie, ces politiciens néolibéraux prétendent être motivés par la lutte contre la pauvreté. A les en croire, les pauvres seraient des fainéants se complaisant dans la misère et il s’agirait de les enfoncer davantage « pour leur bien », afin de les inciter à accepter n’importe quel emploi pour n’importe quel salaire. Bien entendu, ces politiciens néolibéraux ne veulent pas savoir comment survivront les pauvres qu’ils enfoncent au-dessous du minimum vital. Ils ne veulent pas davantage savoir si les emplois que les pauvres sont censés obtenir existent réellement. Et il ne faut surtout pas leur demander en quoi un pauvre serait moins pauvre après avoir obtenu un emploi payé au lance-pierre.

Un laveur de vitres

La réalité est aux antipodes de l’image trompeuse que les politiciens néolibéraux veulent en donner. En imposant le libre échange à l’échelle planétaire et la fuite en avant dans la compétitivité internationale, les politiciens néolibéraux ont provoqué une guerre des prix à outrance qui ne cesse de s’intensifier. Afin de préserver leur marge bénéficiaire et répondre à la cupidité des spéculateurs, les multinationales licencient massivement et délocalisent leur production là où les salaires et les impôts sont les plus bas du monde. Leur contribution au bien commun est insignifiante, tandis que le préjudice qu’elles causent ne cesse de s’aggraver.

Une maquiladora au Mexique

Comme les PME ont des coûts de production plus élevés que les multinationales, elles sont massivement ruinées par la guerre des prix. Le même phénomène s’observe entre les chaînes de supermarchés et les petits commerces, ou entre les géants agroalimentaires et les petits agriculteurs. Cela se traduit par des faillites en cascades, des licenciements, ainsi que par le tarissement des ressources fiscales et des cotisations sociales, alors même que les besoins sociaux explosent. Autrement dit, la fuite en avant néolibérale provoque délibérément la banqueroute de l’Etat et des assurances sociales.

Des chômeurs dans une agence de l’ANPE, en France

Plus la pauvreté s’étend et plus la guerre des prix s’intensifie. En effet, les consommateurs qui se paupérisent sont contraints d’acheter les produits les moins chers : ceux qui sont fabriqués par les multinationales et vendus dans les supermarchés. Les PME et les petits commerces perdent leurs clients, tandis que les petits agriculteurs ne parviennent plus à vendre leurs produits.

Le parking d’un supermarché

Les politiciens néolibéraux, dont la politique est directement responsable de cette catastrophe socio-économique, que ce soit à l’échelle planétaire ou à l’échelle locale, nient cyniquement toute responsabilité et désignent systématiquement, en guise de boucs émissaires, les victimes de leur démentielle fuite en avant. Face au tarissement des ressources fiscales et à l’explosion de la pauvreté, les politiciens néolibéraux ne se soucient ni de l’Etat, ni du sort de la population. Leur hantise est d’empêcher, à n’importe quel prix, une hausse des cotisations sociales au préjudice du grand patronat et une hausse des impôts au préjudice des plus riches. Ils exigent même des cadeaux fiscaux supplémentaires. Peu importe que les Etats croulent sous un endettement dont ils parviennent à peine à payer les intérêts. Peu importe que la population sombre toujours plus massivement dans la précarité. Seule importe la cupidité insatiable de ceux qui ont déjà tout.

Frank BRUNNER

Wall Street, à New York

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