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ATS, 9 décembre 2005

Proche Orient : Adoption du cristal rouge dans le cadre des Conventions de Genève

par Blaise LEMPEN


Le Mouvement de la Croix-Rouge dispose désormais d’un nouvel emblème, le cristal rouge.


L’adoption d’un nouvel emblème dans le cadre des Conventions de Genève est un succès en demi-teinte pour la diplomatie suisse. Dans un contexte proche-oriental très conflictuel, Berne a malgré tout réussi à régler une longue controverse. La Suisse a ainsi réaffirmé sa vocation à jouer un rôle humanitaire de premier plan sur la scène mondiale. Comme le constatent des observateurs étrangers à Genève, « la Suisse apparaît plus active sur le plan international depuis quelques années ». L’adoption du nouvel emblème, le cristal rouge, donne avant tout satisfaction à Israël, puisqu’il va permettre au Magen David Adom (MDA), la société de secours israélienne, d’être reconnu comme membre à part entière du Mouvement de la Croix-Rouge.

Il n’empêche que Berne n’est pas parvenue à obtenir le consensus souhaité pour l’adoption du nouvel emblème, ce qui lui ôte son caractère universel. Le cristal rouge a finalement été refusé par 27 pays, et dix se sont abstenus, ce qui n’est pas négligeable. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) s’est justifié en affirmant que « la Suisse ne pouvait pas admettre que le droit international humanitaire soit pris en otage par un conflit bilatéral ». A cet égard, des observateurs des pays arabes font remarquer que la Suisse a pêché par négligence en « sous-estimant l’importance de la Syrie » : Micheline Calmy-Rey ne s’est pas rendue à Damas, lors de sa tournée, en octobre 2005, en Egypte, en Israël, en Cisjordanie et au Liban, pour préparer la conférence.

Les revendications de la Syrie, sur le plan humanitaire, étaient légitimes, selon les experts. En effet, le Croissant-Rouge syrien a le droit d’aider sa population dans le territoire occupé par Israël en vertu des Conventions de Genève, et Damas demandait d’obtenir avec l’Etat hébreu le même accord conclu la semaine précédente entre le Magen David Adom et l’Autorité palestinienne. Du côté occidental, on affirme qu’en réalité Damas « demandait toujours plus » et cherchait à remettre la question du Golan sur le tapis pour des raisons politiques. L’heure d’un rapprochement syro-israélien n’était pas venue.

Blaise LEMPEN

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