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jeudi 23 mars 2017
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Le Monde, 9 décembre 2005

Corruption : La palme va aux partis politiques


Vue du Capitole, siège du Congrès des Etats-Unis, à Washington DC

Les partis politiques sont perçus comme étant les plus corrompus" dans 45 des 69 pays ayant fait l’objet d’une enquête auprès de 55000 personnes, affirme l’ONG Transparency International (TI), dans son Baromètre mondial de la corruption 2005, publié vendredi 9 décembre.

Wall Street, à New York


"Globalement, les partis politiques ont été, de loin, perçus comme les institutions les plus corrompues de la société, estime ainsi Transparency International. C’est un chiffre en progression par rapport à l’année dernière, où 36 pays sur 62 avaient cité leur système de partis comme l’institution la plus corrompue." Or, indique l’ONG, la corruption a d’autant plus d’impact sur la vie personnelle des individus qu’ils sont pauvres. 42 % des personnes à bas revenus affirment que la corruption les affecte moyennement ou beaucoup, contre 36 % de celles à revenu élevé, et 54 % des pauvres indiquent qu’elle ne les affecte pas du tout ou un peu, contre 62 % des riches. "Nous estimons que la corruption est un problème majeur dont l’impact le plus sérieux repose sur les pauvres", souligne Huguette Labelle, la présidente de Transparency International.

Des fillettes vivant près d’une décharge publique, à Maputo, au Mozambique

Le sondage Gallup réalisé pour Transparency International révèle aussi qu’une majorité de personnes (57 %) estiment que la corruption a augmenté au cours des trois dernières années. 27 % pensent qu’elle est restée stable, et 10 % qu’elle a diminué. Ce pessimisme se retrouve quand on évoque l’avenir. 44 % des personnes interrogées pensent que la corruption va augmenter au cours des trois prochaines années, 30 % qu’elle va rester la même, et 19 % qu’elle va diminuer. Paradoxalement, "l’Afrique se distingue par son optimisme relatif", souligne Transparency International. Or, regrette Huguette Labelle, "si les gens sont pessimistes, ils ne vont pas avoir le sentiment qu’ils peuvent faire quelque chose" contre la corruption.

Rina Kumari Sahani, âgée de 6 ans, travaille à casser des cailloux, à Siliguri, en Inde

Aucune région du monde n’échappe à la règle, hormis l’Afrique, où la police arrive en tête, juste devant les partis politiques. "Six des huits pays africains participant" à l’enquête ont désigné la police comme l’institution la plus corrompue de la société, affirme ainsi Transparency International. Le Cameroun, le Ghana et le Nigeria arrivent en tête de liste. Selon les régions, outre les partis politiques, les institutions les plus corrompues sont les Parlements ou la police, puis viennent les systèmes judiciaires, les douanes et les administrations fiscales.

Une ouvrière chinoise dans une usine de vêtements, à Dongguan

Les pays développés et leur système démocratique ne sont pas épargnés. Parmi les pays à revenus élevés "où les partis politiques ont été classés comme l’institution la plus corrompue", Transparency International cite notamment l’Allemagne, le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la France, Israël, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, la Suisse et le Royaume-Uni. Parmi ceux à revenu intermédiaire inférieur figurent la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Roumanie, la Colombie, le Pérou, l’Indonésie, les Philippines et la Thaïlande. En Europe occidentale, les partis politiques sont suivis par le pouvoir législatif, ainsi que les secteurs des affaires et les médias.

Vue du Palais fédéral suisse, à Berne

Enfin, "si les ONG et les institutions religieuses sont perçues commes les institutions les moins corrompues (...), certains pays ont exprimé de sérieuses inquiétudes par rapport à chacune d’entre elles", affirme Transparency International, en citant la Turquie pour les ONG, le Japon, la Grèce et Israël pour les institutions religieuses. "Les résultats de cette enquête sont un signal d’alarme", prévient Huguette Labelle. Mais "les choses peuvent changer, indique-t-elle, cela requiert du leadership, de la volonté et de la pression" de la part des opinions publiques.

Avec AFP

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