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lundi 24 juillet 2017
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AFP, 14 décembre 2005

Corruption : Entrée en vigueur d’une convention de l’ONU


Vue du siège de l’ONU, à New York

VIENNE (AFP) - Les Nations Unies vont disposer d’une nouvelle arme légale pour combattre la corruption, "mère de tous les crimes", avec l’entrée en vigueur, mercredi 14 décembre 2005, d’une convention internationale.

La Convention des Nations Unies contre la corruption dite de Mérida (Mexico), adoptée en 2003, est désormais ratifiée par 38 des 140 Etats signataires. Elle permettra d’aider les pays membres à combattre le fléau dans le secteur public aussi bien que dans le privé.

Une affiche contre la corruption au Nigeria


"Ce sera un instrument de contrôle inégalé", a déclaré Antonio Costa, le directeur du Bureau de l’ONU contre la drogue et le crime (UNODC) à des journalistes, lors de la journée mondiale anticorruption du 9 décembre 2005. Cet organisme, basé à Vienne, estime que chaque année plus de 840 milliards d’euros sont payés en pots-de-vin pour obtenir des faveurs diverses. C’est de l’arrogance que de dire que la corruption, phénomène universel, "est en quelque sort acceptable dans certaines sociétés" où elle est prévalente, estime Stuart Gilman, chef de l’unité anticorruption à l’UNODC. Ce fléau "a un visage, c’est celui de l’enfant mourant de faim parce que les fonds de développement sont pillés, celui de la grand-mère en train de mourir parce qu’elle ne peut pas payer sous la table l’infirmière qui a les médicaments", déclare M. Gilman.

Une affiche contre la corruption au Nigeria

Les responsables de l’UNOD citent notamment le régime de l’ex-dictateur militaire du Nigeria Sani Abacha, lequel aurait détourné quelque 4,5 milliards de dollars, affirme Antonio Costa. Selon lui, la convention permettra, ce qui est nouveau, de récupérer les biens volés : "personne dans le monde ne pourra plus refuser de rendre les fonds pillés et la vieille excuse du secret bancaire ne tiendra plus", a-t-il souligné.

Sani Abacha

La convention prévoit aussi l’instauration d’un système efficace d’assistance juridique mutuelle, facilitant les poursuites contre des dirigeants corrompus. L’ONU relève que, dans certains pays, le montant de la corruption équivaut à jusqu’à 30 % du produit intérieur brut. D’après Transparency International, 31 % à 45 % des foyers au Cameroun, au Paraguay, au Cambodge et au Mexique ont reconnu avoir payé un pot-de-vin pendant les douze derniers mois. Selon un tableau de cette ONG, la corruption, telle qu’elle est perçue par les populations, est la pire au Bangladesh et au Tchad, l’Islande et la Finlande étant à cet égard complètement aux antipodes.

Une affiche contre la corruption au Nigeria

Les membres d’organisations internationales seront soumis à la convention, a noté Stuart Gilman, en estimant que le scandale pétrole contre nourriture, sous Saddam Hussein, en Irak, servirait de leçon aux Nations Unies qui ont été éclaboussées tout comme une série de compagnies privées. Il a aussi a regretté que les pays occidentaux "tellement demandeurs de cette convention soient en retard par rapport aux pays en développement dans le processus de ratification". Deux seulement des vingt-cinq pays de l’Union européenne, la France et la Hongrie, l’ont fait. Mais, a promis Martin Kreutner, du ministère autrichien de l’Intérieur, Vienne va suivre. Selon lui, l’Autriche va faire de la lutte contre la corruption et de la protection de ceux qui révèlent de telles affaires, une des priorités de sa présidence de l’Union européenne au semestre prochain.

Agence France Presse

Une affiche contre la corruption au Nigeria

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