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dimanche 25 juin 2017
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AP, 21 décembre 2005

Etats-Unis : Un juge fédéral estime inconstitutionnel l’enseignement du créationnisme

Suivi d’un commentaire


HARRISBURG, Pennsylvanie (AP) - Défaite pour les tenants de la théorie créationniste. Un juge américain a estimé, mardi 20 décembre 2005, que l’enseignement en cours de biologie privilégiant l’origine divine de la création du monde comme alternative à la théorie darwinienne de l’évolution était inconstitutionnelle.


Le juge fédéral John E. Jones 3 a ainsi considéré que les membres du Conseil d’éducation de Dover, petite ville rurale de Pennsylvanie, avaient non seulement violé la Constitution, mais menti de manière répétée pour occulter leurs véritables intentions.

Cet enseignement de ce que les Américains appellent le "dessein intelligent", qui suppose que la vie sur Terre a été produite par une cause non-identifiée mais intelligente, était en vigueur dans cette ville depuis octobre 2004, semble-t-il pour la première fois aux Etats-Unis. Les avocats du Conseil d’éducation -lequel a été démis depuis- ont affirmé qu’il s’agissait d’améliorer l’éducation scientifique en présentant aux élèves une alternative à la théorie de Charles Darwin, l’évolution basée sur la sélection naturelle.

Les défenseurs des parents ayant porté plainte contre cette politique ont avancé pour leur part que cette théorie du "dessein intelligent" n’était rien d’autre qu’une forme déguisée, sous emballage laïc, du créationnisme biblique, lequel a déjà été jugé inconstitutionnel dans les écoles publiques par la Cour suprême. Dans sa décision de 139 pages, le juge Jones leur a donné raison : "le motif réel (du Conseil d’éducation) était de promouvoir la religion dans les classes de l’école publique", écrit-il. Les élèves de Dover devaient ainsi écouter la lecture d’un texte, au début de leur année en biologie, affirmant que la théorie de l’évolution "n’était pas un fait" et que la théorie de Darwin comportait des "manques" inexplicables. Et de conseiller aux élèves un livre créationniste, "Des Pandas et des Hommes", pour plus d’informations.

C’est là le dernier épisode en date d’un combat mené par les conservateurs chrétiens contre l’enseignement de la théorie de l’évolution dans les écoles, qui remonte à 1925, et au célèbre "procès du singe de Scopes" : John Scopes, professeur de biologie du Tennessee, fut mis à l’amende pour avoir enseigné les théories de Darwin, en violation de la loi en vigueur à l’époque. La Cour suprême de l’Etat cassa ensuite sa condamnation, et en 1967, l’enseignement de la théorie de l’évolution fut légalisé.

Associated Press

Commentaire

Le phénomène de l’évolution des espèces est incontestable, puisqu’on peut l’observer même au niveau des bactéries, qui s’adaptent aux antibiotiques. Toutefois, prétendre expliquer la vie et son évolution par une simple succession de hasards est une absurdité.

Partout où s’observe la vie s’observe un principe d’organisation d’intérêt général, qui veut que chacun des éléments d’un organisme contribue à la prospérité des autres. Ainsi, les divers organes sont complémentaires et chacun bénéficie du bon fonctionnement des autres. Ce principe d’organisation s’observe également au niveau d’un biotope, où végétaux, herbivores, carnivores et charognards exercent des fonctions complémentaires. Si les divers organes de l’organisme -voire d’une cellule de l’organisme- fonctionnaient de manière anarchique, au lieu de se compléter dans une logique d’intérêt général, cet organisme ne pourrait pas vivre. Il serait fondamentalement privé de cohésion. Le cancer est l’exemple d’une cellule qui se multiplie anarchiquement, sans se conformer à la logique de l’intérêt général. Le cancer meurt avec l’organisme qu’il détruit. En s’opposant à l’organisation d’intérêt général, il provoque son autodestruction. Ce principe d’organisation d’intérêt général est manifestement vital.

Au niveau d’un biotope, si les herbivores proliféraient au point de dévorer les végétaux avant qu’ils aient eu le temps de pousser, ils périraient ensuite de faim. Il en irait de même pour les prédateurs, s’ils massacraient aveuglément leurs proies au lieu de ne tuer que pour se nourrir. Les prédateurs exercent un effet régulateur sur leurs proies et contribuent ainsi à préserver l’environnement.

L’équilibre entre les diverses espèces d’un biotope ne résulte pas d’un hasard. Il est organisé et coordonné par des relations de cause à effet. Si les herbivores se raréfient, les petits des prédateurs sont moins nombreux à survivre en bas âge. L’organisation d’intérêt général exerce un contrôle indirect sur l’ensemble, au moyen des relations de cause à effet.

Il arrive qu’une falaise s’effondre et découvre une caverne jusqu’alors scellée. Dans cette caverne, on trouve tout un biotope plus ou moins microscopique, à l’échelle des bactéries, avec ses proies et ses prédateurs. Et là, comme partout, l’ensemble fonctionne par relations de cause à effet, dans une logique d’intérêt général.

L’erreur fondamentale de l’approche purement matérialiste des scientifiques est de faire abstraction de l’intelligence. Ils ne veulent voir dans les animaux que des sortes de robots programmés pour obéir à des instincts ou réagir automatiquement à des phénomènes chimiques. Tout au plus les scientifiques admettent-ils quelque intelligence aux espèces dites "supérieures". Pourtant, si on demande à partir de quel moment, en redescendant l’échelle de l’évolution des espèces, depuis les mammifères jusqu’aux bactéries, il n’y aurait plus d’intelligence, ils sont incapables de l’indiquer.

En faisant abstraction de l’intelligence dans la nature, les scientifiques font abstraction de l’esprit. Ils raisonnent paradoxalement comme si l’esprit n’existait pas. Tout ce qui pourrait être attribué à l’esprit est attribué à l’instinct. L’esprit est implicitement nié. Ainsi, même si tel scientifique convient qu’il existe une organisation d’intérêt général à l’échelle d’un biotope, ou d’un organisme, il tient pour acquis que cette organisation d’intérêt général résulterait d’un hasard. Il ne s’interroge pas à propos de son origine. Il ne se demande pas pourquoi le biotope -ou l’organisme- est organisé en fonction d’une logique d’intérêt général plutôt que de n’importe quelle autre manière que le hasard aurait pu produire.

Il est évident que cette organisation d’intérêt général, avec son système de fonctionnement par relations de cause à effet, n’est pas due au hasard, puisqu’elle s’observe partout et toujours. C’est tout le contraire d’un hasard. Et il est non moins évident que ce principe d’organisation d’intérêt général, essentiel à la vie comme à l’évolution de la vie, est un phénomène intelligent. Il s’agit d’un phénomène immatériel qui détermine de manière fondamentale l’évolution de la matière vivante. Ce phénomène immatériel appartient incontestablement au domaine de l’esprit. En quelque sorte, cette logique d’intérêt général est une idée en action.

Plus on analyse cette logique d’intérêt général et plus on est fasciné par l’extraordinaire intelligence de sa conception. On constate que cette logique d’intérêt général contient implicitement des notions telles que la solidarité, l’équité, etc... Surgissent alors des questions élémentaires : cette idée d’organisation d’intérêt général, de quel esprit émane-t-elle ? Comment se fait-il que notre esprit soit conçu pour la percevoir ? Qu’a-t-elle à nous enseigner ?

Frank BRUNNER

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Liens liés a l'article.Interview de Robin Offord, professeur de biochimie médicale. Robin Offord, professeur de biochimie médicale à l’université de Genève, s’exprime à propos de la matière vivante, l’intelligence, et son activité scientifique

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