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AFP, 21 décembre 2005

Informations internationales : L’ONU se dote d’une Commission de consolidation de la paix


Vue du siège de l’ONU, à New York

NEW YORK (Nations Unies) (AFP) - L’ONU s’est dotée, mardi 20 décembre 2005, d’une Commission de consolidation de la paix pour aider les pays sortant d’un conflit à se stabiliser, élément important de la réforme en cours de l’Organisation mondiale. Ce nouvel organe consultatif permanent a été créé par des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.

Vue du Conseil de sécurité de l’ONU


C’est "un tournant" dans les efforts de la communauté mondiale "pour aider les Etats et les sociétés à réussir la difficile transition de la guerre vers la paix", a souligné le secrétaire général, Kofi Annan.

Kofi Annan

Déplorant que la moitié des pays sortant d’un conflit retombent ultérieurement dans les violences faute d’assistance internationale adéquate, l’ONU cherchait depuis longtemps à créer un tel organe. Haïti, où une mission entre 1995 et 2000 a été un échec, était à cet égard souvent cité en exemple. Une nouvelle mission de l’ONU y est en cours depuis la mi-2004. Selon le Suédois Jan Eliasson, président de l’Assemblée générale, l’objectif est de "créer une nouvelle dynamique, en concentrant (en un organe unique) l’expérience acquise par l’ONU dans divers domaines : prévention des conflits, médiation, maintien de la paix, défense des droits de l’homme et de l’état de droit, aide humanitaire, reconstruction et développement". Selon des diplomates, plusieurs pays d’Afrique comme le Burundi, la Sierra Leone et le Liberia devraient être parmi les premiers bénéficiaires. La Commission sera essentiellement chargée d’oeuvrer "à la reconstruction et à la restauration des institutions des pays ayant connu un conflit" et de "soutenir la mise au point de stratégies globales afin de jeter les bases d’un développement durable" de ces pays.

Jan Eliasson

La création de la Commission figurait parmi les réformes approuvées lors d’un sommet, en septembre 2005, à New York. A Washington, le département d’Etat, tout en saluant la création de la Commission, s’est toutefois déclaré "très préoccupé par le manque de progrès sur les réformes de la gestion" de l’ONU.

Un soldat de l’ONU à Port-au-Prince, en Haïti, le 4 février 2005

Les grandes institutions financières -Banque Mondiale et Fonds monétaire international (FMI)- siégeront aux réunions de la Commission, qui devra travailler en coopération avec les autorités nationales ou de transition des pays concernés. La Commission aura un comité d’organisation permanent de 31 membres, avec des mandats de deux ans renouvelables. Ce comité comprendra sept membres du Conseil de sécurité dont les cinq permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), sept membres du Conseil économique et social, cinq gros bailleurs de fonds de l’ONU, cinq gros fournisseurs de troupes aux opérations de maintien de la paix et sept autres membres élus par les groupes régionaux de l’Onu. Malgré une quasi-unanimité à l’ONU sur le principe de sa création, la composition de cette Commission et son mode de fonctionnement, négociés pendant onze semaines, ont été disputés. Les membres permanents du Conseil de sécurité ont veillé jalousement sur ses prérogatives. L’ambassadeur américain à l’ONU, John Bolton, a ainsi réaffirmé "la prééminence du Conseil, aux termes de la Charte de l’ONU, en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales". Le Conseil a décidé par 13 voix pour et deux abstentions que ses membres permanents occuperaient chacun un siège au comité d’organisation de la Commission. Abstentionnistes, l’Argentine et le Brésil ont déploré que la composition de ce comité n’ait pas été plus "ouverte".

John Bolton

A l’Assemblée générale, le Venezuela a critiqué "une manoeuvre des grandes puissances et de leurs alliés pour légitimer leurs interventions dans les autres pays". L’Egypte a déploré le droit de regard accordé au Conseil de sécurité sur l’ordre du jour de la Commission, qui empêchera les pays concernés d’activer ou de mettre fin aux activités de la Commission.

Agence France Presse

Vue de l’Assemblée générale de l’ONU

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