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jeudi 23 mars 2017
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AP, 21 décembre 2005

Côte d’Ivoire : Un rapport de gendarmerie jette le trouble dans l’affaire Firmin Mahé


PARIS (AP) - Un procès-verbal de gendarmes de la force Licorne, stationnés en Côte d’Ivoire, jette un nouveau trouble dans l’affaire du meurtre d’un civil ivoirien par des militaires français, évoquant la possibilité qu’il ait pu y avoir confusion sur la victime, a-t-on appris, mercredi 21 décembre 2005, de sources judiciaires.


Sans le dire expressément, le rapport de trois pages, transmis au parquet du Tribunal aux armées de Paris (TAP), suggère que Firmin Mahé, étouffé, le 13 mai, par des soldats de l’armée française, dans un blindé léger, pourrait avoir été confondu avec Nestor Koho Mahé, un "coupeur de routes" arrêté le 19 mai 2005, a-t-on ajouté de mêmes sources. "C’est une question qui se pose et qu’il faut aller vérifier", a tempéré Me Eric Morain, l’avocat du conducteur du blindé, mis en examen dans ce dossier. "Fondamentalement, cela ne change rien au dossier de mon client. Que ce soit le bon Mahé ou le mauvais Mahé, il reste qu’on a tué un homme. Si c’est le mauvais, ça fait désordre évidemment".

Selon les hebdomadaires "Le Canard Enchaîné" et "Jeune Afrique-L’intelligent" qui ont révélé cette histoire, le procureur du Tribunal aux armées de Paris, Jacques Baillet, serait parti en Côte d’Ivoire, le 12 décembre 2005, pour enquêter sur cette confusion. Une présentation démentie par le parquet général de Paris qui assure que la mission du procureur était programmée de longue date pour inspecter les postes de gendarmerie français en Côte d’Ivoire. "Il faut arrêter", s’est insurgé Me Eric Morain, joint par l’Associated Press. "Je veux bien croire que la mission était prévue de longue date. Mais il est évident qu’il a parlé de cette affaire en cours".

La juge d’instruction du Tribunal aux armées de Paris, en charge de cette affaire, a demandé de manière officielle que ce PV de gendarmerie lui soit transmis et a essuyé un refus du parquet, selon des sources judiciaires. "Le PV ne figure qu’en copie dans le dossier. Or, pour pouvoir enquêter, elle a besoin de l’original", a confirmé Me Morain qui s’est insurgé contre cette situation où "un juge d’instruction veut enquêter et le parquet veut l’en empêcher".

"Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a énormément de gens qui s’appellent Mahé" en Côte d’Ivoire, a souligné, mercredi 21 décembre 2005, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Une éventuelle confusion "ne change rien quant au problème juridique", a-t-elle souligné, à l’issue du conseil des ministres. "Nous n’avons aucune information sur ce point. Il y a une enquête et l’enquête dira ce qu’il en est", a-t-elle ajouté.

L’enquête sur la mort de Firmin Mahé s’est accélérée, le 13 décembre 2005, avec la mise en examen pour "complicité d’homicide volontaire" du général Henri Poncet, ex-patron des forces françaises en Côte d’Ivoire. Henri Poncet, aujourd’hui général de corps d’armée et ancien patron de la Force Licorne en Côte d’Ivoire, a été mis en cause par le colonel Eric Burgaud, lui-même mis en examen le 30 novembre pour "complicité de meurtre" dans ce dossier et laissé en liberté. Deux autres soldats, Guy Raugel et Johannes Schnier, mis en examen pour meurtre, ont été placés en détention provisoire, tandis que le troisième homme, le conducteur du blindé, Lianrifou Ben Youssouf, poursuivi pour complicité de meurtre, a été laissé en liberté.

Associated Press

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