retour article original

samedi 29 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Etats-Unis (7ème partie) : De janvier 2005 à décembre (...)
AFP, 21 décembre 2005

Etats-Unis : Un juge démissionne pour protester contre l’affaire des écoutes


Un juge fédéral américain, membre du tribunal habilité à autoriser des écoutes aux Etats-Unis, a démissionné pour protester après la révélation de l’existence d’un programme d’écoutes secrètes autorisé par le président George W. Bush, rapporte, mercredi 21 décembre 2005, le Washington Post.


Le juge James Robertson a démissionné, lundi 19 décembre 2005 au soir, du tribunal de surveillance du renseignement étranger (FISA) dont il faisait partie depuis onze ans et qui, selon lui, a été sali par cette affaire, ont déclaré au quotidien deux membres de son entourage. Les proches du juge Robertson ont déclaré qu’il s’était récemment inquiété de la possibilité que les informations obtenues par le biais des écoutes secrètes de la NSA aient pu être utilisées pour obtenir a posteriori des autorisations d’écoutes légales. Le juge Robertson était l’un des onze magistrats siégeant à la FISA. Selon le Post, le juge Colleen Kollar-Kotelly, qui préside la FISA aurait, en 2004, exprimé des inquiétudes identiques au gouvernement et aurait insisté pour obtenir des assurances écrites du ministère de la Justice. "Ils ne savent pas si le résultat des écoutes n’a pas été utilisé pour (obtenir) des autorisations de la FISA -pour en quelque sorte "blanchir" l’information", a déclaré une source au Washington Post, sous couvert d’anonymat. "J’ai entendu certains des juges dire qu’ils ont l’impression de faire partir d’un tribunal "bidon", a ajouté cette source, selon le quotidien.

Cette démission est la dernière conséquence de l’aveu fait, ce week-end, par le président américain, qu’il avait autorisé l’Agence de la sécurité nationale (NSA) à espionner sans mandat des conversations téléphoniques et électroniques entre les Etats-Unis et l’étranger, dans le cadre de la lutte antiterroriste. Le président Bush a réaffirmé ce week-end que ces écoutes sans mandat étaient parfaitement légales, et qu’il n’avait pas besoin de l’autorisation de la FISA pour le faire. Au cours des deux dernières années, il avait pourtant déclaré publiquement que les écoutes gouvernementales devaient toujours être autorisées par mandat judiciaire.

Mercredi 21 décembre, le New York Times, qui avait révélé l’affaire vendredi 16 décembre 2005, ajoute, citant des responsables américains, qu’"une très petite partie" des communications et e-mails interceptés étaient des communications internes aux Etats-Unis, mais qu’elles l’avaient été à cause d’erreurs techniques.

Par ailleurs, selon le New York Times, certains des parlementaires, informés par la Maison Blanche de l’existence du programme d’écoutes, font maintenant valoir que l’administration Bush avait fait ces révélations oralement, en interdisant que les participants prennent la moindre note, alors que la procédure légale prévoit la remise aux parlementaires d’un rapport noir sur blanc. La Maison Blanche a affirmé avoir informé régulièrement des parlementaires triés sur le volet de l’évolution de ce programme.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source