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jeudi 30 mars 2017
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Reuters, 22 décembre 2005

Côte d’Ivoire : Human Rights Watch veut des sanctions de l’ONU


ABIDJAN (Reuters) - Human Rights Watch (HRW) exhorte les Nations Unies à frapper de sanctions ceux qui bafouent les libertés fondamentales en Côte d’Ivoire, pour mettre fin à ce que l’ONG appelle une culture florissante de l’impunité.


Dans un rapport publié, jeudi 22 décembre 2005, Human Rights Watch estime que la répugnance de l’ONU à agir de la sorte contre les auteurs de délits touchant aux droits de l’homme est due à sa crainte de menacer le fragile processus de paix dans ce pays, divisé en deux depuis le coup d’Etat manqué de septembre 2002. Mais les rapporteurs de Human Rights Watch pensent pour leur part que les craintes des Nations Unies ne font en fait qu’encourager les sévices et durcir la crise politique dans l’ancien pays-phare de l’ex-empire colonial français en Afrique de l’Ouest.

Dans son rapport, l’ONG note que tant les forces rebelles -qui tiennent le Nord- que gouvernementales -qui contrôlent le "Sud utile" avec les plantations de cacao et de café- se livrent à des exécutions d’opposants politiques suspects et maltraitent les civils pour leur extorquer de l’argent. "Mettre sous le boisseau la justice en vue d’un règlement politique insaisissable aboutit à dénier aux victimes le droit de voir ceux qui sont responsables de crimes graves aux termes du droit international répondre de leurs actes", estime Human Rights Watch. "Retarder le cours de la justice ne sert qu’à renforcer la culture de l’impunité, à enhardir les auteurs et à rendre encore plus insaisissable la recherche de la stabilité politique", ajoute cette ONG dont le siège est à New York et pour qui la situation humanitaire s’est dégradée en Côte d’Ivoire, accentuant les souffrances endurées par la population de base. Les rapporteurs de l’OG new-yorkaise demandent aussi que la Cour pénale internationale (CPI) tienne sa promesse faite il y a un an de dépêcher en Côte d’Ivoire une mission d’enquête sur les auteurs des abus les plus graves.

Le témoignage d’un expatrié travaillant dans l’humanitaire est ainsi relaté par Human Rights Watch : "Les rebelles arrêtent les gens sous toutes sortes de prétextes : ne pas payer aux barrages routiers, parce que vous disposez de quelque chose qu’ils convoitent, pour des raisons politiques aussi, pour dévaliser les gens (...) La justice est rendue à la carte, on doit payer pour être libéré". Dans le Sud placé sous le contrôle du gouvernement du président Laurent Gbagbo, les enquêteurs de Human Rights Watch citent le cas d’une femme violée sous la menace d’une arme de poing par un policier dans la cité cocoyère de Duékoué. Le policier a finalement été suspendu après une plainte de la victime, mais aucune charge n’a été pour le moment retenu contre lui.

En 2004, le Conseil de sécurité de l’ONU avait voté des sanctions ciblées, prévoyant notamment le gel des actifs et l’interdiction de se rendre à l’étranger, contre tous les individus faisant obstacle au processus de paix. Mais ces sanctions n’ont pas été appliquées dans les faits malgré leur renouvellement la semaine dernière par le Conseil, ce dernier n’ayant d’ailleurs toujours pas dévoilé publiquement la liste des personnes visées.

Reuters

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