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AFP, 24 décembre 2005

Egypte : Ayman Nour condamné à cinq ans de prison


Vue du Caire

LE CAIRE (AFP) - L’avocat égyptien Ayman Nour, arrivé deuxième lors de la présidentielle de septembre, derrière Hosni Moubarak, a été condamné, samedi 24 décembre 2005, à cinq ans de prison ferme pour falsification de documents officiels. Les six coaccusés de M. Nour ont été condamnés également à des peines de prison : deux à cinq ans, trois à trois ans et le dernier à dix ans par contumace.

Egypte


"A bas Hosni Moubarak !", ont lancé M. Nour et sa femme, lorsque le juge du tribunal criminel du Caire a prononcé le verdict. L’avocat de M. Nour, Amir Salem, a annoncé aux journalistes qu’il entamerait "immédiatement" les procédures d’appel en cassation. "Nous sommes convaincus qu’il sera innocenté par la cour de cassation", a-t-il dit. A l’annonce du verdict, quelque 200 personnes se sont rassemblées devant le bâtiment du tribunal pour protester contre la condamnation. Gamila Ismaïl, l’épouse de M. Nour, a rejoint la foule et lancé des slogans contre le président Moubarak. "Toutes ces mesures ont été prises contre Nour car il représente un vrai défi à Moubarak et son fils", a accusé Al-Ghad dans un communiqué distribué devant le tribunal.

Mohamed Hosni Moubarak

Ayman Nour, 41 ans, était jugé pour falsification de documents officiels lors de la création de son parti, Al-Ghad (Demain), en 2004, une accusation qu’il dément. Il avait été placé en détention préventive, le 5 décembre, et était en grève de la faim depuis le 10 décembre. Lui-même disait s’attendre à être condamné à la prison et avait bouclé sa valise, à la veille de la reprise de son procès début décembre. Il estimait qu’il pouvait rester en prison "un an ou plus, jusqu’à l’appel". Lors de la dernière audience, le 12 décembre, il avait affirmé que sa détention "est une forme de terrorisme". Cinq jours plus tard, il avait été hospitalisé d’urgence, son état de santé s’étant détérioré à cause de la grève de la faim. Samedi 24 décembre 2005, il était présent dans le box des accusés, vêtu du costume blanc des détenus en préventive. Des policiers, entourant le box, ont empêché tout contact entre M. Nour et les journalistes. Il a été emmené après l’annonce du verdict, sans avoir eu le temps de lancer autre chose que son cri contre son rival présidentiel.

Ayman Nour

Le jeune avocat était le principal rival du chef de l’Etat, lors du scrutin de septembre. Il s’était placé deuxième, avec un faible score (7,6 %), qu’il a contesté. M. Moubarak a été réélu pour un cinquième mandat consécutif avec 88,6 % des votes. M. Nour avait ensuite a perdu son siège de député, dans son fief du Caire, lors des législatives de novembre, et son parti avait perdu sa représentation parlementaire, alors qu’il avait 7 députés (sur 454) à l’Assemblée sortante. "Ils ont fait absolument tout pour écraser et condamner le seul qui pouvait se dresser devant le père et le fils", avait-il alors dit à l’AFP, en référence au président Moubarak et à son fils et successeur présumé, Gamal. Son cas était devenu célèbre quand la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, avait annulé une visite en Egypte, au début 2005, en guise de protestation de sa détention préventive. Il avait ensuite été libéré et s’était lancé dans la campagne électorale.

Condoleezza Rice

Signe de l’intérêt pour cette affaire, des diplomates occidentaux étaient présents, samedi 24 décembre 2005, dans la salle du tribunal, ainsi que de nombreux membres des services de sécurité, en civil. "Ce tribunal a une histoire noire. Il a toujours été choisi pour juger les opposants politiques. Ceci est un verdict politique", a déclaré M. Salem. Ce tribunal avait condamné, en mai 2001, le sociologue et militant des droits de l’Homme, Saadeddine Ibrahim, à sept ans de prison. Sa condamnation avait suscité les protestations des pays européens et de Washington, avant d’être cassée en appel.

Agence France Presse

Saadeddine Ibrahim

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