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mardi 25 avril 2017
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Reuters, 25 décembre 2005

Irak : Un avocat de Saddam Hussein demande une enquête pour mauvais traitements


AMMAN (Reuters) - Khalil Doulaïmi, principal avocat de Saddam Hussein, réclame une enquête indépendante sur les mauvais traitements dont se plaint son client qui, a-t-il confié dans un entretien accordé à l’agence Reuters, s’attend à une pression "physique et psychologique" accrue.


L’ancien président irakien, passible de la peine de mort, répond, depuis le 19 octobre 2005, du meurtre de 148 habitants de Doudjaïl, au nord de Bagdad, tuerie qu’il aurait ordonnée en représailles à une tentative d’assassinat, en 1982. Son procès a été ajourné, jeudi 22 décembre 2005, au 24 janvier 2006.

Lors de cette dernière audience, Saddam Hussein a affirmé avoir été torturé par ses geôliers américains, sans aller jusqu’à en exposer les stigmates qui, selon son avocat, sont toujours visibles. "J’ai déposé une plainte auprès de la Cour pour qu’elle enquête sur le crime commis aux dépens de mon client et les tortures qu’il a subies au cours de sa détention", a déclaré Doulaïmi, interrogé à Amman. "Nous avons demandé à une équipe médicale indépendante d’examiner le président, pour constater que les contusions qui lui ont été infligées pendant et après son arrestation sont toujours visibles sur son corps", a-t-il poursuivi, sans détailler ces blessures. La Maison Blanche a jugé "ridicules" les allégations de l’ancien homme fort de Bagdad. "Le président pense qu’il vont intensifier leurs tortures physiques et psychologiques, (qui vont), entre autres méthodes, des mauvais traitements aux insultes, cela pour l’épuiser", a pourtant insisté l’avocat. "Ils veulent l’affaiblir devant la Cour pour le priver du droit légitime de se défendre."

Nombreux sont ceux qui accusent Saddam de faire de son procès une tribune politique pour dénoncer l’attitude des Etats-Unis et flatter le nationalisme irakien afin de reléguer au second plan les témoignages sur les exactions de son régime. Mais Khalil Doulaïmi accuse l’ex-Tribunal spécial irakien, devenu depuis l’ouverture du procès Haut tribunal pénal irakien, de faire obstacle aux droits de la défense. La cour, affirme-t-il, recourt de plus en plus fréquemment à des coupures du son ou de l’image lors de la retransmission télévisée des audiences, notamment lorsque Saddam Hussein s’apprête à dévoiler des éléments susceptibles de peser sur l’opinion. "Il s’agit d’une censure flagrante et d’une tentative pour empêcher sa voix d’être entendue", déplore l’avocat, accusant par ailleurs le tribunal de restreindre les contacts entre l’accusé et la défense avant chaque audience. Saddam Hussein est en outre placé dans une cellule sans fenêtre plusieurs jours avant chaque comparution, insiste Doulaïmi. "Aux premiers jours du procès, le président passait quelques heures dans la prison du tribunal ; mais, maintenant, il s’agit de plusieurs jours et on le prive de sommeil pendant de longues heures", affirme-t-il.

Reuters

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