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dimanche 26 mars 2017
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AFP, 5 mars 2004

Haïti : l’armée d’occupation américaine accentue sa main mise sur le pays et les autres forces étrangères se placent à sa botte

Suivi d’un commentaire


Des blindés légers américains devant le palais présidentiel à Port au Prince, vendredi 5 mars 2004

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Les Américains ont pris, vendredi 5 mars 2004, le commandement des troupes étrangères déployées en Haïti, alors que le sort de Jean Bertrand Aristide, réfugié à Bangui, continue d’être problématique.


Au plan politique, un Conseil de sept Sages, chargés de proposer d’ici une semaine à la présidence haïtienne un nouveau Premier ministre, a été formé, selon l’Organisation des Etats Américains (OEA) à Port-au-Prince.

Les sept personnalités retenues sont représentatives de la société haïtienne.

Patrouille militaire, dans la capitale haïtienne, le 5 mars 2004

"Les Américains ont accepté de prendre le commandement" des unités déployées en Haïti, a annoncé à l’AFP le patron des unités françaises, le général Henri Clément-Bollet, à l’issue d’une rencontre à l’aéroport avec le général américain Tom Hill, du Commandement Sud, implanté à Tampa (Floride).

Jusqu’à présent, les troupes étrangères, déployées en Haïti en vertu d’une résolution de l’ONU, dépendaient de leur commandement national.

La force ad’hoc, concentrée à Port-au-Prince, comptait, vendredi 5 mars 2004, 1200 militaires américains, 600 français (dont des gendarmes et des légionnaires), 134 chiliens et une centaine de canadiens. Le Chili y ajoutera prochainement une centaine d’hommes, le Canada 450 soldats pour 90 jours.

Avec la France, ces deux derniers pays avaient refusé de déployer des troupes en Irak sous commandement américain.

Les marionnettes du parti Lavalas font leur petit numéro du "grand chagrin" en faveur de Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince, le 5 mars 2004. Il serait intéressant de savoir combien chacune de ces marionnettes est payée...

Paradoxalement, l’occupation militaire d’Haïti survient l’année où ce pays célèbre le bicentenaire de son indépendance acquise le 1er janvier 1804.

La mission des militaires français "a été élargie à l’appui et au soutien à la police haïtienne", a précisé le général Clément-Bollet. "Mais nous ne faisons pas le travail de la police", a-t-il assuré.

Une force de 5000 Casques bleus de l’ONU prendra la relève des troupes actuelles "dans deux, trois ou quatre mois", a précisé le général Clément-Bollet. Parmi eux, 1100 Brésiliens, un contingent qui devrait permettre au Brésil de revendiquer le commandement de l’opération de l’ONU.

Un US Marine, un soldat français et un policier anti-émeute haïtien patrouillant les rues de Port-au-Prince, le 5 mars 2004. On pourrait croire qu’ils sont à la recherche d’Ossama Ben Laden... Heureusement que le ridicule ne tue pas.

La polémique sur le départ précipité d’Haïti d’Aristide le 29 février, dans un avion américain, a redoublé vendredi 5 mars 2004.

Le président du Venezuela Hugo Chavez a rejeté "catégoriquement l’enlèvement d’Aristide". Il a précisé que, le 28 février 2004, à la veille de son départ, le président déchu avait tenté de le joindre, mais "malheureusement la communication a été coupée plusieurs fois".

Hugo Chavez

A Paris, la France a rejeté le "terme" de "complicité" utilisé par Aristide concernant son départ. Le président déchu, qui veut revenir en Haïti, a accusé, jeudi 5 mars 2004, la France de "complicité dans son enlèvement politique" avec les Etats-Unis.

Selon des sources diplomatiques toutefois, son départ a été organisé par les seuls Américains, les Français n’ayant été mis au courant qu’après.

L’ambassadeur des Etats-Unis James Foley. Après avoir organisé le départ de Jean-Bertrand Aristide, James Foley a-t-il également organisé le pillage de sa villa ?

Les pays de la Caraïbe (Caricom) et l’Afrique du Sud ont réclamé une enquête indépendante sur le départ d’Aristide mais Washington a affirme qu’il n’y avait rien sur quoi enquêter.

La République Centrafricaine, où des journalistes étrangers affluent, semble de plus en plus embarrassée par la présence d’Aristide. Les autorités lui ont demandé d’observer un devoir de réserve mais il continue à contacter des proches pour dénoncer son "enlèvement" et le "coup d’Etat" dont il s’estime victime.

Scène de rue, à Port-au-Prince, le 5 mars 2004

En Haïti, près d’une semaine après sa chute, l’insécurité continue de prévaloir.

Des actes de violence ont été signalés dans plusieurs villes et dans la nuit, des pillages ont été commis à Port-au-Prince, attribués aux partisans d’Aristide. 300 d’entre eux ont manifesté, vendredi 5 mars, près du Palais présidentiel.

"Nous devons agir rapidement pour sauver ce qui reste encore dans les conteneurs avant que la catastrophe ne soit totale", souligne Georges Romain, un responsable d’un terminal portuaire où transite 35% des importations de Haïti. "Cette zone doit être vite sécurisée par les forces militaires américaines, françaises ou la police haïtienne", ajoute-t-il.

A Genève, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé un appel de fonds d’un montant de 0,9 million d’euros pour fournir une assistance à la population haïtienne.

L’ONU a par ailleurs annoncé que des "couloirs humanitaires" permettant de ravitailler la population allaient être ouverts "si la sécurité le permettait".

Agence France Presse

Patrouille motorisée française "s’aventurant" (c’est le mot utilisé dans la légende originale de la photo) hors de Port-au-Prince, le 4 mars 2004. Il faut être prudent, si on ne veut pas se faire dévorer par la fameuse "armée cannibale"... Fuyez tous en Floride, braves Haïtiens, avant que "l’armée cannibale" se précipite à Port-au-Prince avec ses marmites !...

Commentaire

Les propos de Hugo Chavez, relatifs à la liaison téléphonique avec Haïti, au cours des journées qui ont entouré le départ de Jean-Bertrand Aristide, ne sont pas surprenants.

Il était devenu pratiquement impossible de contacter, depuis la Suisse, l’hôtel Mont-Joli, à Cap-Haïtien, où résidait Guy Philippe. La ligne sonnait toujours comme si elle était occupée en permanence.

Frank BRUNNER

Guy Philippe, à l’Hôtel Mont-Joli de Cap-Haïtien, le 25 février 2004

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