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AFP, 3 janvier 2006

Côte d’Ivoire : L’attaque du camp d’Akouédo rend délicate la tâche du Premier ministre


Des soldats ivoiriens, à Abidjan, le 2 janvier 2006

ABIDJAN (AFP) - La mission du nouveau Premier ministre ivoirien, Charles Konan Banny, dont la tâche prioritaire est l’organisation du désarmement et l’élection présidentielle, s’annonce encore plus délicate après l’attaque, lundi 2 janvier 2006, d’un camp militaire à Abidjan.


A peine installé dans son fauteuil de chef de gouvernement, formé, le 28 décembre 2005, après plus de trois semaines de tractations difficiles avec toutes les tendances politiques et la rébellion des Forces nouvelles (FN), M. Banny a subi son "premier baptème du feu" avec l’attaque du camp militaire d’Akouédo, à Abidjan, constate la presse ivoirienne, mardi 3 janvier. Le gouvernement de transition doit mettre en application l’accord de paix interivoirien de Marcoussis, conclu, en France, en janvier 2003, censé ramener la paix en Côte d’Ivoire après le coup d’Etat raté contre M. Gbagbo, en septembre 2002, de la rébellion qui contrôle depuis le nord du pays. M. Banny a pour tâche prioritaire de désarmer, réunifier le pays et organiser, au plus tard le 31 octobre 2006, l’élection présidentielle, qui n’avait pu avoir lieu le 30 octobre 2005, faute d’accord entre les protagonistes de la crise. M. Banny a été nommé par une médiation africaine, conformément à la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 21 octobre 2005 maintenant le président, Laurent Gbagbo, à la tête de l’Etat.

Laurent Gbagbo

L’attaque du plus important camp de l’armée, Akouédo, menée, à l’aube, par des éléments non-identifiés, selon les autorités, a fait trois morts chez les soldats loyalistes, tandis que sept assaillants étaient tués et trente-deux faits prisonniers. Tous les commerces étaient restés fermés toute la journée de lundi 2 janvier 2006, à Abidjan, alors que les transports en commun étaient absents et la circulation automobile nulle. Cette attaque a été repoussée au bout de quelques heures par l’armée, a déclaré le lieutenant-colonel Hilaire Babri Gohourou, porte-parole de l’armée.

Des soldats ivoiriens devant un véhicule incendié, à Abidjan, le 2 janvier 2006

"Cette affaire sonne brutalement comme un avertissemement pour M. Banny qui va être obligé de se rendre compte que la réalité ivoirienne n’est pas facile et que sa mission, qu’il imaginait déjà complexe, risque de l’être encore plus", soulignait un diplomate, mardi 2 janvier 2006, à Abidjan, observant que le nouveau Premier ministre "n’est pas au bout de ses surprises et de ses peines".

Des soldats ivoiriens devant un véhicule incendié, à Abidjan, le 2 janvier 2006

Mardi 2 janvier 2006, la presse ivoirienne était assez pessimiste et Fraternité Matin, résumant le ton général, estimait que les événements d’Akouédo étaient un "coup de poignard dans le dos" des Ivoiriens qui pensaient qu’avec M. Banny le pays allait vers "un retour progressif de la paix". Les journaux ivoiriens, qui s’interrogent sur la nature de cette "énième attaque" perpétrée contre un camp militaire, notent qu’elle intervient après celle contre le camp de gendarmerie d’Agban, à Abidjan, le 1er décembre 2005, et les attaques des villes d’Anyama et Agboville, en juillet 2005, toujours par des assaillants non-identifiés. Cette nouvelle affaire est un "test sérieux" pour M. Banny et son gouvernement de transition, les "fragilisant d’entrée de jeu", soulignent plusieurs quotidiens.

Des soldats ivoiriens entourent un homme suspecté d’avoir participé à l’attaque du camp militaire d’Akouédo, à Abidjan, le 2 janvier 2006

A l’instar de Fraternité Matin, le plus important tirage du pays, un diplomate soulignait que M. Banny allait "en fait être confronté aux mêmes difficultés que son prédécesseur, Seydou Diarra (Premier ministre après l’accord de Marcoussis), qui en trois ans n’a pu mettre en oeuvre" cet accord. "L’attaque d’Akouédo met M. Banny au pied du mur, montrant que le processus de paix n’est pas une affaire tranquille. Elle risque de lui valoir des déconvenues qu’il n’avait peut-être pas véritablement pesées quand il était gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest), à Dakar, avant d’accepter de venir à Abidjan", observait encore ce diplomate.

Agence France Presse

Charles Konan Banny

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