retour article original

vendredi 24 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Proche Orient (13ème partie) : De janvier 2006 à juin (...)
Reuters, 5 janvier 2006

Proche Orient : Deux Egyptiens tués par des Palestiniens à la frontière avec la bande de Gaza


GAZA/LE CAIRE (Reuters) - Deux gardes égyptiens ont été tués, mercredi 4 janvier 2006, dans des affrontements, à la frontière avec la bande de Gaza, après que des centaines de Palestiniens eurent pénétré en territoire égyptien, à l’issue d’une journée très mouvementée autour de Rafah. Citant des sources proches de la sécurité palestinienne, l’agence officielle égyptienne MENA rapporte que dix-huit personnes ont été hospitalisées à Rafah, dont trois membres des forces de sécurité palestiniennes.


Des membres des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, groupe armé dissident du Fatah du président, Mahmoud Abbas, avaient auparavant enfoncé une barricade à la frontière avec l’Egypte. Les soldats égyptiens ont procédé à des tirs de sommation pour repousser les Palestiniens. Les militants des Brigades entendaient protester contre l’arrestation d’un de leurs dirigeants soupçonné d’implication dans l’enlèvement, la semaine dernière, d’une militante britannique pro-palestinienne et de ses parents. Après s’être emparés d’un bulldozer sous les acclamations de Palestiniens assistant à la scène, les militants ont défoncé des blocs de béton alignés le long de la frontière, à proximité du camp de réfugiés de Yibna, dans le sud de la bande de Gaza, ont précisé des témoins. Une foule de Palestiniens a alors pénétré dans le "no man’s land" de la frontière. La police frontalière égyptienne a tiré deux fois en l’air pour les obliger à rebrousser chemin. Mais, à en croire un témoin, quelque 300 Palestiniens se sont engouffrés en territoire égyptien par deux brèches. Une centaine ont été arrêtés par la police égyptienne, selon des dirigeants palestiniens. Les militants auraient alors répliqué aux tirs de sommation égyptiens. "Les Palestiniens ont répliqué par des jets de pierre et des tirs", a déclaré un témoin sous le sceau de l’anonymat.

Un responsable de la sécurité égyptienne a confirmé la mort de deux gardes égyptiens et précisé que quatre autres avaient été grièvement blessés dans ce qu’il a décrit comme une fusillade avec des Palestiniens. "Des sources proches de la sécurité palestinienne ont affirmé que deux gardes avaient été tués après qu’un trou eut été percé dans le mur frontalier", rapporte MENA. "Le directeur de l’hôpital de Rafah, Abou Youssef al Naggar, affirme que dix-huit blessés ont été hospitalisés." Le responsable de la sécurité égyptienne a précisé que les deux gardes tués étaient âgés de 21 ans et s’appelaient Arafa Ibrahim Al-Sayyed et Al-Sayyed Al-Saadaoui. L’Egypte n’a pas réagi officiellement après ces événements, qui soulignent, une fois de plus, le chaos dans lequel s’est enfoncé la bande de Gaza après le retrait.

Quelques heures auparavant, des militants armés et masqués des Brigades avaient fait évacuer le terminal frontalier de Rafah, où des observateurs de l’Union européenne supervisent les transits, et en ont interdit l’accès durant une heure et demie. Ils ont en outre fait irruption dans plusieurs bureaux de l’Autorité palestinienne à Rafah. Ils se sont vraisemblablement apaisés quand l’Autorité palestinienne a accepté de libérer leur leader en détention, un certain Ala Al Hams. "Ils nous ont promis de libérer le frère Ala Al Hams d’ici jeudi 11h00", a déclaré Abou Yazane, un porte-parole des activistes des Brigades. "S’il n’est pas libéré d’ici demain, je prie Dieu d’éviter un bain de sang." Les responsables de l’Autorité palestinienne n’ont pas pu être joints dans l’immédiat. Cette agitation est un défi lancé à Mahmoud Abbas, qui dirige à la fois l’Autorité autonome palestinienne et le Fatah mais ne semble pas en mesure de remettre de l’ordre dans le territoire ni dans son propre mouvement.

Le chaos grandissant, à Gaza, quatre mois après son évacuation par Israël, laisse planer un doute sur la bonne tenue des élections, que nombre de dirigeants du Fatah voudraient que Mahmoud Abbas reporte pour ne pas faire le jeu du Hamas. Perçu comme plus discipliné et moins corrompu que le Fatah, le mouvement islamiste joue pour la première fois le jeu des urnes pour un scrutin législatif et pourrait faire mieux que bonne figure aux élections, qu’il entend, lui, voir se dérouler coûte que coûte.

Reuters

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source