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lundi 26 juin 2017
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24 heures.ch, 5 janvier 2006

Corruption : Le scandale Abramoff fait trembler Washington

par Jean-Cosme DELALOYE


Vue du Capitole, siège du Congrès des Etats-Unis, à Washington DC

Jack Abramoff, puissant lobbyiste proche du Parti républicain, a plaidé coupable d’escroquerie, de fraude fiscale et de corruption de responsables publics. Ces aveux font trembler la classe politique et l’entourage du président. En dix ans, Jack Abramoff, militant républicain, est devenu l’un des plus puissants lobbyistes à Washington. Mardi 4 janvier 2006, il a plaidé coupable d’escroquerie, de fraude fiscale et de corruption active de responsables publics. L’affaire a déjà eu des répercussions dans la classe politique américaine. Plusieurs élus, dont George Bush, qui avaient reçu de l’argent d’Abramoff ou de ses clients, ont annoncé qu’ils allaient le rendre.

Etats-Unis


Argent, pouvoir et corruption à Washington. La classe politique américaine a débuté l’année 2006 par un scandale qui fait trembler de nombreux élus, à dix mois des votations parlementaires. Mardi 4 janvier 2006, Jack Abramoff, 46 ans, puissant lobbyiste républicain cerné par la justice, a décidé de coopérer avec les enquêteurs dans une affaire de corruption menaçant plusieurs députés. Jack Abramoff, qui risquait trente ans de prison, va témoigner contre ceux qui ont bénéficié de ses largesses en échange d’une réduction de peine à dix ans d’incarcération.

Jack Abramoff

Un seul élu a pour l’instant été identifié. Robert Ney, Représentant républicain de l’Ohio, qui a notamment été invité par Jack Abramoff, en 2002, pour jouer au golf en Ecosse, clame son innocence. L’élu est suspecté d’avoir soutenu la candidature de Jack Abramoff pour le rachat d’un groupe de casinos en Floride, en échange des faveurs de celui-ci. Parmi les proches alliés du lobbyiste, on retrouve également Tom DeLay, ancien chef de file des républicains à la Chambre des représentants lui-même déjà sous le coup d’une enquête au Texas.

Robert Ney

L’homme au cœur de ce qui pourrait être l’un des plus grands scandales de l’histoire du Congrès est peu connu du grand public. Militant républicain expert dans le marchandage de faveurs, Jack Abramoff a connu une ascension fulgurante ces dix dernières années. En 1994, lorsque les républicains reprennent le contrôle de la Chambre des représentants, Jack Abramoff abandonne une peu prometteuse carrière de producteur hollywoodien -il avait produit Red Scorpion (1989) et Red Scorpion 2 (1994)- pour celle de lobbyiste.

Tom DeLay

Bien introduit par ses amis, dont notamment Ralph Reed, alors président de la Coalition chrétienne -mouvement chrétien aux nombreux relais au Congrès-, Jack Abramoff, un juif orthodoxe, est au contact des hautes sphères du pouvoir décisionnel. En 1995, il rencontre Tom DeLay, puissant élu conservateur. Les deux hommes vont collaborer, Jack Abramoff invitant même Tom DeLay à jouer au golf, en Ecosse, en mai 2000. Deux mois plus tard, le parlementaire texan contribue à la défaite d’une loi sur la criminalisation des paris par internet, un texte que rejetait une tribu indienne cliente de Jack Abramoff.

Ralph Reed

Le lobbyiste, qui a justement fait fortune en surfacturant ses honoraires pour défendre les intérêts de tribus indiennes spécialisées dans l’industrie du jeu, devient rapidement l’une des pièces maîtresses du « projet K-Street » de Tom DeLay. Ce projet, qui tire son nom de la rue de Washington où les principales firmes de lobbying ont leur siège, a pour but d’intensifier les liens du Parti républicain avec les lobbyistes afin de financer ses batailles électorales.

George Walker Bush

Aux côtés de Jack Abramoff, un autre homme a joué un rôle clé : Michael Scanlon, son partenaire. Ancien responsable de la communication de Tom DeLay, Michael Scanlon a accepté de plaider coupable, en novembre 2005, et de témoigner contre Jack Abramoff, avec lequel il a graissé la patte de plusieurs élus. Selon des documents officiels, 296 membres du Congrès -en majorité des républicains, mais aussi des démocrates- ont reçu des contributions de leur part ou de celle de leurs clients.

Robert Ney

Sentant le danger, les élus qui ont bénéficié de ces fonds ont annoncé qu’ils allaient rendre l’argent. Parmi eux, on retrouve George Bush, dont la campagne pour sa réélection a directement touché 6000 dollars du couple Abramoff et d’une tribu indienne cliente du lobbyiste. En 2004, Jack Abramoff avait parallèlement contribué à lever 100000 dollars pour aider George Bush à battre le démocrate John Kerry.

Jean-Cosme DELALOYE

John Kerry

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