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Reuters, 17 janvier 2006

Côte d’Ivoire : Le parti de Laurent Gbagbo se retire du processus de paix


Des manifestants, à Abidjan, le 16 janvier 2006

ABIDJAN (Reuters) - Kofi Annan a condamné, mardi 17 janvier 2006, les attaques de ces dernières 48 heures contre les "casques bleus" des Nations Unies en Côte d’Ivoire, où le parti du président, Laurent Gbagbo, annonce son retrait du processus de paix.


Le secrétaire général de l’ONU a estimé que ces troubles, qui auraient fait un blessé, mardi 17 janvier 2006, parmi les manifestants pro-Gbagbo, devant le siège abidjanais de la MINUCI, menaçait le processus de paix fragile et devait cesser sur le champ. Il a condamné "les violences orchestrées dirigées directement contre les Nations Unies" à Abidjan, Daloa, San Pédro, Guiglo et ailleurs. Kofi Annan a également critiqué l’inaction de certaines autorités nationales face à ces attaques, a ajouté son porte-parole, Stéphane Dujarric. "Le secrétaire général exige une cessation immédiate de ces attaques, qui bafouent le droit ivoirien et met gravement en danger le processus de paix arrêté par l’Union africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU".

Kofi Annan

"Le Front populaire ivoirien déclare son retrait du processus de paix et son refus de continuer encore plus longtemps le processus de recolonisation engagé sous l’égide de l’ONU", avait auparavant annoncé à la presse Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien. "Le Front populaire ivoirien demande au chef de l’Etat d’entreprendre immédiatement les démarches nécessaires afin que le pays soit débarrassé de l’occupant étranger et d’engager sur des bases autonomes et autochtones le processus de paix et de réconciliation", a-t-il poursuivi.

Pascal Affi N’Guessan

Les partisans de la formation au pouvoir ont par ailleurs multiplié les manifestations pour dénoncer la recommandation des médiateurs internationaux qui proposent de dissoudre l’Assemblée. Les "jeunes patriotes" réclament en outre le départ des 7000 hommes casques bleus et des 4000 militaires français de la force Licorne déployés dans le pays, qui reste scindé en deux depuis le coup d’Etat manqué de septembre 2002 et la prise de la moitié nord par les rebelles des Forces nouvelles. Laurent Gbagbo, toujours muet sur la question, a rencontré le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Pierre Schori.

Laurent Gbagbo

Au QG des forces de l’ONU, à Abidjan, des casques bleus ont tiré des coups de feu en l’air et des gaz lacrymogènes pour dissuader les manifestants de s’introduire par le mur d’enceinte. Des casques bleus ont été acheminés en renforts par hélicoptère. A Guiglo, dans l’Ouest, plusieurs centaines de manifestants ont pénétré de force dans l’enceinte d’un bâtiment où sont cantonnés des casques bleus bangladais et d’autres se sont rassemblés pour la deuxième journée consécutive devant des bâtiments onusiens à Abidjan et devant l’ambassade de France. Un convoi de l’ONU acheminant du personnel au QG des casques bleus à Abidjan a essuyé des jets de pierres lancées par des jeunes. Quatre véhicules ont été endommagés, mais nul n’a été blessé. L’ambassade de France a indiqué que les manifestations s’étaient étendues à plusieurs villes de l’intérieur du pays, dont la capitale politique, Yamoussoukro, et à des villes de la "ceinture du cacao", mais aussi à San Pedro, port d’embarquement des exportations de cacao.

Des soldats bangladeshis de l’ONU à Man, le 30 septembre 2004

Le Groupe de travail international (GTI), chargé de superviser le plan de paix de l’ONU, a recommandé, dimanche 15 janvier 2006, de ne pas prolonger l’actuelle législature, dominée par les partisans de Laurent Gbagbo, dont le mandat a officiellement expiré le 16 décembre 2005. Cette recommandation est contraire à la volonté du Conseil constitutionnel ivoirien, qui souhaite que l’Assemblée demeure en fonction et conserve ses pouvoirs jusqu’à la tenue de nouvelles élections. Les manifestants accusent les médiateurs de porter atteinte à la souveraineté de la Côte d’Ivoire.

Des soldats français en Côte d’Ivoire, le 29 octobre 2005

L’agitation et la décision du Front populaire ivoirien mettent en péril la mission du Premier ministre, Charles Konan Banny, qui a pris ses fonctions le mois dernier en vertu d’une résolution des Nations unies qui étend par ailleurs le mandat du président d’une année.

Reuters

Charles Konan Banny

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