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AP, 20 janvier 2006

Côte d’Ivoire : Reporters Sans Frontières et Amnesty International s’alarment de l’instrumentalisation de la radio-télévision ivoirienne par les "Jeunes Patriotes"


Des manifestants devant le siège de la Radiotélévision ivoirienne, à Abidjan, le 18 janvier 2006

PARIS (AP) - Reporters Sans Frontières (RSF), l’organisation de défense de la liberté de la presse, s’alarme du fait que la Radiotélévision ivoirienne (RTI) soit retombée entre les mains des partisans du président, Laurent Gbagbo, notant, dans un communiqué, que "faute d’avoir été sécurisés, les médias d’Etat redeviennent des instruments de propagande au service de la violence insurrectionnelle". De son côté, Amnesty International fait état de menaces de mort et de viol contre des journalistes de la Radiotélévision ivoirienne.


Reporters Sans Frontières est "scandalisée par le retour des appels à l’insurrection, diffusés sous la menace, sur l’antenne de la Radiotélévision ivoirienne (RTI)", en rappelant qu’elle avait déjà dénoncé par le passé l’instrumentalisation des médias ivoiriens par les "Jeunes Patriotes" pour attiser les violences pro-Gbagbo. "Les appels à la sécurisation des médias d’Etat n’ont pas été pris au sérieux et l’histoire, par conséquent, se répète", juge Reporters Sans Frontières, réclamant que ces médias soient "sanctuarisés", ou qu’à défaut leur diffusion soit "interrompue".

Vue du camp de l’ONU, à Abidjan, le 18 janvier 2006

Après deux jours de pressions des manifestants sur la Radiotélévision ivoirienne, Reporters Sans Frontières note que, le 18 janvier 2006, "environ 300 manifestants ont pénétré à la mi-journée dans la cour de la Radiotélévision ivoirienne, après que les forces de l’ordre leur avaient ouvert les grilles". Ils ont obtenu la diffusion d’un message de Serge Koffi, chef du syndicat étudiant du pays, la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire, proche de Laurent Gbagbo, qui a demandé "à tous les jeunes de descendre dans les rues pour exiger le départ des forces impartiales et libérer totalement notre pays".

Un partisan de Laurent Gbagbo s’efforce de détruire le mur d’enceinte du camp de l’ONU, à Abidjan, le 18 janvier 2006

En 2005, Reporters Sans Frontières avait publié un rapport réclamant le déploiement d’une force conjointe ivoirienne/ONU/française pour protéger les sites et émetteurs de ces médias. "Si cette force n’était pas mandatée par l’ONU pour combattre un éventuel agresseur de la Radiotélévision ivoirienne, elle devrait au moins avoir pour mission de neutraliser les antennes nationales dans le cas d’une prise de contrôle violente, qui entraînerait le risque de nouveaux appels publics au meurtre et à la haine", écrivait alors l’organisation. Reporters Sans Frontières avait, à la même occasion, souligné que, dans le nord de la Côte d’Ivoire, "les fréquences de la radiotélévision publique sont occupées par la chaîne de propagande des Forces nouvelles (FN, ex-rebelles)".

Des manifestants, à Abidjan, le 18 janvier 2006

Par ailleurs, Amnesty International a fait état, jeudi 19 janvier, dans un communiqué, d’agressions et d’intimidations contre des journalistes de la Radiotélévision ivoirienne de la part des manifestants, depuis le 16 janvier 2006. "Deux journalistes de la Radiotélévision ivoirienne au moins ont été publiquement menacés de mort et de viol par des manifestants qui ont occupé les locaux de la Radiotélévision ivoirienne, avec la complicité de certains des plus hauts responsables des forces de sécurité", affirme Amnesty International. Ces actes "constituent une violation de la liberté d’expression et les autorités doivent immédiatement prendre toutes les mesures nécessaires pour que ces actes soient sanctionnés et ne se reproduisent plus", poursuit Amnesty International.

Associated Press

Des manifestants, à Abidjan, le 18 janvier 2006

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