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AFP, 21 janvier 2006

Côte d’Ivoire : La communauté humanitaire prise pour cible dans l’ouest


Vue de Man

ABIDJAN (AFP) - Alors qu’Abidjan était paralysée, la communauté humanitaire et les agences de l’ONU ont été, cette semaine, la cible de violentes attaques des partisans du président, Laurent Gbagbo, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, où les locaux d’une dizaine d’organisations internationales ont été saccagés.


Les représentations locales de six agences de l’ONU à Guiglo ont été "totalement ou partiellement détruites, pillées ou brûlées, au cours des manifestations", a annoncé, vendredi 20 janvier 2006 au soir, le Bureau des Nations Unies de coordination de l’aide humanitaire (OCHA). Les bureaux des organisations non-gouvernementales internationales Save the Children, ASA (Afrique secours assistance), Caritas, Solidarités et GTZ (coopération allemande) ont, eux aussi, été la cible de telles attaques de la part des partisans du pouvoir. Seul Médecins sans frontières (MSF) n’a pas été touché.

Des soldats ivoiriens à Duékoué, le 2 juin 2005

Comme dans la capitale économique ivoirienne, et à l’appel de la nébuleuse "patriotique", les manifestants protestaient contre la décision du Groupe de travail international (GTI) de ne pas prolonger le mandat de l’Assemblée nationale ivoirienne. "Quelques centaines de personnes manifestaient dans une ambiance relativement bon enfant devant le siège local d’OCHA, et au camp du bataillon de casques bleus bangladais", raconte sous couvert de l’anonymat une source humanitaire occidentale. La situation s’est envenimée, mardi 17 janvier, avec de premiers pillages, avant de dénégérer, mercredi 18 janvier 2006 au petit matin, lors d’affrontements entre casques bleus et manifestants, qui tentaient de s’emparer d’un véhicule blindé, ayant fait au moins cinq morts parmi les assaillants. Le bataillon bangladais évacue la ville, en compagnie d’une vingtaine d’expatriés de l’ONU et d’ONG, escorté par des éléments des forces gouvernementales ivoiriennes. Les locaux des agences onusiennes et des organisations humanitaires subissent alors la vindicte des manifestants : des bureaux, des maisons, où résidaient des étrangers, sont saccagés, parfois incendiés. Au moins vingt-trois véhicules de "transport et d’assistance humanitaire" sont volés ou détruits. "Les stocks de vivres et de non-vivres destinés à assister les populations locales vulnérables ont fait l’objet de pillages", selon OCHA, qui parle d’un préjudice -provisoire- de plus d’un milliard de FCFA (1,5 million d’euros). Aucune source ne fait état de violence physique contre les personnes ou de victime parmi les personnels de ces organisations, mais une responsable d’OCHAa évoqué une véritable "chasse à l’homme" organisée par les émeutiers. Près de 265 personnels ivoiriens sont restés sur place, sous la protection de l’armée, en attendant d’être à leur tour évacués vers Man et Yamoussoukro.

Confrontation entre des manifestants et des soldats de l’ONU, à Abidjan, le 17 janvier 2006

Selon des sources humanitaires concordantes, des personnalités de Guiglo ont lancé de violents appels à manifester sur les ondes d’une radio locale. OCHA a "vivement protesté et condamné ces appels (...) incitant les populations à attaquer le personnel humanitaire". Une autre source humanitaire souligne cependant que des déclarations ont ensuite été diffusées "pour apaiser les esprits". La situation sur place était calme, vendredi 20 janvier 2006. Temporairement stationnés à Bangolo, plus au nord en zone de confiance (qui sépare les belligérants), les casques bleus bangladais n’ont pas encore réintégré leur base de Guiglo.

Un manifestant s’efforce d’abattre le mur d’enceinte du camp de l’ONU, à Abidjan, le 18 janvier 2006

Frontalier du Liberia, l’ouest ivoirien est un traditionnel fief des partisans du pouvoir, où sévissent de nombreuses milices armées se réclamant de M. Gbagbo. "Ces milices ont le leadership dans la région, elles ont incontestablement pris le leadership de l’émeute et joué un rôle considérable dans les violences", estime un responsable d’une agence internationale.

Agence France Presse

Confrontation entre des manifestants et des soldats de l’ONU, à Abidjan, le 17 janvier 2006

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