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mercredi 28 juin 2017
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Le Monde, 7 mars 2004

Haïti : Au moins six morts et une vingtaine de blessés, dans un attentat perpétré contre des manifestants anti-Aristide, à Port-au-Prince


Manifestation à Port-au-Prince, le 7 mars 2004

Au moins deux personnes ont été tuées et 13 autres blessées par balles, dimanche 7 mars, à Port-au-Prince au moment de la dispersion d’une manifestation de l’opposition au président déchu Jean Bertrand Aristide. Selon la radio Vision 2000, un des morts est un jeune manifestant.

Les circonstances de son décès n’ont pas pu être déterminées dans l’immédiat. Au moins une autre personne a été tuée. Parmi les blessés figurent deux photographes étrangers. L’un deux est de nationalité américaine.

Manifestation à Port-au-Prince, le 7 mars 2004

L’une des victimes de l’attentat du 7 mars 2004, tombée devant la grille du palais national, à Port-au-Prince, pendant une manifestation anti-Aristide

Un manifestant anti-Aristide abattu devant le palais présidentiel, à Port-au-Prince, le 7 mars 2004

Des blessés sont installés dans une ambulance, après l’attentat contre les manifestants anti-Aristide, à Port-au-Prince, le 7 mars 2004


Les partisans du président Aristide pourraient être à l’origine de ces incidents. Les manifestants, selon les radios, ont manifesté leur colère contre les forces de l’ordre auxquelles ils ont reproché de ne pas être intervenues au cours des violences.

La manifestation de l’opposition au président déchu avait rassemblé, dimanche 7 mars 2004, plus de 10000 personnes. Elle s’était déroulée jusque-là sans incident sous la protection de la police anti-émeute haïtienne et des militaires américains et français.

Par ailleurs, l’avocat français de Jean-Bertrand Aristide , Gilbert Collard, a indiqué que son client, actuellement en République centraficaine, était "bien traité" mais "ne [pouvait] pas reçevoir ses avocats et communiquer avec les journalistes".

Gilbert Collard

"Nous avons été très bien reçus au Palais de la renaissance par son excellence le président Bozizé, par son gouvernement, par nos frères et nos soeurs de République centrafricaine", avait déclaré peu auparavant M. Aristide dans un message lu à la presse par le ministre centrafricain des affaires étrangères. Il ajoute dans ce message qu’il s’adressera aux journalistes "au moment opportun".

Le 29 février 2004, Jean-Bertrand Aristide a dû quitter précipitamment Haïti pour la Centrafrique, à l’issue d’un mois d’insurrection dans le pays. Quelque 2500 militaires américains, français, canadiens et chiliens ont été envoyés à Haïti, pour tenter de stabiliser la situation, en attendant l’envoi d’une force multinationale sous l’égide de l’ONU.

Avec Agence France Presse

Patrouille mixte réunissant US Marines, soldats français et policiers anti-émeute haïtiens, dans les rues de Port-au-Prince, le 5 mars 2004

Haïti : quatre morts dans une manifestation anti-Aristide

PORT-AU-PRINCE - Quatre personnes au moins ont été tuées et 19 blessées à Port-au Prince, lors d’une manifestation célébrant la chute de Jean Bertrand Aristide.

Après ces violences, Guy Philippe, chef des insurgés haïtiens s’est dit prêt à reprendre les armes.

Les US Marines déployés dans le pays au sein de la force internationale mandatée par L’ONU se sont rués sur les lieux du rassemblement en jeeps Humvee alors que les manifestants paniqués tentaient de se mettre à l’abri et que des hélicoptères survolaient le palais présidentiel.

Colonne militaire motorisée, à Port-au-Prince, le 4 mars 2004

Les tirs, provenant selon des témoins des quartiers favorables à Aristide, se sont produits pendant une manifestation bruyante mais dans l’ensemble pacifique de milliers d’habitants fêtant le départ en exil d’Aristide dimanche dernier.

La marche, surveillée de près par les soldats américains et français et par la police nationale en tenue antiémeute, intervenait en réponse à un défilé imposant de milliers de partisans de Jean-Bertrand Aristide, le 5 mars 2004, devant l’ambassade des Etats-Unis.

Manifestation en faveur de Saint-Aristide, patron des tueurs à gage, à Port-au-Prince, le 5 mars 2004

Peu après, Guy Philippe a affirmé sur la radio privée Radio Vision 2000 qu’il serait "très bientôt dans l’obligation de donner l’ordre à ses troupes de reprendre les armes qu’elles avaient déposées". Les insurgés avaient annoncé cette semaine avoir déposé les armes après l’arrivée d’une force multinationale forte de quelque 2500 hommes.

"Si personne ne veut prendre ses responsabilités, je prendrai les miennes", a-t-il dit estimant que le pays était "totalement occupé par les forces étrangères" et que la "marge de manoeuvre du nouveau directeur général de la police (Léonce Charles) était limitée".

Guy Philippe

"Ils croient que c’est avec des chars et des hélicoptères qu’ils vont régler la situation", a-t-il indiqué, en demandant "qu’ils désarment les chimères et arrêtent (le premier ministre) Yvon Neptune", tenu pour responsable des troubles.

© SDA-ATS News Service

Yvon Neptune

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