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vendredi 23 juin 2017
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AFP, 26 janvier 2006

Proche Orient : La victoire électorale du Hamas provoque un séisme


RAMALLAH (AFP) - Le groupe résistant Hamas a remporté, jeudi 26 janvier 2006, une victoire fracassante aux élections législatives palestiniennes, un séisme politique qui fait voler en éclats l’hégémonie du Fatah et compromet davantage la perspective d’un règlement négocié avec Israël.


Le Hamas, qui prône la lutte armée et la destruction de l’Etat juif, a, contre toute attente et pronostic, remporté la majorité des 132 sièges du Parlement, lors des élections législatives de mercredi 25 janvier 2006, auxquelles il participait pour la première fois. Une source, à la Commission électorale, a confirmé la victoire du Hamas. "Le Hamas a devancé le Fatah", a-t-elle indiqué, en faisant état de la fin du dépouillement des bulletins de vote.

Même si les résultats officiels sont attendus en soirée, le Fatah, le parti au pouvoir, a déjà concédé sa défaite, le dirigeant, Mahmoud Abbas, comptant demander au groupe islamiste de former le prochain gouvernement, après avoir accepté la démission de son Premier ministre, Ahmad Qoreï. Ce dernier a confirmé que le Hamas avait obtenu la majorité des 132 sièges du Conseil législatif (CLP), qui avait été dominé pendant dix ans par le Fatah. "Le président Abbas va charger le Hamas de former le gouvernement, auquel le Fatah ne participera pas", a déclaré le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat, après avoir assisté à un entretien entre MM. Abbas et Qoreï. "Ceux qui ont remporté (les élections) doivent assumer toutes leurs responsabilités envers notre peuple dans tous les domaines, politique sécuritaire, économique et national", a-t-il ajouté.

Le Fatah dominait le Conseil législatif sortant, élu en 1996, avec 62 sièges sur 88, ainsi que toutes les autres institutions et l’appareil sécuritaire de l’Autorité palestinienne depuis sa création, en 1994, aux termes des accords d’Oslo conclus avec Israël sur l’autonomie palestinienne. Le Hamas, responsable de dizaines d’attentats anti-israéliens meurtriers, n’a jamais reconnu cet accord. Selon le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, la liste du mouvement "Changement et Réforme" a remporté "au moins" 43 sièges dans les circonscriptions et "plus de 50 % des suffrages" au niveau des listes, soit un total d’au moins 75 sièges. Sur les 132 députés du Conseil législatif, 66 sont en effet élus au scrutin majoritaire uninominal dans les circonscriptions et 66 autres à la proportionnelle par listes.

Le Hamas a indiqué qu’il était prêt à "travailler" avec le Fatah. "Nous commencerons très prochainement d’intenses consultations avec le président, Abou Mazen, les frères du Fatah et les autres groupes palestiniens, pour s’entendre sur la nature du partenariat politique de la prochaine étape", a dit le chef de file du Hamas, Ismaïl Haniyeh. "Nous allons rencontrer Abou Mazen et les autres groupes et sans doute nous allons arriver à une formule satisfaisante pour tout le peuple palestinien", a-t-il ajouté dans une conférence de presse à Gaza.

Israël de son côté était sous le choc. Le Premier ministre par intérim, Ehud Olmert, a convoqué une réunion, en soirée, des responsables militaires et de la sécurité, pour discuter des répercussions de cette victoire de son ennemi numéro un. M. Olmert avait écarté d’avance tout dialogue politique avec un gouvernement palestinien "comptant parmi ses membres le Hamas".

Les pays occidentaux ont réservé un accueil frais à la victoire du Hamas, estimant que tout dialogue avec le mouvement radical était conditionné par son rejet de la violence. Le président américain, George W. Bush, a indiqué qu’il refuserait de discuter avec le Hamas tant qu’il ne renonçait pas à la destruction d’Israël. Le Hamas a appelé les Etats-Unis à "respecter la volonté du peuple palestinien et le résultat des urnes". Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a jugé cette victoire "très négative", et son homologue français, Dominique de Villepin, a exprimé son "inquiétude". Le chef de la diplomatie britannique, Jack Straw, a appelé le Hamas à choisir entre "le terrorisme" et "la voie démocratique", qui lui vaudra le soutien de la communauté internationale. Le Hamas figure sur les listes américaine et de l’Union européenne des organisations considérées comme terroristes.

Agence France Presse

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