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Reuters, 29 janvier 2006

Proche Orient : Israël veut imposer une discrimination internationale au gouvernement palestinien

Suivi d’un commentaire


JERUSALEM (Reuters) - Le Premier ministre israélien par intérim, Ehud Olmert, déclare qu’Israël boycottera un gouvernement palestinien incluant le Hamas et qu’il a exhorté plusieurs dirigeants étrangers à faire de même.


"Israël n’aura aucun contact avec les Palestiniens" à moins que le Hamas "renonce au terrorisme", reconnaisse le droit à l’existence de l’Etat d’Israël et accepte tous les accords conclus entre l’Autorité palestinienne et Israël, a déclaré aux médias le chef du gouvernement israélien. S’adressant à ses ministres, il a dit avoir informé de sa position le Premier ministre britannique, Tony Blair ; le président français, Jacques Chirac ; le président égyptien, Hosni Moubarak ; le roi Abdallah de Jordanie ; et le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qu’il a eus au téléphone. "Ces principes sont acceptables pour la communauté internationale. Je n’ai l’intention de faire aucun compromis sur ce point", a ajouté Ehud Olmert, qui a dit voir émerger une "position internationale unifiée" de boycott d’un gouvernement palestinien incluant "une organisation armée appelant à la destruction d’Israël".

Le ministre de la Défense israélien, Shaul Mofaz, a reconnu, dimanche 29 janvier 2006, selon les médias, que le Hamas se comportait de manière responsable et a espéré qu’il continuerait à limiter les attentats dans l’esprit de la trêve consentie, à l’initiative de Mahmoud Abbas, par les groupes résistants. Les pourparlers de paix entre Israël et Palestiniens sont suspendus depuis cinq ans, et la "feuille de route" pour la paix élaborée par des médiateurs internationaux et soutenue par Washington a été reléguée au second plan, voire sur certains aspects piétinée, par les deux parties.

La chancelière allemande, Angela Merkel, qui entame, dimanche 29 janvier, une visite en Israël et dans les territoires palestiniens, a fait savoir qu’elle ne rencontrerait aucun représentant du Hamas, mais qu’elle verrait, à Ramallah, le président, Mahmoud Abbas. Angela Merkel est le premier dirigeant européen à se rendre dans la région depuis la victoire surprise aux élections législatives du Mouvement de la résistance islamique, mercredi 25 janvier 2006. Un responsable du ministère allemand de la Défense chargé des armements, Peter Eickenboom, a déclaré à la radio MDR que l’Allemagne allait aider Israël à acquérir deux sous-marins à prix préférentiel. La décision avait été prise, le 21 novembre 2005, par le gouvernement de coalition du précédent chancelier, le social-démocrate, Gerhard Schröder. "La seule raison à cela est l’obligation spéciale faite à l’Allemagne de garantir la pérennité de l’Etat d’Israël", a-t-il dit.

Le Premier ministre égyptien, Ahmed Nazif, a déclaré, dans un entretien publié par Newsweek, qu’un gouvernement palestinien dirigé par le Hamas devrait respecter les accords d’Oslo, qui ont créé l’Autorité palestinienne, ainsi que la feuille de route préconisant le désarmement des groupes armés ne faisant pas partie des forces de sécurité officielles, tels que la branche militaire du mouvement intégriste. Il a estimé par ailleurs que l’on devait donner une chance au Hamas, et le juger sur ses actes.

Annonçant les résultats définitifs du scrutin, la Commission centrale des élections a révisé de 76 à 74 le nombre de sièges remportés par le Hamas au parlement, qui en compte 132, contre 42 pour le Fatah de Mahmoud Abbas.

A Ramallah, en Cisjordanie, un responsable local du Hamas, Mahmoud Ramahi, a exclu toute négociation politique avec Israël, mais pas d’éventuels contacts avec des responsables israéliens sur des problèmes relevant de la vie quotidienne, en matière de travaux publics et de santé, par exemple. Il a expliqué à Reuters que le Hamas ne comptait pas dans l’immédiat imposer la loi islamique dans les territoires palestiniens, mais que la question serait soumise à référendum "après leur libération".

Reuters

Commentaire

L’attitude arrogante des gouvernements occidentaux démontre qu’ils n’ont aucun respect pour la démocratie. Le Hamas a été élu par une large majorité des Palestiniens et rien ne justifie un refus de reconnaître sa légitimité.

Si on suit la logique israélienne, les Palestiniens auraient, en quelque sorte, l’obligation d’élire des candidats approuvés par l’occupant et disposés à toutes les complaisances à l’égard de l’occupant.

Il ne fait aucun doute que la discrimination que le gouvernement israélien prétend imposer au Hamas s’avérera totalement contre-productive, de même que se sont avérées contre-productives toutes les mesures visant à empêcher sa victoire électorale. Les gouvernements occidentaux commettent une grossière erreur en s’alignant sur le gouvernement israélien.

Frank BRUNNER

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