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vendredi 24 mars 2017
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Le Temps, 1er février 2006

Proche Orient : La majorité des Palestiniens vivent grâce à l’aide internationale

par Serge DUMONT


Le budget palestinien, en déficit chronique depuis son premier exercice (1994-1995), est principalement alimenté par les contributions étrangères. Celles-ci représentent 53 % des revenus de l’Autorité palestinienne. Cette manne constitue actuellement un moyen de pression de la communauté étrangère sur le Hamas, grand vainqueur des législatives. Les 47 % restant proviennent du travail des Palestiniens dans les territoires ou en Israël ainsi que des quelques taxes récoltées ici et là par une administration souvent indolente.


Traditionnellement, les habitants de Cisjordanie et de la bande Gaza vivent du commerce, du petit artisanat mais aussi -et surtout- de l’agriculture. Avant le déclenchement de la deuxième Intifada, en 2000, la plus grande partie de la production agricole palestinienne s’écoulait facilement dans l’Etat hébreu. Mais également à l’étranger où les produits récoltés dans les Territoires se vendaient la plupart du temps sous le label « made in Israël ».

Entre septembre 2000 et décembre 2004, 13000 hectares de plantations ont cependant été détruits durant les opérations militaires israéliennes et le long du chantier du mur de séparation. Plusieurs milliers d’oliviers ont également été arrachés par les colons extrémistes de Cisjordanie. Résultat ? De 10000 à 20000 agriculteurs ont totalement ou partiellement perdu leur gagne-pain. Ces familles nombreuses en sont désormais réduites à mendier l’aide de l’UNWRA, l’agence des Nations Unies soutenant les réfugiés palestiniens depuis 1949.

A l’exception de quelques PME, les Territoires ne disposent d’aucune grande industrie exportatrice. Ce qui explique pourquoi les emplois y sont donc précaires et pourquoi le taux de chômage dépasse 60 % contre 45 % en Cisjordanie. Avant le déclenchement de l’Intifada, plus de 100000 ouvriers palestiniens gagnaient leur vie en Israël où ils étaient souvent employés dans des conditions difficiles et pour un salaire inférieur à celui de leurs homologues natifs du pays. Pour l’heure, quelques milliers d’ouvriers sont encore autorisés à travailler dans l’Etat hébreu, mais leurs revenus sont aléatoires. En fait, le plus gros employeur de Palestiniens est l’administration palestinienne qui occupe 135000 personnes.

Malgré leur pouvoir d’achat limité (le taux de pauvreté atteint 50 % en Cisjordanie et 68 % dans la bande de Gaza), les 3,3 millions de Palestiniens représentent un marché captif intéressant pour les industries israéliennes, puisque 70 % des produits vendus dans les Territoires sont fabriqués dans l’Etat hébreu. Selon les experts, cette dépendance ne se réduira pas tant que l’Autorité palestinienne ne disposera pas de sa propre alimentation électrique (Israël est son seul fournisseur), ainsi que d’un port en eau profonde et d’un aéroport international en état de fonctionnement.

Serge DUMONT

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