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Le Monde, 5 février 2006

Egypte : Un millier de disparus en mer Rouge après le naufrage du ferry


Le navire Al-Salam Boccaccio 98

Le président, Jacques Chirac, a fait part, samedi 4 février, de sa "consternation", après "l’épouvantable" naufrage du ferry égyptien Al-Salam 98, et offert aux autorités egyptiennes l’aide de Paris pour des opérations de secours. Dans une lettre à son homologue égyptien, Hosni Moubarak, le chef de l’Etat français exprime sa "très sincère amitié et solidarité dans l’épreuve". "La France est prête à vous apporter tout le concours que vous pourriez souhaiter dans les opérations de secours", écrit-il dans ce courrier publié par l’Elysée. A la demande des autorités égyptiennes, le ministère français de la défense a envoyé deux missions de reconnaissance sur les lieux du drame, samedi. Une troisième doit avoir lieu dimanche 5 février 2006.

Egypte


Selon les derniers bilans fournis par le directeur de l’Autorité des ports de la mer Rouge, Mahfouz Taha, "au moins 378 survivants ont été jusqu’à présent secourus et les opérations de recherches et de sauvetage continuent". Ce qui signifie qu’un millier personnes ont pu mourrir dans ce naufrage. En effet, selon la compagnie propriétaire du navire, Al-Salam Maritime Transport, le nombre de personnes à bord était de 1415, dont 1318 passagers, parmi lesquels 1200 Egyptiens, et 97 membres d’équipage. Mais, jusque là, indique un officier de police, seuls 185 corps auraient été repêchés en mer Rouge.

Des naufragés arrivent à Hourghada, le 4 février 2006

Les premiers témoignages des rescapés aident à reconstruire le film des événements qui aurait conduit à ce drame. Un incendie s’est déclaré, sur le ferry, au moins trois heures avant le naufrage, selon plusieurs sources. "Deux heures après notre départ (du port saoudien de Douba), une fumée dense a commencé à s’échapper des moteurs", a déclaré à l’AFP Raafat Al-Sayyed, un Egyptien de 34 ans. Selon lui, les membres de l’équipage ont demandé aux passagers de monter sur le pont, pour leur permettre d’éteindre l’incendie. "Mais l’incendie a continué pendant longtemps et il (l’équipage) n’arrêtait pas de dire qu’il le maîtriserait", a dit Kamel Mohammad Abdel Askari, 48 ans, également égyptien. Le ferry, ont précisé les rescapés rencontrés à l’hôpital général de Hourghada, sur la mer Rouge, a continué son chemin, penché sur le côté gauche, avant de sombrer, soudainement, en moins de dix minutes.

Un naufragé arrive à Safaga, le 4 février 2006

Les témoignages sont particulièrement accablants pour les membres d’équipage. "Nous avions enfilé des gilets de sauvetage mais on nous a assuré qu’il n’y avait rien de grave et qu’il fallait enlever nos gilets. Ils nous les ont pris, puis le navire a commencé à couler et le capitaine s’est installé dans un canot de sauvetage et a filé", indique un rescapé. "Le capitaine a été le premier à quitter le navire et nous avons été surpris de voir le ferry couler", confirme un autre. "Il y avait le feu et les matelots ont empêché les passagers de mettre leurs gilets de sauvetage pour ne pas provoquer de mouvement de panique", raconté un troisième.

Des proches des passagers entourent une ambulance, à Safaga, le 4 février 2006

Le président égyptien, Hosni Moubarak, a exigé une enquête d’urgence sur le naufrage, en évoquant une possible défaillance dans les moyens de sauvetage. La compagnie, qui a assuré l’inspection du bateau à la veille du drame, a dit se tenir "à la disposition de l’Egypte". "Nous avions régulièrement contrôlé ce navire", affirme Mario Dogiani, porte-parole de la Registro Italiono Navale (Rina), la compagnie italienne de certification du Al-Salam 98. C’est cette même société qui, il y a six ans, était en charge du contrôle du pétrolier maltais Erika.

Avec AFP et Reuters

Le naufrage du pétrolier Erika, en 1999

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