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Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (2ème partie) : Du 1er mars 2004 au 31 mars 2004
AFP, 9 mars 2004

Irak : l’ayatollah Ali Sistani critique la constitution provisoire


BAGDAD (AFP) - Le plus influent des religieux chiites d’Irak, le grand ayatollah Ali Sistani, a fortement critiqué, dès sa signature lundi 8 mars 2004, la constitution provisoire adoptée par le Conseil de gouvernement irakien, tandis que les Etats-Unis se sont efforcés de minimiser ses propos.

"Cette loi pose des obstacles à une constitution permanente du pays de nature à préserver son unité et les droits des adeptes des différentes religions et des membres des différentes ethnies", a déclaré l’ayatollah dans un communiqué de son bureau de la ville sainte de Najaf, au sud de Bagdad.


Les Etats-Unis, qui ont salué la signature cette constitution provisoire née lundi après une gestation difficile, ont minimisé les critiques du dirigeant chiite, affirmant que leur plan pour un transfert du pouvoir en Irak au 1er juillet est sur les bons rails. "Nous allons l’appliquer, ne vous faites pas de soucis. Ne gâchez pas votre sommeil à cause de cela", a déclaré de Bagdad un haut responsable, sous le couvert de l’anonymat, au cours d’un point de presse téléphonique organisé par la Maison Blanche.

"Ce qui est important", a ajouté le responsable, "est le fait que ces 25 Irakiens ont réussi, par de nombreux compromis et quelques courageuses décisions, à établir un document sur lequel ils se sont mis d’accord".

Ali Sistani, le plus écouté des chefs religieux d’Irak "avait déjà précisé dans ses réserves sur l’accord du 15 novembre (sur le transfert des pouvoirs aux Irakiens entre la coalition et le Conseil de gouvernement) que toute loi pour la période transitoire ne sera légitime que si elle est approuvée par une assemblée élue", a affirmé son bureau peu après la signature de la constitution provisoire.

Ce document, distribué lundi 8 mars 2004 à la presse, précise que "l’islam est la religion officielle de l’Etat et une source de la législation" et non pas sa source exclusive. Il garantit la liberté de conscience et accorde aux femmes un quota de 25% dans les futures institutions politiques. Il est censé régir le pays du 30 juin 2004, date du transfert de la souveraineté au Irakiens jusqu’à la mise en place, avant le 31 décembre 2005, d’un gouvernement formé après des élections générales.

Le texte "est un tournant dans l’histoire de l’Irak et dans sa marche vers le retour de sa souveraineté et un gouvernement élu", a affirmé le président en exercice du Conseil transitoire irakien, Mohammad Bahr al-Ouloum, le premier à avoir signé le document dans une salle du Palais des congrès au centre de la capitale irakienne.

"Nous célébrons la naissance d’un nouvel Irak", a estimé le dirigeant kurde Massoud Barzani, qui a lu son intervention en arabe et en kurde, les deux langues officielles du pays, selon la constitution provisoire.

Le dirigeant sunnite Adnane Pachachi a souligné quant à lui que ce texte garantit les libertés individuelles et appelé ses concitoyens à "défendre ces droits et à ne jamais y renoncer".

Les gouvernements des deux voisins iranien (chiite) et saoudien (sunnite) de l’Irak ont accueilli favorablement la signature de la constitution provisoire, y voyant un pas vers le transfert des pouvoirs aux Irakiens, alors que la communauté internationale -dont les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Russie, la France et le Japon- l’a largement saluée.

La seule fausse note dans le monde est venue du gouvernement turc qui a déclaré n’être "pas satisfait" de la nouvelle constitution et a averti qu’elle allait déboucher sur davantage "d’instabilité" dans le pays.

A Kirkouk (nord), trois Irakiens, dont une femme, ont été tués et 20 autres blessés dans des heurts entre Kurdes d’une part et Arabes et Turcomans d’autre part qui ont suivi des manifestations de joie de Kurdes après la signature de la constitution provisoire, a indiqué lundi 8 mars la police. "Des milliers de Kurdes sont descendus dans la rue pour manifester leur joie. Certains ont commencé à tirer en l’air mais la manifestation a dégénéré", a déclaré le général Tourhane Youssef, chef de la police de la ville secouée épisodiquement par des troubles interethniques.

"Trois personnes, une femme arabe et deux Turcomans, ont été tuées par les tirs. Douze parmi les vingt blessés transportés dans des hôpitaux sont dans un état grave", a ajouté l’officier de police.

Kirkouk, à 255 km au nord de Bagdad, est le théâtre d’affrontements ethniques entre Kurdes, Arabes et Turcomans depuis la fin du régime de Saddam Hussein en avril 2003.

Agence France Presse

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