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mardi 27 juin 2017
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AFP, 9 mars 2004

Haïti : un premier ministre doit être nommé pour succéder à Yvon Neptune. Le peuple haïtien n’a pas voix au chapitre. Poursuite des pillages, grâce à l’attitude complaisante des forces d’occupation étrangères

Suivi d’un commentaire


Entre deux pillages et trois assassinats, les marionnettes du parti Lavalas manifestent à Port-au-Prince, sous la protection des forces d’occupation étrangères

WASHINGTON (AFP) - Les Etats-Unis s’emploient à trouver un remplaçant pour le Premier ministre haïtien Yvon Neptune, a affirmé lundi 8 mars 2004 au soir, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell.

M. Neptune était un proche de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, parti il y a plus d’une semaine en Centrafrique, mais était resté en fonction.

Yvon Neptune, complice des crimes de Jean-Bertrand Aristide mais bénéficiant de la protection des "moralistes" autoproclamés de la prétendue "communauté internationale"...


La nomination de son successeur devrait intervenir mardi 9 mars 2004 et la composition d’un gouvernement rendue publique samedi 10 mars.

Le général à la retraite Hérard Abraham, 63 ans, et le commerçant Smarck Michel, 67 ans, ancien Premier ministre d’Aristide (1994-1995) sont les deux personnalités les plus souvent citées.

Smark Michel

Lundi 8 mars 2004, le chef provisoire de l’Etat, Boniface Alexandre, avait été investi officiellement président par intérim. Selon la Constitution, il doit organiser une élection présidentielle dans un délai de 45 à 90 jours.

Le couvre feu, instauré depuis le 29 février 2004 à Port-au-Prince, a été reconduit à nouveau lundi de 22 heures locales à 6 heures du matin mardi, a annoncé la direction de la police nationale haïtienne (PNH).

Plusieurs centaines d’Haïtiens ont pillé lundi une zone industrielle de Port-au-Prince, où des Marines ont été visés par des tirs.

Le chef d’Etat provisoire, Boniface Alexandre, a appelé à "un désarmement total pour que la mort cesse" en Haïti et à "la réconciliation nationale". Selon la Constitution, il doit organiser une élection présidentielle dans un délai de 45 à 90 jours.

La prestation de serment de Boniface Alexandre. On dirait qu’il en profite pour s’assurer que les Américains ne lui ont pas volé son portefeuille...

Au lendemain de tirs ayant fait six morts près du Palais présidentiel, à la fin d’une manifestation de quelque 10000 opposants à l’ex-chef d’Etat, des pilleurs, souvent âgés de moins de 20 ans, s’en sont pris à des conteneurs entreposés près de l’aéroport. Ils ont aussi attaqué des automobilistes et menacé des journalistes avec des machettes.

Depuis le départ il y a plus d’une semaine d’Aristide, l’aide humanitaire à Haïti, le pays le plus pauvre du continent américain, arrive au compte-gouttes.

Les pilleurs sont entrés dans la zone industrielle en sautant le mur d’enceinte ou en passant dans des trous, d’où ils ressortaient avec des cartons de marchandises (céréales, sucre, vêtements), revendues presque aussitôt.

Scène de pillage d’une zone industrielle de Port-au-Prince, le 9 mars 2004

Les Marines ont leur base à un kilomètre et demi de là, à l’aéroport, et des militaires français avaient patrouillé ce secteur dimanche 7 mars 2004.

"J’ai d’autres missions à effectuer, je ne peux pas tout faire", a affirmé à la presse le chef des 600 militaires français déployés en Haïti, le colonel Daniel Lepatois. "Mon job n’est pas d’empêcher des pillages, je suis là pour protéger les gens qui sont en danger", a-t-il ajouté.

Dans l’après-midi, des Marines ont été pris pour cible alors qu’ils patrouillaient dans le centre de Port-au-Prince. Une dizaine de tirs ont visé leur convoi qui a fait demi-tour.

En Centrafrique, Jean Bertrand Aristide a affirmé être toujours "le président élu" d’Haïti, lors de sa première apparition publique depuis son arrivée le 1er mars à Bangui.

"Je suis le président démocratiquement élu et je le demeure, et c’est au nom de ceux qui m’ont élu que je plaide pour la restauration de l’ordre constitutionnel", a-t-il dit. Les Etats-Unis lui ont conseillé de ne pas "remuer le passé". S’il "veut vraiment servir son pays, il doit, à notre avis, laisser son pays se pencher sur son avenir et ne pas essayer encore de remuer le passé", a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Richard Boucher.

Récemment, Aristide avait fait part de son souhait de retourner en Haïti, où il demeure populaire dans les bidonvilles, notamment grâce à ses bandes armées, les "Chimères".

Agence France Presse

Saint-Aristide, le patron des tueurs à gage, bénéficie toujours de la complicité des "moralistes" autoproclamés de la soi-disant "communauté internationale"...

Commentaire

Comment le gouvernement des Etats-Unis pourrait-il nier que son entreprise, à Haïti, relève d’une politique néocolonialiste ?

Après avoir prétendu décider qui, parmi les citoyens haïtiens, serait autorisé à se présenter aux élections, il s’arroge le droit de désigner le premier ministre d’un pays étranger. Et le plus fort, c’est que le gouvernement des Etats-Unis semble agir ainsi avec la meilleure conscience du monde. Si cela continue, le président des Etats-Unis prétendra voter à la place de tous les autres habitants de la planète...

On relèvera que, pour le poste de premier ministre haïtien, "les noms les plus souvent cités" sont ceux qui arrangent Washington. Là encore, il est hors de question de consulter la population haïtienne.

Cela n’empêche pas le gouvernement des Etats-Unis de toujours prétendre donner des leçons de démocratie au reste du monde. Mais on aura compris que, quand le gouvernement des Etats-Unis évoque "la démocratie", il s’agit de la "démocratie" des dictateurs et des mafieux.

D’autre part, on relèvera que les forces d’occupation à Haïti s’abstiennent délibérément d’assurer la garde des entrepôts, ce qui équivaut à une invitation au pillage. Puis les pillages servent de prétexte pour quasiment bloquer l’arrivée de l’aide humanitaire...

Frank BRUNNER

Scène de pillage d’une zone industrielle de Port-au-Prince, le 9 mars 2004. Et on voudrait nous faire croire que cela s’est passé à l’insu des forces d’occupation étrangères ou sans que celles-ci soient en mesure d’intervenir...

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