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dimanche 20 août 2017
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AFP, 19 février 2006

Proche-Orient : La position de Mahmoud Abbas devient de plus en plus indéfendable

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JERUSALEM (AFP) - Le Premier ministre israélien par intérim, Ehud Olmert, a estimé, dimanche 19 février 2006, que l’Autorité palestinienne dirigée par le Hamas est de facto devenue une "Autorité terroriste et qu’Israël ne l’acceptera pas".


"Il est clair qu’avec une majorité du Hamas au parlement palestinien et la formation d’un gouvernement avec une direction du Hamas, l’Autorité palestinienne devient de facto une autorité terroriste et Israël ne l’acceptera pas", a affirmé M. Olmert au début de la séance hebdomadaire de son cabinet, selon des propos diffusés par la radio publique israélienne. "Nous avons mené, ces derniers jours, une série de discusions pour déterminer la position d’Israël à la suite du changement intervenu au sein de l’Autorité palestinienne. Israël ne fera pas de concession au terrorisme et continuera à agir contre lui avec toute la puissance nécessaire", a-t-il poursuivi. "Mais nous n’avons aucune intention de porter atteinte aux besoins humanitaires de la population palestinienne. Israël ne mènera pas de contacts avec un pouvoir dont le Hamas est partie prenante, que se soit de façon limitée ou déterminante", a encore dit M. Olmert. "Comme nous l’avons annoncé juste après les élections palestiniennes, après la fin de la période du gouvernement de transition, Israël cesse immédiatement de transférer des fonds à l’Autrorité palestinienne. Je vais présenter à l’approbation du gouvernement une proposition détaillée sur les mesures qu’Israël va prendre à la suite des derniers développements au sein de l’Autorité palestinienne", a précisé M. Olmert.

Samedi 18 février 2006, le leader palestinien, Mahmoud Abbas, a plaidé pour un règlement négocié du conflit avec Israël et appelé le monde à ne pas "punir" les Palestiniens, après la victoire électorale du Hamas, en inaugurant le parlement dominé par le mouvement islamiste. S’exprimant après la prestation collective de serment des députés du nouveau Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement), M. Abbas a annoncé qu’il chargerait le Hamas, qui a obtenu 74 des 132 sièges du Parlement au scrutin du 25 janvier 2006, de former le prochain gouvernement. "La présidence de l’Autorité palestinienne et le gouvernement resteront attachés à la négociation (avec Israël) comme option stratégique réaliste. Une gestion sérieuse et sage de ces négociations nous permettra de réaliser nos aspirations nationales", a déclaré M. Abbas dans son discours. "Notre conflit n’a pas de solution militaire. Seules des négociations entre partenaires égaux sont susceptibles de mettre fin au cycle des violences que nous connaissons", a-t-il dit en dénonçant "l’approche unilatérale" d’Israël. M. Abbas a également appelé au respect des accords passés avec Israël, notamment l’accord dit d’Oslo de 1993 sur l’autonomie palestinienne et la Feuille de route, le dernier plan de paix international qui prévoit la création d’un Etat palestinien.

Le chef de file du Hamas et probable prochain Premier ministre, Ismaïl Haniyeh, a réagi au discours de M. Abbas en faisant état de "divergences politiques qui seront résolues par le dialogue" entre son mouvement et le leader palestinien.

Agence France Presse

Commentaire

En soi, les propos de Mahmoud Abbas sont pleins de bon sens, mais ils ne tiennent pas compte de la réalité israélienne. En effet, quand les Palestiniens parlent de paix, cela implique des rapports normalisés avec Israël, la restitution des Territoires occupés et le retour des Palestiniens exilés. Or, la conception israélienne de "la paix" est complètement différente. Elle implique que les Israéliens annexent toutes les terres qu’ils veulent annexer et que la résistance palestinienne capitule sans condition face à l’arbitraire israélien. Aucune des "concessions" israéliennes n’est jamais définitive. Toutes peuvent être annulées à n’importe quel moment et sous n’importe quel prétexte. En réalité, le gouvernement israélien ne veut pas la paix. Il veut la terre des Palestiniens avec la paix en prime.

On ne voit guère ce que Mahmoud Abbas pourrait bien négocier avec Israël, s’il est systématiquement désavoué par le gouvernement du Hamas. Il ne parlerait qu’en son nom personnel. De la part des Israéliens, il serait absurde de négocier avec Mahmoud Abbas, alors qu’ils refusent de reconnaître son gouvernement. La position de Mahmoud Abbas est sapée des deux côtés.

Frank BRUNNER

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