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Reuters, 20 février 2006

Côte d’Ivoire : Les rebelles sont peu enclins à désarmer


Vue du camp de l’ONU, à Abidjan, le 17 février 2006

KORHOGO, Côte d’Ivoire (Reuters) - Les médiateurs étrangers font pression sur les factions armées ivoiriennes censées désarmer en prévision de l’élection présidentielle d’octobre 2006, mais les rebelles qui tiennent le nord du pays, depuis 2002, n’y semblent pas enclins.


Les médiateurs étrangers, qui tentent d’aider à la réunification du pays et de favoriser un retour à la normale, ont renouvelé, vendredi 17 février 2006, à Abidjan, leurs appels au désarmement de tous les groupes armés irréguliers. Mais ils semblent n’avoir eu que peu d’écho dans le Nord. Dans la localité nordiste de Korhogo, un centre culturel flambant neuf et les façades des bâtiments municipaux ont été récemment ripolinés en blanc, suggérant que les rebelles qui tiennent la ville ne sont pas pressés de partir.

Une patrouille française à Korhogo

Le processus de désarmement requiert que les rebelles et les soldats remettent leurs armes et restent cantonnés sur des sites précis, tandis que les 11000 casques bleus et soldats français de l’opération Licorne assureront la sécurité des opérations de vote. Ensuite, les ex-combattants de deux camps qui remplissent les critères formeront une nouvelle armée, qui se déploiera dans tout le pays, lequel retrouvera son unité territoriale. Ce plan aurait déjà dû être mis en oeuvre en 2005, mais les rebelles avaient accusé Laurent Gbagbo de se préparer à manipuler les élections et s’étaient retranchés dans leur fief du Nord. La présidence de Laurent Gbagbo en a du coup été prolongée d’un an.

Laurent Gbagbo

"Nous devons amener les Ivoiriens à comprendre que le désarmement n’est pas forcément la priorité", confie Chérif Ousmane, un chef militaire du QG rebelle de Bouaké, en visite à Korhogo pour inaugurer le nouveau centre culturel. Pour Chérif Ousmane et les autres Nordistes, il est impensable de désarmer tant que leur statut de citoyens ivoiriens n’est pas établi. "Le désarmement va passer par la résolution d’un certain nombre de problèmes qui sont pour nous cruciaux. L’identité d’un homme est très importante. Etre étranger chez soi, être un sans-papier chez soi est très grave", souligne Chérif Ousmane. "Nous pensons que le processus d’identification doit être la priorité des Ivoiriens", ajoute-t-il.

Cherif Ousmane

La question de l’"ivoirité", au nom de laquelle le leader de l’opposition, Alassane Ouattara, avait été écarté des précédentes élections présidentielles, est au coeur du conflit qui a provoqué la tentative de coup d’Etat nordiste de septembre 2002, dont a découlé la division du pays. De part et d’autre de la ligne de démarcation qui divise le pays, des milliers de Nordistes n’ont pas de papiers d’identité. Beaucoup disent que les policiers et militaires fidèles au président, Laurent Ggagbo, les leur ont confisqués lors de descentes de police ou de contrôles routiers. L’Institut national des la statistique, qui gère les élections, a annoncé qu’elle délivrerait des documents d’identités spéciaux pour les élections, afin de permettre à ces "sans-papiers" de voter. Mais il leur faudra auparavant subir une audition durant laquelle chefs tribaux et notables certifieront les origines ivoiriennes des intéressés. Les rebelles refusent donc de désarmer avant d’obtenir de nouveaux papiers.

Reuters

Alassane Dramane Ouattara

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