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Le Monde, 10 mars 2004

Le président de Guinée-Equatoriale visé par un coup d’Etat

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Malabo

En Guinée-Equatoriale, un Sud-Africain présenté comme le chef du commando a affirmé, mercredi 10 mars 2004, à la télévision nationale que les mercenaires voulaient "séquestrer" le président Teodoro Obiang Nguema et le contraindre à l’exil en Espagne.

Les 67 mercenaires présumés, arrêtés dimanche 7 mars 2004 à Harare (Zimbabwe), devaient rejoindre d’autres hommes en Guinée-Equatoriale pour y fomenter un coup d’Etat avec l’aide des services secrets américains, britanniques et espagnols, a affirmé, mercredi 10 mars, le ministre zimbabwéen de l’intérieur.

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo


Le ministre, Kembo Mohadi, a affirmé à la presse que l’avion immobilisé dimanche 7 mars 2004, à Harare, avec à son bord 64 mercenaires présumés -rejoints sur place par 3 autres hommes- devait décoller dimanche soir pour Malabo, capitale de la Guinée-Equatoriale, où il était attendu lundi matin 8 mars.

"A l’atterrissage, le groupe devait être rejoint par des complices déjà à Malabo afin d’organiser un coup d’Etat pour renverser le président [Teodoro] Obiang Nguema", a déclaré M. Mohadi, en précisant que ces informations avaient été fournies par l’un des hommes arrêtés à Harare, Simon Mann.

Guinée-Equatoriale

Les 67 mercenaires présumés, arrêtés dimanche 7 mars 2004, devaient rejoindre d’autres hommes en Guinée-Equatoriale pour y fomenter un coup d’Etat avec l’aide des services secrets américains, britanniques et espagnols, a affirmé, mercredi 10 mars 2004, le ministre zimbabwéen de l’intérieur.

Selon Stan Mudenge, ministre des affaires étrangères, ces hommes encourent la "peine capitale".

Stan Mudenge

Mardi 9 mars 2004, le président Obiang avait annoncé que quinze mercenaires voulant renverser son régime avaient été arrêtés en Guinée-Equatoriale et qu’un opposant en exil à Madrid, Severo Moto, se trouvait derrière cette tentative de coup d’Etat, ce que ce dernier a démenti mercredi 10 mars.

Severo Moto Nsa

"Un terrible malentendu" ?

Selon Kembo Mohadi, Simon Mann a déclaré avoir été recruté en novembre 2003, par Severo Moto, contre la promesse de recevoir 1,8 million de dollars (1,4 million d’euros) et des droits d’exploitation pétrolière en Guinée-Equatoriale.

Plateforme pétrolière ExxonMobil Jade

M. Mann a également révélé, selon le ministre, que les "mercenaires" avaient été "aidés par le MI6 [services secrets britanniques], la CIA et les services secrets espagnols".

Kembo Mohadi

"Les services de renseignement occidentaux ont persuadé les chefs de la police et de l’armée équato-guinéens de ne pas opposer de résistance, mais de coopérer avec les putschistes", en échange de postes ministériels dans un nouveau gouvernement, a ajouté M. Mohadi.

La région aurifère de Coro

En Guinée-Equatoriale, un Sud-Africain présenté comme le chef du commando a affirmé, mercredi 10 mars 2004, à la télévision nationale, que les mercenaires voulaient "séquestrer" le président Teodoro Obiang Nguema et le contraindre à l’exil en Espagne.

"Il ne s’agissait pas d’en finir avec la vie du chef de l’Etat, mais de le séquestrer, l’emmener en Espagne et le forcer à l’exil, puis de procéder à l’immédiate installation du gouvernement en exil de Severo Moto Nsa", a déclaré un homme de type européen, présenté sous le nom de Nick du Toit.

L’homme, qui parlait en anglais et dont les propos étaient traduits en espagnol, ne montrait aucun signe visible d’appréhension ou de fatigue.

Poussière d’or de la région de Coro

A Malabo, le président Obiang Nguema a affirmé avoir parlé "avec le président sud-africain, qui nous a avertis qu’un groupe de mercenaires faisait mouvement vers la Guinée-Equatoriale".

A Pretoria, Bheki Khumalo, porte-parole du président Thabo Mbeki, a précisé que les deux présidents n’avaient pas été directement en contact mais que leurs services "avaient partagé des informations", pour s’assurer qu’il n’y aurait "aucun changement inconstitutionnel de gouvernement".

Thabo Mbeki

Toute cette affaire est un "terrible malentendu", a de son côté affirmé Charles Burrow, dirigeant de la société britannique Logo Logistics qui affirme exploiter l’avion à bord duquel se trouvaient les hommes arrêtés à Harare. Selon M. Burrow, l’avion devait convoyer les hommes -sous contrat pour différentes sociétés minières- en République démocratique du Congo, avec plusieurs arrêts, dont Harare et Bujumbura (Burundi).

Logo Logistics estime que ce que les autorités zimbabwéennes ont décrit comme du "matériel militaire" découvert dans le Boeing 727-100, immatriculé aux Etats-Unis, était en réalité des équipements de travail. Parmi ceux-ci figuraient des cisailles, des téléphones satellitaires, des radios, des couteaux et des bottes de type militaire, ainsi que des sacs de couchage.

A Luanda, le ministre des affaires étrangères angolais, Joao Bernardo de Miranda, a affirmé que son pays allait "enquêter" sur la présence d’Angolais dans le groupe arrêté à Harare. "Ce que nous savons, c’est que ces éléments appartiennent à l’ex-bataillon Buffalo, tristement connu en Angola durant les invasions sud-africaines contre notre pays dans les années 1980", a-t-il affirmé.

Avec AFP et Reuters

Joao Bernardo de Miranda

Commentaire

On mentionnera que, sous couvert de "guerre mondiale contre le terrorisme", le gouvernement des Etats-Unis est désireux d’implanter des bases militaires un peu partout en Afrique.

Il est fort possible que des mercenaires soient utilisés pour fomenter délibérément des troubles, des massacres et des coups d’Etat, dans le but de créer un "climat d’insécurité" sur le continent africain.

Ce climat d’insécurité serait ensuite invoqué afin de "prouver" aux chefs d’Etat concernés -et à l’opinion publique internationale- "la nécessité" d’accepter des bases américaines de "lutte anti-terroriste" sur leur territoire...

Même si cette hypothèse se confirmait, cela ne justifierait pas que des opposants politiques soient réprimés. Bien au contraire. Car ce serait s’engager dans une fuite en avant vers toujours plus d’arbitraire. Cet arbitraire, finalement, provoquerait et justifierait une insurrection populaire.

Il est préférable de laisser l’opposition s’exprimer, tout en expliquant à la population quel est le dessous des cartes, afin que chacun voit clair dans le jeu des provocateurs et que leurs intrigues ne parviennent qu’à les discréditer toujours davantage.

Cela coûte beaucoup moins cher qu’une politique d’oppression et l’argent ainsi économisé permet d’oeuvrer en faveur du progrès social.

Frank BRUNNER

Exportation de bois tropical

Drapeau de la Guinée-Equatoriale

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