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mardi 21 février 2017
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AFP, 11 mars 2006

Proche Orient : L’Arabie saoudite apporte son soutien politique et financier au Hamas


RYAD (AFP) - L’Arabie saoudite a assuré, samedi 11 mars 2006, qu’elle soutiendrait le Hamas politiquement et financièrement, lors d’une visite d’une délégation du mouvement palestinien à Ryad, a affirmé un de ses membres.


La délégation du Hamas est arrivée, vendredi 10 mars 2006 au soir, à Ryad, pour une visite de trois jours. Durant sa visite, la délégation sera reçue par le roi Abdallah, et s’entretiendra avec plusieurs responsables saoudiens, ont indiqué les autorités saoudiennes. Le ministre des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, a affirmé, lors d’une rencontre avec la délégation conduite par le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, que Ryad "maintient son engagement de soutenir le peuple palestinien politiquement et financièrement", a précisé Ezzat El-Richek. M. Richek, également membre du bureau politique, a salué la position de l’Arabie saoudite envers son mouvement, malgré les pressions américaines pour tenter de l’isoler sur la scène internationale. M. Richek a indiqué que les membres de la délégation avaient informé le prince Saoud Al-Fayçal, durant un entretien de deux heures, des efforts du mouvement à former "un gouvernement basé sur une coalition et une union nationales". Ils ont également souligné "la vision du Hamas pour la prochaine phase politique (...) et pour traiter avec la situation internationale". Il a en outre indiqué que la délégation n’avait pas évoqué les montants précis de l’aide. "Nous sommes totalement confiants que le royaume, ainsi que (d’autres) Etats arabes et islamiques se tiendront aux côtés du peuple palestinien", a dit M. Richek.

M. Richek s’est abstenu de préciser si les responsables saoudiens avaient appelé le Hamas, qui ne reconnaît pas Israël, à accepter un plan de paix arabe présenté par l’Arabie saoudite, au sommet de Beyrouth, en 2002. "L’initiative arabe adoptée au sommet de Beyrouth a été dédaignée par Israël. Un jour après son adoption au cours du sommet, (le Premier ministre israélien Ariel) Sharon envahissait la Cisjordanie", a souligné M. Richek. L’Etat hébreu "a rejeté ce plan (...) et a ignoré toutes les initiatives" de paix, a-t-il ajouté. Le plan de paix qui avait été proposé par Ryad offrait à Israël la paix et l’établissement de relations normales avec les pays arabes à condition que l’Etat juif se retire de tous les territoires arabes qu’il occupe depuis 1967. "Nous avons écouté les conseils et les observations de nos frères (saoudiens) et il y a une convergence de vues mutuelle", a affirmé M. Richek. La nouvelle situation créée au Proche-Orient par la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes du 25 janvier doit figurer au menu des discussions des dirigeants arabes, lors du sommet de Khartoum (28 mars-29 mars 2006), qui coïncidera avec les élections israéliennes.

Le Fatah rejette le programme de gouvernement du Hamas

RAMALLAH (AFP) - Le mouvement Fatah, du dirigeant palestinien, Mahmoud Abbas, a rejeté, samedi 11 mars 2006, le programme de gouvernement du Hamas, et s’est dit prêt à former le prochain cabinet si le groupe radical n’y parvenait pas. "Nous avons rejeté leur programme de gouvernement car il ne répond pas aux demandes du président, Mahmoud Abbas", a déclaré le chef du groupe parlementaire du Fatah, Azzam Al-Ahmad. "Les positions du Hamas sont restées telles quelles", a-t-il dit. "Le Hamas n’a pas présenté, lors des précédentes réunions, un programme qui permettrait de former un gouvernement de coalition". "Le Fatah proposera de former lui-même le prochain gouvernement ou chargera une personnalité indépendante, qui respecte le programme de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), de le faire, si le Hamas n’y parvient pas ou renonce à le faire", a ajouté M. Ahmad. Le Hamas préconise notamment la poursuite de la lutte contre Israël dans son programme dont les grandes lignes ont été diffusées sur son site internet.

Un haut responsable palestinien, proche de M. Abbas, avait affirmé, plus tôt, que le dirigeant palestinien avait rejeté le programme du Hamas. Mais le porte-parole de M. Abbas et le mouvement Hamas avaient immédiatement démenti ces informations. M. Abbas "a refusé le programme de gouvernement du Hamas qu’a présenté le Premier ministre désigné, Ismaïl Haniyeh, parce que les principaux points politiques ne sont pas clairs. Ils doivent être en accord avec (les exigences) de la communauté internationale", selon le responsable qui a requis l’anonymat. Le programme doit également "être en accord avec les engagements de l’OLP et le programme du président Abbas, qui est basé sur la paix", a-t-il souligné. Selon lui, M. Abbas a donné deux semaines au Hamas pour présenter un nouveau programme. Mais le porte-parole du dirigeant palestinien a démenti ces déclarations. "Nous démentons les informations concernant le rejet par M. Abbas du programme présenté par le Hamas", a déclaré Nabil Abou Roudeina. Le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a lui aussi contesté ces informations, indiquant que le responsable de l’Autorité palestinienne tentait de "porter atteinte" aux relations entre le Hamas et M. Abbas.

La communauté internationale exige du Hamas, qui a remporté les élections législatives du 25 janvier 2006, qu’il renonce à la violence, reconnaisse Israël et les accords passés entre l’Autorité palestinienne et l’Etat hébreu et lui demande d’accepter la tenue de négociations de paix avec Israël. Le Fatah de M. Abbas préconise la négociation avec Israël pour parvenir à un règlement de paix, alors que le Hamas, responsable de dizaines d’attentats suicide anti-israéliens, prône la lutte armée.

Avant l’annonce du rejet, par le Fatah, du programme de gouvernement du Hamas, M. Haniyeh avait réaffirmé, à Gaza, son souhait de former un gouvernement de coalition entre les forces politiques palestiniennes, insistant sur la présence du Fatah. Les consultations entre les groupes palestiniens se poursuivent, avait-il dit, assurant : "Nous voulons un partenariat politique et que chacun prenne ses entières responsabilités envers le peuple palestinien". M. Haniyeh, tête de liste du Hamas aux législatives, a été désigné, le 21 février, par M. Abbas, pour former le nouveau cabinet. Vendredi 10 mars, les deux hommes avaient repris, à Gaza, leurs discussions en vue de la formation d’un cabinet de coalition, au cours desquelles le chef du Hamas avait remis un document écrit à M. Abbas précisant les lignes de son programme. Aux termes de la loi fondamentale, M. Haniyeh dispose d’un délai de trois semaines pour former un gouvernement et éventuellement de deux semaines supplémentaires. Il devra donc achever la formation du gouvernement le 28 mars 2006 au plus tard. Le Hamas avait écrasé le Fatah aux élections, obtenant 74 des 132 sièges du Conseil législatif (parlement) contre 45 seulement pour le Fatah.

Agence France Presse

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