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AP, 17 mars 2006

Gabon : Les écologistes au secours des tortues marines


Une tortue ôlivâtre hameçonnée

LIBREVILLE (AP) - Les écologistes gabonais multiplient les efforts pour protéger les tortues marines qui migrent le long des côtes et qui sont menacées par les prédateurs, dont l’homme, le long des plages. C’est à la Pointe-Denis, une île située à 20 minutes de bateau de Libreville où des centaines de tortues migrantes viennent y pondre leurs oeufs chaque année.

Gabon


"Cependant, lors des passages des grandes vagues, des nids entiers sont mis à découvert et la survie des bébés tortues est menacée", explique James Badinga de l’association environnementale Aventures sans frontières. Selon lui, les oeufs et les tortues marines sont la cible des prédateurs tels que les mouettes, les crabes bruns, les varans, les chiens et l’homme qui raffole de la chair des tortues marines et de leurs oeufs.

Des tortues vertes

Pendant la période de ponte, qui s’étale d’octobre à mars avec un pic entre décembre et janvier, le débarquement des tortues sur les plages gabonaises est interrompu parfois par le bruit assourdissant des engins motorisés que les touristes utilisent pour se déplacer sur les plages, même la nuit. "C’est regrettable. Nous leur avons, à plusieurs reprises, notifié qu’ils effrayaient les tortues avec leurs engins et les phares qu’ils projettent en mer et sur la plage. Ils ne nous écoutent pas", déplore Clément Moukoula, membre d’Aventures sans frontières. "Les oeufs des tortues marines ne poursuivent pas leur développement s’ils sont en contact de l’eau de mer ou d’un autre corps étranger. Il faut que les oeufs soient enfouis sous un amas de sable et que la tortue femelle rencontre les conditions maximales d’incubation requises pour la couvée", explique-t-il. Généralement, les oeufs attendent 60 à 65 jours sous le sable, avant d’éclore.

Une tortue luth

Aventures sans frontières, qui milite pour la conservation des aires de ponte des tortues marines, mène des actions contre toutes sortes de prédateurs qui menacent la survie de cette espèce en voie de disparition. "A ce jour, plus de 1000 tortues marines ont été sauvées des diverses menaces qui les guettent régulièrement", note Guy Philippe Sounguet, président d’Aventures sans frontières. Certains notables de la région, dont un chef de village, ont gracieusement cédé une partie de leur terrain pour permettre à Aventures sans frontières de s’installer en permanence et de poursuivre son action, en particulier ses patrouilles nocturnes contre le braconnage.

Une tortue luth en train de pondre

En attendant que les autorités promulguent une loi pour mettre fin à tous ces facteurs de destruction et que les écoliers et la population soient sensibilisés sur l’importance de la sauvegarde des ressources naturelles, certaines ONG multiplient leurs efforts pour protéger les tortues et les autres espèces en voie de disparition. Ces efforts incluent l’organisation d’ateliers régionaux de formation des techniques de manipulation des tortues marines qui se tiennent périodiquement à Libreville où une structure dénommée Programme régional de tortues marines d’Afrique centrale (PROTOMAC) a été créée en décembre 1997.

Une tortue en train de pondre

Aventures sans frontières a réussi à collecter des données sur les différentes espèces de tortues des plages gabonaises. L’association évalue le cheptel reproducteur des plages de Pongara à près de 250 individus sur une distance de cinq kilomètres. A Mayumba, où l’on dénombre les plus belles plages du Gabon, Aventures sans frontières y a recensé une moyenne de 300 tortues sur environ 15 km de plage et dont la population est estimée à 2500 individus. "Les difficultés logistiques et l’insuffisance des fonds n’ont pas permis de maintenir une équipe permanente sur les sites menacés ni de développer d’autres activités de surveillance des côtes", déplore M. Sounguet.

Eclosion d’un bébé tortue luth

La tortue luth présente au Gabon est la plus grosse tortue marine au monde et se rencontre souvent en haute mer, au large des côtes gabonaises. Elle peut peser jusqu’à 680 kilos, soit le poids moyen de huit hommes et mesurer près de deux mètres de long, explique Paul Posso, biologiste gabonais. Le Gabon héberge le long de ses 850 km de côtes cinq des huit espèces mondiales de tortues marines : la tortue caouanne, la tortue verte, la tortue luth, la tortue caret et la tortue olivâtre.

Associated Press

Une tortue caouanne

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