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Le Monde, 29 mars 2006

Proche Orient : Mahmoud Abbas rejette "catégoriquement" la séparation unilatérale prônée par Ehud Olmert


Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’est déclaré "prêt", mercredi 29 mars 2006, "à négocier avec les Israéliens s’ils le veulent, sur la base de la légitimité internationale". Au lendemain de la victoire aux législatives du parti centriste Kadima, dirigé par le premier ministre par intérim, Ehoud Olmert, il a espéré que le futur gouvernement "croira aux négociations et à la "feuille de route" et non pas aux solutions unilatérales, car nous les rejetons catégoriquement".


"Les résultats des élections israéliennes ne changeront rien si Ehoud Olmert ne renonce pas à son plan de tracer la frontière israélienne d’une manière unilatérale", avait déclaré Mahmoud Abbas, plus tôt, en marge du sommet arabe à Khartoum (Soudan). Les participants au sommet avaient également annoncé leur "rejet" du plan israélien de séparation unilatérale, sans apporter plus de précisions.

De leur côté, des dirigeants du Hamas avaient annoncé, dès mardi 28 mars, leur opposition à une fixation unilatérale des frontières. Le chef en exil du mouvement palestinien Hamas, Khaled Mechaal, a estimé, dans une interview publiée, mercredi 29 mars 2006, par Le Figaro, que "le prix à payer pour la paix est le retrait complet des territoires" palestiniens par Israël. "Si Israël évacue la Cisjordanie et Jérusalem-Est, reconnaît le droit au retour des réfugiés et démantèle le nouveau mur, je peux vous garantir que le Hamas, et derrière lui l’ensemble des Palestiniens, seront prêts à des pas sérieux, fondés sur la justice et l’équité, en vue d’une paix permanente avec les Israéliens. Malheureusement, nous n’avons rien vu de tel jusqu’à présent", a expliqué le responsable palestinien.

Même étriquée, la victoire du parti centriste Kadima aux élections législatives du 28 mars 2006 donne le feu vert à son leader, Ehoud Olmert, pour mener à bien le projet lancé par son prédécesseur, Ariel Sharon : fixer les frontières définitives de l’Etat hébreu. Dans son discours de victoire devant ses partisans à Jérusalem, le premier ministre par intérim, pressenti pour former le prochain gouvernement, a une nouvelle fois martelé le thème central de sa campagne : la séparation d’avec les Palestiniens, une délimitation des frontières qui risque d’être "unilatérale" faute d’interlocuteurs, et le retrait israélien de certaines colonies de la Cisjordanie. "Je suis prêt à renoncer au rêve d’un Grand Israël. Nous sommes prêts à évacuer des juifs qui vivent dans des implantations pour vous permettre de réaliser votre rêve d’avoir un Etat", a dit M. Olmert. "Mais vous devez renoncer à votre rêve de destruction", a-t-il ajouté dans un appel direct aux dirigeants palestiniens.

Le Canada a annoncé, mercredi 29 mars 2006 au soir, qu’il suspendait son aide à l’Autorité palestinienne et qu’il n’aurait aucun contact avec le gouvernement du Hamas. Le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, a expliqué, dans un communiqué, que cette décision était liée au fait que le programme présenté "ne répond pas aux préoccupations (...) sur la nécessité de respecter le principe de la non-violence, de reconnaître Israël et de souscrire aux ententes et obligations antérieures, y compris la "feuille de route" pour la paix". Il a précisé que le Canada continuerait "d’apporter un soutien au peuple palestinien et de répondre à ses besoins humanitaires" et poursuivrait aussi "sa collaboration avec les Palestiniens modérés". Le montant de ces différentes aides n’a pas été communiqué.

Avec AFP

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source