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jeudi 23 mars 2017
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Reuters, 4 avril 2006

Proche Orient : L’autorité palestinienne est au bord de la faillite


JERUSALEM (Reuters) - Une semaine après son investiture, le gouvernement mis sur pied par le mouvement islamiste Hamas s’est enfoncé un peu plus dans la crise financière et pourrait se trouver paralysé dès le mois de mai 2006, apprend-on de sources diplomatiques occidentales et auprès de responsables palestiniens.


Le nouvel exécutif doit encore s’assurer que les promesses de certains donateurs, nécessaires au paiement des 140000 fonctionnaires de l’Autorité autonome pour le mois de mars 2006, seront bien honorées, a déclaré un membre du nouvel exécutif.

Diplomates occidentaux et autorités israéliennes indiquent qui plus est que l’Autorité, confrontée à la campagne d’isolement menée notamment par Washington à l’encontre du Hamas, ne semble pas disposer d’avoirs à l’étranger pour payer les salaires d’avril 2006. L’une des rares options possibles, a-t-on appris de source palestinienne, consisterait à puiser dans un fonds destiné à la lutte contre la corruption au sein de l’administration. Le Fonds d’investissement de la Palestine, dont les services de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité, ont pris le contrôle après le triomphe électoral du Hamas, en janvier 2006, était estimé fin 2005 à 1,3 milliards de dollars. Il serait plus proche aujourd’hui du milliard et une petite partie seulement -entre 200 et 400 millions- pourrait permettre de couvrir les salaires de la fonction publique pendant un mois et demi à trois mois. "En fait, c’est le fonds du tonneau", a reconnu un responsable palestinien ayant requis l’anonymat.

Les problèmes financiers de l’Autorité autonome ne datent pas de la victoire électorale du Hamas. Lorsqu’ils ont pris leurs fonctions, la semaine dernière, les ministres issus du Mouvement de la résistance islamique ont hérité d’un déficit de près de 80 millions de dollars pour le seul mois de mars 2006. Quelques jours avant la passation de pouvoirs, 26 millions de dollars alloués à l’Autorité palestinienne par les Emirats arabes unis ont en outre été saisis par l’Arab Bank, basée à Amman, pour couvrir de précédents emprunts, précise-t-on de sources diplomatiques. Le versement de dix millions de dollars promis par la Russie a par ailleurs été reporté. Dernier revers en date, la banque Hapoalim, premier établissement israélien, a annoncé, mardi 4 avril 2006, la rupture des derniers liens bancaires entre les autorités israéliennes et l’administration palestinienne.

Cette crise financière est due en grande partie à la décision israélienne de suspendre le reversement des taxes et autres droits de douanes perçus au nom de l’Autorité palestinienne. On ignore encore de combien sera amputée l’aide internationale, qui se monte à plus de un milliard de dollars par an, du fait de l’arrivée du Hamas aux affaires.

Reuters

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source