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lundi 21 avril 2014
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© SDA-ATS News Service, 13 mars 2004

Guantanamo : un autre des ex-détenus britanniques dénonce des abus

Suivi d’un commentaire


LONDRES - Un ex-détenu britannique du camp américain de Guantanamo (Cuba) a dénoncé, vendredi 12 mars 2004, le traitement "horrible" qu’il affirme avoir subi pendant ses deux ans de détention. Il l’a fait après le témoignage similaire d’un autre des cinq ex-prisonniers rapatriés.


Tarek Dergoul, 26 ans, arrêté dans le cadre de la loi antiterroriste à son arrivée sur le territoire britannique mais relâché dès mercredi 10 mars 2004, sans aucune charge retenue contre lui, a condamné, dans un communiqué, "les flagrantes violations des droits de l’Homme" commises par les gouvernements américain et britannique.

"Tarek Dergoul a commencé à tenter de faire à sa famille et son avocate Louise Christian un récit des choses horribles qui lui sont arrivées pendant sa détention à Bagram, Kandahar (Afghanistan) et Guantanamo Bay", selon le communiqué transmis par son avocate.

Le témoignage de Tarek Dergoul fait état de "mauvais traitements médicaux, des interrogatoires sous la menace d’une arme, de violences et de conditions (de détention) inhumaines", selon le communiqué. "Tarek Dergoul condamne les gouvernements américain et britannique pour ces violations flagrantes des droits de l’Homme et demande une remise en liberté des autres détenus de Guantanamo Bay".

Sa famille "pense que sa senté mentale a été sévèrement affectée par le traumatisme qu’il a subi" et demande aux médias de ne pas essayer de le contacter. Un autre ex-détenu, Jamal al-Harith, 37 ans, a affirmé, dans une interview publiée vendredi par le "Daily Mirror", avoir été victime de brutalités systématiques et de traitements dégradants durant ses deux années de détention.

© SDA-ATS News Service

Commentaire

Il semble que la tactique utilisée par les Américains, dans le cadre de leur "guerre mondiale contre le terrorisme", puisse se résumer ainsi :

1) On considère comme "suspect" quiconque s’oppose à la politique des Etats-Unis ou exprime de la sympathie à l’égard de quiconque s’oppose à la politique des Etats-Unis.

2) Le "suspect" est censé "prouver" son innocence. Ses accusateurs tiennent pour acquis qu’il est de toute façon coupable de quelque chose. Sa culpabilité présumée est censée "justifier" a priori la détention, même si on ne dispose d’aucune charge valable "pour l’instant"...

3) Afin de "prouver" son innocence, le suspect est censé répondre à toutes les questions qu’on décide de lui poser. Non seulement les questions relatives à tel événement précis, mais n’importe quelle question. Quelles sont ses fréquentations ? Pourquoi fréquente-t-il Untel ? Que sait-il d’Untel ?

4) Tout refus de répondre à une question est présenté comme "une attitude obstructionniste" par rapport à "l’enquête" et tient lieu d’"indice de culpabilité"...

Parallèlement, on viole sans vergogne la sphère privée du "suspect". On copie le contenu du carnet d’adresses, on place le "suspect" sur écoute, etc...

5) Comme ces méthodes se traduisent par une collecte de "renseignements" intarissable, il faut interroger les "suspects" à propos des montagnes de renseignements obtenus. Ces interrogatoires jamais achevés sont censés "justifier" qu’on garde les suspects "sous la main", en détention, indéfiniment.

"L’argument-massue" de ce "raisonnement" consiste à dire que, si on respectait les droits fondamentaux des "terroristes", on leur permettrait de se servir des valeurs de la démocratie pour détruire la démocratie. En d’autres termes, les gouvernements sont censés corrompre la démocratie afin d’éviter que ses valeurs puissent être utilisées par ses ennemis...

Ce qui sous-tend cette méthode, c’est le mépris le plus complet à l’égard des droits fondamentaux d’autrui. C’est une attitude mentale revenant à dire que le gouvernement des Etats-Unis a tous les droits, et que quiconque s’oppose à lui ne saurait exiger le respect d’un droit quelconque.

Il semble que les Américains manifestent une sorte de "complexe de Tarzan" : le type tellement imbu de sa "supériorité" qu’il tient pour acquis que nous ne pouvons que nous prosterner sur son passage, nous autres "primitifs" qui ignorons combien on met de cornichons dans un hamburger au ketchup...

Les Américains s’attendent tout naturellement à pouvoir jouer les dictateurs. En fait, de leur point de vue, l’idéal est que les autres peuples renoncent "spontanément" à leurs droits et qu’ils se soumettent "librement" à la dictature des Etats-Unis, en sorte que les politiciens américains puissent continuer de pérorer à propos de "la liberté"...

Et ils s’étonnent des résistances.

Frank BRUNNER

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