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vendredi 18 août 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Iran (1ère partie) : Du 12 janvier 2004 au 23 juin 2004
AFP, 13 mars 2004

Iran : L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) parvient à un compromis sur un texte


Vue de Teheran

TEHERAN (AFP) - L’Iran s’est crispé en voyant les Américains et les Européens s’accorder à ses dépens à Vienne, les plus conservateurs trouvant même, samedi 13 mars 2004, dans cette entente, la justification d’une rupture de la coopération nucléaire avec la communauté internationale.


Pour certains diplomates auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui épluche depuis lundi 8 mars 2004 le dossier iranien dans la capitale autrichienne, la décision de la République islamique de repousser jusqu’à fin avril 2004 une nouvelle inspection de ses installations ne peut s’expliquer par le seul calendrier.

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Vienne

Le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, où se négocie âprement le texte d’une résolution évaluant la collaboration de Téhéran, a assuré que le report de cette mission prévue cette semaine était dû à "l’approche du Nouvel An" iranien, le 20 mars 2004.

Coïncidence malheureuse ou manoeuvre tactique ? A Vienne, on s’étonnait à la fois que le pays soit à ce point paralysé pendant "Neurouz" et que cela n’avait pas été pris en compte quand avait été convenu l’agenda des visites. Aussi la tentation était-elle grande à l’AIEA de voir là un avertissement, à l’issue d’une semaine où ils n’ont pas manqué.

Le ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi s’est fâché, mercredi 10 mars 2004, en signifiant que la coopération douloureusement accouchée avec l’AIEA fin 2003 "ne continuera pas si l’une des parties ne respecte pas ses engagements". Il a brandi le spectre d’une reprise par l’Iran de ses activités d’enrichissement de l’uranium, préoccupation majeure des occidentaux.

Kamal Kharazi

La veille, mardi 9 mars 2004, Américains et Européens s’étaient entendus sur un projet de résolution à soumettre au conseil des gouverneurs, l’exécutif de l’AIEA. La fermeté du texte en a surpris plus d’un en Iran, dont les officiels avaient fixé pour objectif, avant la réunion de l’AIEA, la fermeture du dossier iranien.

Deux jours plus tôt, c’était le directeur général de l’AIEA, Mohamed El Baradei, qui avait eu des mots durs pour l’Iran.

Mohamed El Baradei

Or les Iraniens misaient ouvertement sur les Européens pour contrer les Américains, et non pas seulement pour s’opposer à eux contre une saisine du Conseil de sécurité des Nations unies. Ainsi le représentant iranien à l’AIEA, Pirooz Hosseini, s’est dit "déçu" par ces Européens qui étaient venus, en octobre 2003, à Téhéran arracher les garanties réclamées depuis plusieurs mois par la communauté internationale : acceptation d’un contrôle renforcé des activités nucléaires, suspension de l’enrichissement, coopération et transparence complètes avec l’AIEA, éclaircissement des activités passées. Pour Téhéran, la déclaration écrite en octobre 2003 lie tout autant les Européens que les Iraniens.

Pirooz Hosseini

"Il n’y avait dans cette déclaration aucun engagement de la part des Européens, et surtout pas à servir les intérêts iraniens à l’AIEA", dit un diplomate sous couvert de l’anonymat, "la non-prolifération reste l’un des volets du dialogue Iran-UE, ce n’est pas donnant-donnant". Or les dernières semaines ont "laissé des questions sans réponse, voire en ont soulevé de nouvelles, pour que le dossier iranien ne soit pas refermé", a-t-il ajouté.

Iran

Pour les plus conservateurs, les Iraniens ont été trompés par les Européens qui ont fait cause commune avec "l’ennemi" américain.

Dans une offensive en règle, quatre quotidiens conservateurs ont renoué, samedi 13 mars 2004, avec le discours de fin 2003, quand l’Iran balançait entre rupture et coopération. L’alliance américano-européenne "aura pour effet que nous nous retirerons du Traité de non-prolifération", écrit Siassat-é Rouz. Le dernier rapport de l’AIEA sur l’Iran "n’était qu’un tissu de mensonges invraisemblables et poursuivre la coopération dans ces conditions ne répond à aucune logique", insiste-t-il.

Les derniers développements montrent "la justesse des exhortations de l’imam Khomeiny à la résistance", abonde Jomhouri Eslami. Hamshari a dénoncé le "double jeu" européen : la coopération avec l’AIEA "n’a rien apporté de bon à la République islamique, peut-être avons-nous là la chance de revenir sur notre politique".

Agence France-Presse

Minaret à Teheran

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) parvient à un compromis sur un texte condamnant l’Iran

VIENNE (AFP) - L’AIEA est parvenue, samedi 13 mars 2004, à un texte de compromis sur une résolution appuyée par les Etats-Unis condamnant l’Iran pour avoir caché certaines de ses activités nucléaires, ont annoncé des diplomates à Vienne.

Le château de Schoenbrunn, à Vienne

"Nous avons un consensus", a déclaré un diplomate occidental à propos du texte qui doit encore être formellement approuvé par le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), réuni depuis lundi 8 mars 2004 dans la capitale autrichienne.

Américains, Européens et Non-alignés étaient engagés depuis plusieurs jours dans d’intenses négociations concernant un projet de résolution sur la nature, civile ou militaire, du programme nucléaire du régime islamique.

Américains et Européens -France, Allemagne et Grande-Bretagne- souhaitaient que le texte condamne Téhéran pour avoir tenté de dissimuler une partie de ses activités nucléaires, tandis que les 13 pays du Mouvement des non-alignés (MNA), conduits par la Malaisie, voulaient y voir reconnus les efforts iraniens de coopération avec l’agence de sûreté nucléaire des Nations Unies.

Le texte du compromis fait état de la "grande préoccupation" de l’AIEA sur les manquements iraniens. Mais il stipule que le conseil "décide de reporter à sa session de juin 2004, et après avoir reçu un rapport" des inspecteurs de l’agence, sa décision "sur la manière de répondre" aux omissions de Téhéran sur ses activités nucléaires.

Cette formulation laisse la porte ouverte à une éventuelle saisine du conseil de sécurité des Nations Unies, seul habilité à prendre des sanctions internationales, notent les observateurs.

L’Iran continuera sa coopération avec l’AIEA "quelle que soit" la résolution qui sera adoptée, a affirmé son représentant à l’Agence onusienne Pirooz Hosseini, dès l’annonce du compromis. "Nous allons continuer notre coopération avec l’Agence conformément aux obligations qui sont les notres sous le régime du Traité non-prolifération nucléaire, quelle que soit la nature de la résolution" devant être adoptée, a déclaré M. Hosseini.

Pirooz Hosseini

Vendredi 12 mars 2004, l’Iran avait repoussé, "en raison de l’approche du Nouvel An iranien", jusqu’à la fin avril, une mission d’inspection de l’AIEA qui devait arriver cette semaine en république islamique. M. Hosseini avait assuré que cette décision n’avait pas de motivation politique.

Selon un diplomate proche de l’agence, le report annoncé par Téhéran donnait toutefois "un tas de munitions" aux Etats-Unis, qui accusent l’Iran de mettre au point l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi, avait menacé récemment de rompre toute collaboration avec l’AIEA si celle-ci continuait à être "influencée par les Américains".

Agence France-Presse

Agence internationale de l’énergie atomique

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