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mardi 27 juin 2017
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Reuters, 15 avril 2006

Proche Orient : Les Arabes exhortent le Hamas d’adopter leur initiative de paix

Suivi d’un commentaire


LE CAIRE (Reuters) - Les pays de la Ligue arabe ont exhorté l’Autorité palestinienne, dominée par le Hamas, à accepter une initiative arabe proposant la paix à Israël en échange de terres occupées depuis 1967. Toutefois, le ministre palestinien des Affaires étrangères Mahmoud Zahar, en mission pour obtenir d’urgence des moyens financiers, ne s’est engagé d’aucune façon sur cette initiative qui s’oppose à l’objectif déclaré du Hamas -un Etat musulman unique dans l’ensemble de la Palestine historique.


Lors d’une conférence de presse, au siège de la Ligue arabe, au Caire, Mahmoud Zahar a déclaré qu’il comptait sur les Etats arabes pour fournir les fonds nécessaires à l’Autorité, privée de l’aide occidentale et en particulier européenne, parce qu’elle refuse de reconnaître le droit d’Israël à l’existence. Il a longuement rencontré des représentants de gouvernements arabes et le secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa. Une grande partie des entretiens a porté sur l’initiative arabe, lancée en 2002 et rejetée par Israël. "Toutes les interventions (des diplomates arabes) avaient trait à l’initiative arabe et à son importance pour la position arabe ainsi que pour le peuple palestinien", a dit Mahmoud Zahar devant la presse au côté d’Amr Moussa. "Nous transmettrons ce qu’on nous a dit à tous les décideurs palestiniens (...) de façon à pouvoir exposer une vision claire de cette initiative."

Mahmoud Zahar a cependant dit douter que l’initiative rende possible un règlement rapide du conflit israélo-palestinien : "Y aurait-il une issue, si le monde entier acceptait l’initiative arabe ? (Le défunt président palestinien) Yasser Arafat y a souscrit précédemment, et on connaît le résultat", a-t-il dit. "Tout le problème réside chez l’autre partie, la partie israélienne, qui ne respecte rien de ce que proposent le monde, les Arabes ou qui que ce soit d’autre."

Concernant la crise financière devant laquelle se trouve le gouvernement palestinien, il a dit que les gouvernements arabes l’avaient assuré de leur soutien. Dans un communiqué, la Ligue arabe a appelé les donateurs arabes à effectuer des virements en faveur des Palestiniens sur des comptes gérés par la Misr International Bank (MIBank) et par la Banque du Caire. La banque française Société générale détient une part de contrôle du capital de la MIBank.

Reuters

Commentaire

Mahmoud Zahar a raison, quand il dit qu’Israël ne souscrira pas au plan de paix arabe, puisque cela impliquerait le retour aux frontières de 1967. Le gouvernement israélien est déterminé à conserver l’essentiel de ses annexions, sous n’importe quel prétexte. Ce sont des terres volées aux Palestiniens dont la valeur s’accroît puisqu’on y construit des ensembles résidentiels. On peut être certain que de nombreuses fortunes israéliennes se sont faites en dépouillant les Palestiniens.

A supposer que le Hamas reconnaisse Israël et adopte le plan de paix arabe, on peut parier que le gouvernement israélien, entre deux crimes, se donnera des airs vertueux sur le thème "Nous ne négocions pas avec des terroristes". C’est-à-dire que toutes les concessions que pourrait faire le Hamas seront parfaitement vaines. En d’autres termes, si le Hamas veut faire plaisir aux dirigeants arabes, il peut adopter leur plan de paix en sachant par avance que celui-ci n’aura aucune suite concrète.

Frank BRUNNER

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