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lundi 22 mai 2017
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AFP, 26 avril 2006

Proche Orient : Le gouvernement israélien veut annexer 58 % de la Cisjordanie

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OSLO (AFP) - Le dirigeant palestinien, Mahmoud Abbas, a appelé, mercredi 26 avril 2006, d’Oslo, à l’organisation "immédiate" d’une conférence internationale pour un règlement du conflit israélo-palestinien, affirmant que les mesures israéliennes anéantissaient toute chance de voir un Etat palestinien.


"Pour trouver une solution au conflit, les parties ne doivent pas être laissées seules en raison du déséquilibre qui existe entre occupant et occupé", a déclaré le président de l’Autorité palestinienne dans une allocution à l’Institut Nobel. "Il faut convoquer immédiatement une conférence internationale pour permettre l’organisation de négociations directes sur la base des résolutions internationales et des accords signés. La communauté internationale, représentée par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU) ou tout autre cadre, jouera à la fois le rôle de médiateur et d’arbitre", a-t-il ajouté. M. Abbas, à Oslo dans le cadre d’une tournée qui l’a déjà conduit en Turquie, a exhorté la communauté internationale à "agir rapidement" en vue d’obtenir un règlement négocié du conflit et d’empêcher la mise en oeuvre d’une solution israélienne unilatérale envisagée par le Premier ministre en exercice, Ehud Olmert.

"La communauté internationale doit agir rapidement car les mesures unilatérales par lesquelles Israël tente d’imposer sa vision expansionniste en érigeant le mur de séparation raciste, en judaïsant Jérusalem et en confisquant les terres palestiniennes conduira à une annexion de facto par Israël de 58% de la superficie de la Cisjordanie", a dit le dirigeant palestinien. Il a aussi affirmé qu’Israël cherchait également par ses mesures unilatérales à "mettre la main sur la nappe phréatique palestinienne et transformer nos terres en cantons isolés". "Cela anéantira toute chance d’établir un Etat palestinien viable", a averti le président de l’Autorité palestinienne. M. Abbas se référait au plan dit de "regroupement" que M. Olmert veut appliquer et qui prévoit le démantèlement de certaines implantations en Cisjordanie et l’annexion par Israël des principaux blocs de colonies juives en Cisjordanie.

Le dirigeant palestinien a affirmé avoir les mains libres pour négocier avec les Israéliens, en dépit de la victoire du mouvement Hamas aux élections législatives, en janvier 2006. "En tant que président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), unique représentant légitime du peuple palestinien, et en tant que président élu de l’Autorité palestinienne, je suis entièrement prêt à commencer immédiatement des négociations avec le gouvernement israélien", a-t-il dit. "Je tiens à préciser que les élections législatives qui ont porté le Hamas au gouvernement ne constituent pas un obstacle aux négociations, car celles-ci font partie des prérogatives de l’OLP qui a signé tous les accords passés avec Israël", a-t-il ajouté.

M. Abbas a notamment rappelé les accords d’Oslo de 1993, dont il est l’un des principaux architectes, et qui avaient valu à son prédécesseur, Yasser Arafat, et aux dirigeants israéliens, Yitzhak Rabin et Shimon Peres, le prix Nobel de la paix, en 1994. Le prix leur avait été attribué dans la même salle où M. Abbas a lu son allocution. Aux termes des ces accords, un régime d’autonomie a été instauré par étapes dans les territoires palestiniens occupés. Les négociations sur le statut final de ces territoires n’ont pas abouti.

M. Abbas, qui doit s’entretenir avec le Premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, a en outre appelé la communauté internationale, notamment l’Europe, à reprendre l’aide financière aux Palestiniens, suspendue après l’entrée en fonctions du gouvernement Hamas en mars. "Nous exhortons la communauté internationale, notamment les pays de l’Europe, à continuer à nous aider financièrement et moralement pour nous permettre de réaliser nos aspirations à établir la paix dans la région", a-t-il dit. Après Oslo, M. Abbas se rendra à Helsinki, puis à Paris.

Agence France Presse

Commentaire

En affirmant que l’OLP serait l’unique représentant légitime des Palestiniens, Mahmoud Abbas prétend implicitement que le gouvernement du Hamas, pourtant élu par la majorité des électeurs, n’aurait pas de représentativité légitime. C’est-à-dire que Mahmoud Abbas affecte de considérer que le vote des électeurs palestiniens est sans importance et qu’il n’y a pas lieu d’en respecter le résultat. De surcroît, Mahmoud Abbas prétend placer l’OLP, qui est une organisation politique, au-dessus de l’autorité du gouvernement élu.

Frank BRUNNER

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