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Reuters, 27 avril 2006

Proche Orient : Israël confirme son refus de négocier avec le Hamas

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RAMALLAH, Cisjordanie (Reuters) - Le gouvernement palestinien envisage d’assouplir sa position vis-à-vis d’Israël, pour sortir de l’isolement diplomatique, mais exigerait en retour des concessions de la part de l’Etat juif et de la communauté internationale, apprend-on auprès de responsables du Hamas. Ses hypothèses de travail : une initiative de paix arabe datant de 2002, les résolutions de l’Onu sur le conflit israélo-palestinien et le programme national de l’Organisation de libération de la Palestine. Elles impliquent toutes la reconnaissance d’Israël.


Selon un expert du Hamas, le politologue Bassem Izbidi, un adoucissement de sa position ne serait pas le reflet d’un changement profond de son idéologie, mais un simple geste tactique. Il viserait au rétablissement de l’aide financière occidentale à l’Autorité palestinienne et à un rapprochement avec le président, Mahmoud Abbas, auquel il s’oppose sur la qualification des pouvoirs du gouvernement.

Le vice-Premier ministre palestinien, Nasser Chaer, un responsable influent du Hamas qui est en outre proche du chef du gouvernement, Ismaïl Haniyeh, a indiqué à Reuters que plusieurs idées étaient envisagées et seraient soumises à discussions au cours des prochains jours. "Aucune décision n’a encore été prise", a souligné Nasser Chaer. "Il est évident que la communauté internationale souhaite que ce gouvernement paie un certain prix politique ou adopte une certaine position. Quelle est-elle ? Dans quelle mesure peut-on s’y conformer ?" Même son de cloche chez le ministre des Affaires religieuses, Nayef Radjoub. "Nous étudions et nous soupesons toutes sortes de propositions (...) mais cela ne signifie pas que nous ayons accepté quoi que ce soit pour le moment", dit-il. "Nous voulons surmonter cette crise, mais pas pour rien. Nous demandons des signaux clairs de la part d’Israël et de la communauté internationale prouvant qu’ils sont vraiment déterminés à mettre fin à la crise et acceptent de reconnaître les droits du peuple palestinien", a déclaré Nasser Chaer. S’adressant, jeudi 27 avril 2006, à Gaza, à 1500 enseignants, Ismail Haniyeh a réaffirmé sa détermination à ne pas faire de concessions.

Des Etats arabes ont exhorté le gouvernement palestinien à entériner l’initiative de paix proposant la paix à Israël, en échange des territoires annexés pendant la guerre israélo-arabe de 1967. Le Hamas, qui est voué à la destruction d’Israël, a jusqu’ici rejeté les exigences des pays occidentaux lui intimant de renoncer à la lutte armée et de reconnaître l’Etat juif. Il a proposé en revanche une trêve à long terme en échange du retrait d’Israël des territoires pris en 1967 et de la reconnaissance du droit au retour, sur le territoire actuel d’Israël, des réfugiés palestiniens. Israël rejette cette base de négociation.

Israël a suspendu ses relations avec l’Autorité palestinienne et juré de ne pas négocier avec le Hamas. Il a qualifié de "gymnastique verbale" les allusions du mouvement islamiste à un éventuel assouplissement de sa position. "Par le passé, ils ont laissé entendre que c’était possible, mais cela n’a pas été suivi de faits (...). Nous n’avons que faire de leur double langage", a déclaré le ministre israélien des Affaires étrangères, Mark Regev.

Le gouvernement palestinien est sous pression, particulièrement sur le front économique, le ministre des Finances évoquant une banqueroute imminente, alors que 165000 fonctionnaires attendent leur salaire depuis un mois. Des pays musulmans ont bien promis une aide financière, mais des responsables palestiniens ont souligné que les banques, effrayées par les menaces de sanctions américaines, rechignaient à virer de l’argent à l’Autorité palestinienne.

Au sein du gouvernement palestinien, des conseillers estiment que si ce dernier ne parvient pas à payer les fonctionnaires d’ici deux mois et que cela entraîne des troubles au sein de la population, Mahmoud Abbas demandera aux ministres de démissionner et formera une équipe composée de technocrates n’appartenant ni au Hamas ni au Fatah. Mais Nasser Chaer exclut toute démission. "La population ne se retournera pas contre le gouvernement palestinien. Si les gens descendent dans la rue, nous les y rejoindrons", promet-il.

Reuters

Commentaire

La politique des gouvernements occidentaux au Proche Orient est à la fois absurde et intellectuellement malhonnête, puisqu’ils ne cessent d’exiger que le Hamas négocie avec Israël, alors même qu’Israël refuse de négocier avec le Hamas. Ce caractère absurde et intellectuellement malhonnête se retrouve dans l’attitude de Mahmoud Abbas, lequel se comporte comme une marionnette des Israéliens et de leurs alliés occidentaux.

Frank BRUNNER

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source