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dimanche 26 février 2017
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AFP, 30 avril 2006

Proche Orient : Le gouvernement israélien décide d’accélérer sa politique d’annexions de terres palestiniennes


Le cabinet israélien a décidé, dimanche 30 avril 2006, d’accélérer la construction de la barrière de séparation controversée en Cisjordanie et d’en modifier légèrement le tracé, selon une source officielle.


M. Olmert avait ordonné, mercredi 26 avril, de "colmater immédiatement toutes les brèches" dans le secteur de Jérusalem avec une clôture provisoire. Selon les autorités, le dernier attentat suicide en Israël (9 morts à Tel Aviv, le 17 avril 2006) a été perpétré par un kamikaze qui s’y est infiltré par une brèche de la clôture dans le secteur de Jérusalem. "Il va falloir avancer au plus vite. Les décisions qui seront prises permettront de compléter au plus vite la barrière de sécurité pour mieux faire échec à des tentatives d’attentat", a déclaré le Premier ministre, Ehud Olmert, à l’ouverture du Conseil des ministres. Le gouvernement a approuvé un nouveau tracé de ce "mur" pour ne pas englober plusieurs villages palestiniens dans le secteur du bloc des colonies d’Ariel, dans le nord de la Cisjordanie, et près de Jérusalem-est.

Présentée par Israël comme une "clôture anti-terroriste", la barrière doit s’étendre à terme sur plus de 650 km. Les Palestiniens la qualifient de "mur de l’apartheid" du fait qu’elle s’enfonce en Cisjordanie, ce qui rend problématique la création d’un Etat palestinien jouissant d’une continuité territoriale. Les travaux devaient s’achever fin 2005, mais plusieurs dizaines de recours présentés à la Cour suprême par des Palestiniens lésés par le tracé du "mur" ont retardé sa construction sur une centaine de kilomètres, notamment dans le secteur de Jérusalem-est, occupé et annexé par Israël. Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), les trois quarts de la barrière prévue se trouvent en Cisjordanie alors que 145 km seulement suivent la "ligne verte" qui séparait jusqu’en 1967 Israël du royaume hachémite. Cette barrière est composée de barbelés, fossés, routes, clôtures électroniques et de murs de bétons dont certains atteignent neuf mètres de haut. Conçu sous le gouvernement d’Ariel Sharon, il s’agit d’un des projets les plus coûteux réalisé par Israël. Son montant est estimé à 3,2 milliards de dollars.

Les responsables palestiniens soulignent les graves dommages causés à la population palestinienne par cet ouvrage et accusent Israël d’enclaver les Palestiniens par ce biais dans une série de bantoustans. En effet, selon l’OCHA, la construction de cet ouvrage et l’établissement d’une "zone tampon" devraient priver les Palestiniens de 6289 hectares. En outre, quand le mur sera construit, plus de 40000 Palestiniens vivant dans plus de trente villages se trouveront retranchés de la Cisjordanie, alors que, dans le même temps, un quart des 230000 Palestiniens possédant une carte de résidence de Jérusalem se retrouveront à l’est du mur et devront traverser la ligne de séparation.

Dans un avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de Justice (CIJ) a jugé illégale la construction de cette barrière et exigé son démantèlement, tout comme l’a fait ensuite l’Assemblée générale de l’ONU. Israël n’a pas tenu compte de ces demandes non contraignantes, et poursuit la construction de cet ouvrage. Le ministère israélien de la Défense a indiqué qu’Israël avait achevé la moitié de la construction.

Agence France Presse

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source