retour article original

lundi 24 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Proche Orient (13ème partie) : De janvier 2006 à juin (...)
Reuters, 2 mai 2006

Proche Orient : James Wolfensohn dénonce l’arrêt des aides aux Palestiniens

Suivi d’un commentaire


JERUSALEM (Reuters) - L’émissaire du Quartet international pour le Proche-Orient, James Wolfensohn, a vivement remis en question, dans son rapport final, la décision des puissances internationales de suspendre leurs aides au gouvernement palestinien dirigé par le Hamas. Dans ce rapport, dont Reuters a obtenu une copie, mardi 2 mai 2006, Wolfensohn affirme clairement que les Nations Unies et les ONG ne seront pas en mesure de combler le vide qui résulterait d’un effondrement de l’Autorité palestinienne du fait des pressions occidentales.


James Wolfensohn avait été nommé, en 2005, par le Quartet, pour aider à coordonner le désengagement de la bande de Gaza et la reconstruction de ce territoire. James Wolfensohn a officiellement démissionné, le 30 avril 2006, en raison des dissensions au sein du Quartet -qui regroupe les Etats-Unis, l’ONU, l’Union européenne et la Russie- sur le rôle qui devait être le sien après l’arrivée du Hamas au pouvoir. Après avoir investi plus d’un milliard de dollars par an en aides aux Palestiniens, notamment dans la construction d’infrastructures et la relance d’une économie nécessaires à l’avènement d’un "Etat palestinien viable", interroge le rapport, "allons-nous tout simplement abandonner ces objectifs ?". "Il m’étonnerait que quelqu’un sorte gagnant de la fin de la scolarisation des enfants ou d’une famine palestinienne. Et je ne crois pas que des membres du Quartet pensent que cela puisse constituer une politique viable", a dit James Wolfensohn, lundi 1er mai 2006 au soir, lors d’une conférence de presse, à Washington, en présence de la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice. "Ce serait un coup perdant", a-t-il ajouté. James Wolfensohn explique que les promesses d’aide de pays arabes ont accordé un répit au gouvernement palestinien, qui n’a toutefois même pas été en mesure de rassembler 130 millions de dollars nécessaires à ses opérations courantes.

Certains pays se sont engagés à augmenter l’aide humanitaire pour palier la suspension des aides directes à l’Autorité palestinienne. "Ni l’ONU ni les ONG, vers lesquelles regardent de nombreux pays donateurs, ont la capacité de remplir ce rôle", a dit James Wolfensohn. Ses propos font écho à ceux tenus, jeudi 27 juillet 2006, dans Libération par le directeur général de Médecins sans frontières, Pierre Salignon, qui avait déclaré qu’il n’était "pas question de faire le service après-vente d’une mesure de rétorsion qui affecte la population". "Nous ne sommes pas les auxiliaires des diplomates. D’autant que cela nous mettrait en danger", avait-il dit. "Cette décision (de geler les aides) fait le lit de tous les extrémismes", avait-il dénoncé en pointant une "dégradation continue" de la situation sanitaire ces derniers mois. "Sans perspective politique, la violence ne peut que s’accroître".

Le rapport de Wolfensohn pointe également un impact du gel des aides, et donc du non paiement des salaires des fonctionnaires, sur l’économie palestinienne. "La situation fiscale de l’Autorité palestinienne est allée de mal en pis", peut-on lire dans le rapport. Si les aides ne sont pas rétablies, le taux de chômage atteindra les 47 % et la pauvreté les 74 % en 2008, affirme le rapport. "Des actions pour réduire le déficit sont inévitables et les insuffisances de fonds obligeront à court terme l’Autorité palestinienne a mener des actions encore plus agressives", avertit le rapport.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont décidé de suspendre leur aide à l’Autorité palestinienne qui a été incapable de contracter de nouveaux emprunts auprès de banques locales, régionales et internationales, lesquelles craignent des représailles américaines. Condoleezza Rice a déclaré que les Etats-Unis intensifiaient leurs efforts pour fournir une aide humanitaire aux Palestiniens et a dit espérer que le Hamas accepterait les "conditions minimums" du Quartet. "Si ces conditions politiques sont rassemblées, alors peut-être pourrons nous avancer", a-t-elle dit.

Reuters

Commentaire

On appréciera l’hypocrisie et le cynisme des dirigeants occidentaux, ainsi que du gouvernement israélien, qui ont tous, la main sur le coeur, juré qu’en gelant l’aide au gouvernement palestinien il n’était pas question de s’en prendre au peuple palestinien lui-même. En réalité, ils ont fait exactement le contraire de ce qu’ils disaient.

On rappellera également que cette brillante politique a été conçue par le gouvernement israélien, lequel vise à imposer aux Palestiniens des conditions de vie semblables à celles des juifs du ghetto de Varsovie. Il s’agit là d’une politique digne des nazis. Paradoxalement, c’est parmi les Israéliens que le régime nazi a trouvé ses plus fervents imitateurs. La différence entre les deux se situe surtout au niveau de l’hypocrisie, puisqu’Israël se prétend un modèle de démocratie et d’humanisme.

Frank BRUNNER

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source