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vendredi 24 février 2017
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Le Matin online, 4 mai 2006

Corruption : Trafic de visas à l’ambassade suisse du Pakistan

par Victor FINGAL


Vue de l’ambassade suisse à Islamabad

Abdul Iqbal aurait dû payer 20000 francs suisses à des Pakistanais qui prétendent travailler pour la représentaion suisse à Islamabad. Il refuse : sa femme et ses quatre enfants attendent depuis plus d’un an leur autorisation d’entrée en Suisse.

Pakistan


« J’ai déjà payé 2420 francs suisses pour obtenir des visas pour ma famille, depuis février 2005, et on m’a même demandé 20000 francs suisss. Mais à la représentation de Suisse à Islamabad, on me répond chaque fois « de rappeler la semaine prochaine ». La dernière fois, c’était lundi 1er mai 2006. Je crois que j’ai été roulé par l’ambassade. » Abdul Iqbal, 47 ans, le restaurateur pakistanais qui dirige le Taj Mahal, un restaurant indien à Chavannes-près-Renens, en Suisse, ne sait plus à quel saint se vouer. Lundi 1er mai 2006, il découvre, dans « Le Matin », l’affaire des visas de complaisance qui met en cause la représentation suisse à Islamabad. Abdul Iqbal comprend alors qu’il fait partie des victimes. « Je veux faire venir ma femme et mes quatre enfants dans le cadre du regroupement familial. J’ai grand besoin de leur aide : je suis diabétique et je viens d’ouvrir un second restaurant, à Nyon. » Contacté par l’avocat du restaurateur, l’Etat de Vaud donne la marche à suivre dans une lettre : Kishwar, l’épouse, 45 ans, doit déposer une demande de visa pour elle et sa progéniture à la représentation suisse. « J’ai cru qu’il s’agissait d’une simple formalité. Ma femme avait tous les papiers demandés, extraits de naissances, passeports valables, etc. » Le restaurateur sait aussi que ses affaires vont bien et que sa famille ne sera pas à la charge de la société. Son permis B va se transformer prochainement en permis d’établissement (C) et son fils, Amajad, 27 ans, qui dirige le restaurant de Nyon, le seul de ses enfants à vivre en Suisse, vient d’épouser une Helvète.

Amajad et Abdul Iqbal, dans leur restaurant de Chavannes-près-Renens, en Suisse

Mais un Pakistanais qui dit travailler pour l’ambassade se rend au domicile de Kishwar et de ses enfants, dans le Penjab, histoire de vérifier la véracité des documents : « Il a refusé de donner son nom et a fait comprendre à ma famille qu’elle devrait payer 20000 francs suisses, soit 4000 francs suisses par personne, pour obtenir les visas. Sinon, a-t-il ajouté, il faut « attendre toute une vie ». Le dossier était en ordre, nous n’avons pas voulu entrer dans cette combine. » Abdul Iqbal et sa famille sont encore persuadés qu’ils peuvent obtenir les autorisations d’entrée par la voie légale et poursuivent leur démarche.

La salle d’attente de la section des visas, à l’ambassade suisse d’Islamabad

« La première facture de l’ambassade suisse, du 16 février 2005, fait état de frais de vérification de documents de 41160 roupies pakistanaises (1185 francs suisses) et du prix des visas, 16800 roupies (370 francs suisses) pour les cinq. Mais, au lieu l’autorisation demandée, ma femme a obtenu une nouvelle facture. » Cette fois, la quittance du 6 juin 2005 et portant l’écusson à croix blanche fait état de frais de recherches de 35500 roupies pakistanaises (850 francs suisses). Une troisième facture de 33480 roupies (800 francs suisses) sera honorée le 6 décembre 2005. Mais la famille n’a toujours pas reçu à ce jour de visas ou de notification de refus. Avec l’aide de ses enfants sur place, Abdul Iqbal veut maintenant raconter sa mésaventure aux médias pakistanais.

Victor FINGAL

Vue de l’ambassade suisse à Islamabad

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