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AFP, 5 mai 2006

Proche Orient : Bruxelles prépare une aide humanitaire de 34 millions d’euros pour les Palestiniens


Le commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel, proposera, dans les prochains jours, de débloquer 34 millions d’euros d’aide humanitaire pour les territoires palestiniens et de tirer sur la réserve d’urgence de l’Union européenne, selon une interview publiée, vendredi 5 mai 2006, dans le quotidien belge Le Soir.


"J’ai décidé de finaliser une aide humanitaire de 34 millions d’euros à partir d’Echo, le service humanitaire de la Commission", explique le commissaire belge dans cette interview. "Il s’agit de financer des programmes d’appui alimentaire, de soins médicaux ainsi que d’assainissement et d’accès à l’eau", ajoute Louis Michel, qui se dit "profondément préoccupé par la situation humanitaire de la population palestinienne". Pour le commissaire européen, il faudra en outre "mobiliser des moyens importants" parce que les "services sociaux de l’Autorité palestinienne s’écroulent". "Je demanderai au Conseil des ministres et au Parlement européen de débloquer la réserve d’urgence du budget communautaire, afin d’augmenter notre action humanitaire", explique M. Michel.

L’Autorité palestinienne est confrontée à une crise financière aiguë qui s’est aggravée après l’entrée en fonctions, en mars 2006, du gouvernement du Hamas, boycotté et privé d’aide financière par l’Europe et les Etats-Unis. Les vingt-cinq, premier soutien financier des Palestiniens, avec quelque 500 millions d’euros d’aide totale par an, ont cependant promis de poursuivre et même d’augmenter leur aide humanitaire. "Actuellement, 1,4 million de Palestiniens sont en situation d’insécurité alimentaire, soit 40 % de la population, et un autre million de personnes seront dans ce cas si la dégradation continue", souligne Louis Michel. "Il existe un fort risque de recrudescence des maladies et une mortalité, surtout chez les enfants et les vieillards", ajoute-t-il.

Pour éviter tout contact au niveau politique avec le gouvernement du Hamas, l’Union européenne cherche à rediriger son aide vers les services du président palestinien, Mahmoud Abbas. Louis Michel estime cependant que "vouloir amener le Hamas à remplir des conditions (renonciation à la violence, reconnaissance d’Israël et acceptation des accords déjà signés, ndlr) ne peut se traduire par une absence totale de contacts avec les autorités locales". "La plupart de nos actions humanitaires impliquent des contacts minimaux et purement techniques avec ces autorités, même si l’argent concerné reste sous le contrôle des organisations humanitaires", précise-t-il. Cependant, les organisations humanitaires "ne pourront pas reprendre toutes les activités menées via nos financements de coopération à l’Autorité palestinienne", avertit M. Michel.

Enfin, le commissaire souligne qu’il est "de plus en plus difficile de travailler, notamment en raison des check-points israéliens". "Le gouvernement israélien a un rôle à jouer afin de permettre et faciliter la poursuite de l’action humanitaire dont la survie de la population palestinienne dépend", estime Louis Michel.

Agence France Presse

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