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mardi 28 février 2017
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AFP, 6 mai 2006

Proche Orient : Des oulémas invités au Qatar pour une fatwa imposant l’aide au gouvernement du Hamas


Un influent religieux musulman, Youssef Al-Qardaoui, a annoncé, samedi 6 mai, la tenue les 10 mai et 11 mai 2006, à Doha, d’une conférence d’oulémas pour émettre une fatwa (décret religieux) imposant aux musulmans d’aider le gouvernement palestinien du Hamas, isolé au plan international.


La conférence, devant réunir des oulémas et dignitaires musulmans, ainsi que des dirigeants de groupes palestiniens, doit "édicter une fatwa sur le devoir de la Oumma (nation islamique, NDLR) et des gouvernements" arabes et musulmans envers les Palestiniens et le cabinet Hamas, a déclaré cheikh Qardaoui, lors d’une conférence de presse, à Doha. Outre des dignitaires musulmans, ont été également conviés à la conférence le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, les chefs du Jihad islamique, Ramadan Chalah et du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), Ahmed Jibril, selon lui. En revanche, le mouvement Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, serait absent. Cheikh Qardaoui a fait état de "difficultés avec les représentants du Fatah (...) qui, dans leur majorité, refusent de coopérer", a-t-il indiqué.

Youssef Al-Qardaoui a critiqué "la duplicité de l’Occident qui a refusé la démocratie palestinienne car elle ne lui convient pas". "C’est de l’hypocrisie politique que nous rejetons", a-t-il dit. La crise palestinienne actuelle est "un test pour la nation islamique et non pas pour le Hamas, car ce dernier a réussi" à accéder au pouvoir, a-t-il ajouté, en critiquant les banques arabes qui "ont omis de faire parvenir au peuple palestinien des fonds". L’Union européenne, principal donateur des Palestiniens avec 500 millions d’euros par an, a suspendu à l’instar des Etats-Unis ses aides financières, après l’entrée en fonction, en mars, du gouvernement Hamas, laissant l’Autorité palestinienne au bord de la banqueroute. Ses quelque 160000 fonctionnaires, dont les salaires s’èlevent à plus de 120 millions de dollars mensuels, n’ont pas été payés en mars et en avril 2006. Le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a affirmé, mercredi 3 mai 2006, que son gouvernement avait levé des fonds à l’étranger pour payer les salaires des fonctionnaires, mais se heurtait au refus des banques de les transférer en raison de pressions américaines.

La fatwa "aura deux aspects : d’abord l’aide financière aux Palestiniens, qui est un devoir (religieux), et ensuite (leur) soutien (moral)", a-t-il ajouté en s’en prenant à l’Occident pour ses tentatives d’isoler le mouvement islamiste Hamas, qui a formé le gouvernement palestinien après sa victoire aux élections législatives de janvier 2006.

Agence France Presse

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source