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lundi 27 février 2017
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AFP, 14 mai 2006

Proche Orient : La Cour suprême d’Israël fait étalage de son esprit discriminatoire et raciste


La Cour suprême d’Israël a entériné, dimanche 14 mai 2006, une loi visant à empêcher les conjoints palestiniens d’Arabes israéliens de vivre en Israël. La Cour à repoussé par à une seule voix de majorité à six voix contre cinq un appel de plusieurs organismes de Défense des droits de l’Homme contre cette loi adoptée en juillet 2005 par le parlement israélien. Cette loi qualifiée de "discriminatoire" et "raciste" par ces associations a été vivement dénoncée par Amnesty international, ainsi que par le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD).


La majorité de la Cour a estimé que les Palestiniens étaient des "ressortissants d’une entité ennemie" qui constituaient une menace potentielle à la sécurité d’Israël. La minorité, dont le président de la Cour, le juge Aaron Barak, a estimé, en revanche, que ces considérations ne justifiaient pas une telle atteinte aux droits des citoyens arabes d’Israël, apprend-on de source judiciaire.

Les représentants de l’Etat ont défendu la loi devant la Cour affirmant qu’elle avait pour seul but d’empêcher que des Palestiniens mariés à des Arabes israéliens ne commettent des attentats. Selon le service de sécurité intérieure, le Shin Beth quelque vingt-cinq conjoints d’Arabes Israéliens ont été impliqués ces dernières années dans des "activités terroristes" sur plus de 100000 Palestiniens qui se sont installés en Israël. "Cet argument sert de prétexte pour limiter la population arabe d’Israël par une loi raciste qui a des conséquences tragiques pour des milliers de familles", a rétorqué l’avocate Orna Cohen qui représente des familles.

Avant l’entrée en vigueur de la loi, un Palestinien ou une Palestinienne de Cisjordanie ou de la bande de Gaza qui épousait une personne arabe israélienne pouvait demander le statut de résident, puis la citoyenneté israélienne, ainsi que tous les droits sociaux accordés à tout Israélien. Un amendement a été cependant apporté qui prévoit que les Palestiniens de plus de 35 ans et les Palestiniennes de plus de 25 ans peuvent demander à bénéficier du droit de résidence ou de la nationalité israélienne en cas de mariage avec une conjointe ou un conjoint arabe israélien, alors que depuis trois ans cette possibilité leur était déniée. Les 1,2 million d’Arabes israéliens sont les descendants de Palestiniens restés chez eux au moment de la création de l’Etat d’Israël, en 1948.

Agence France Presse

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source