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24 heures.ch, 15 mai 2006

Proche Orient : Les nazillons israéliens s’en prennent à une journaliste

par Ouri DANIEL


Karine Wenger, 27 ans, journaliste free-lance pour la Neue Züricher Zeitung, n’est pas prête d’oublier l’accueil qui lui a été réservé, vendredi 12 mai 2006, au point de passage entre la bande de Gaza et Israël.


« Il était 18h30 locales, quand je me suis présentée au poste israélien d’Erez, et à trois reprises les responsables du contrôle m’ont demandé par haut-parleurs de repasser devant la machine à rayons x », raconte-t-elle. Sans autre explication, ils lui ont ensuite intimé l’ordre d’enlever son pantalon, afin de vérifier celui-ci séparément, tandis qu’elle devait à nouveau repasser aux rayons x, les mains levées et en sous-vêtements. « Là encore, poursuit-elle, j’ai été contrainte de me plier à cette exigence trois fois de suite, avant de pouvoir me rhabiller, et cela sous le regard d’un homme armé d’un fusil M-16 qui m’observait du haut (des structures) du check point ». Déjà à bout de nerfs après dix jours de reportage harassant dans la bande de Gaza, la jeune femme reconnaît qu’elle s’est sentie « profondément humiliée » par ces méthodes. « Un de mes collègues de la télévision suisse, André Marty, m’a appelée sur mon portable précisément à ce moment-là, et j’ai éclaté en sanglots », se rappelle-t-elle. Elle précise qu’après avoir récupéré son passeport et franchi le terminal routier d’Erez, des militaires israéliens lui ont ensuite expliqué que ce dernier n’est plus de leur ressort et dépend d’une compagnie privée de vigiles. Karine Wenger est, depuis, rentrée en Suisse, où un prix lui a été décerné pour un reportage sur les bédouins israéliens.

L’association de la presse étrangère en Israël a vivement protesté contre l’incident d’Erez « totalement inadmissible » et « profondément troublant ». Elle a souligné que les moyens techniques mis en œuvre sur place étaient justement « supposés accélérer les contrôles et épargner les mauvais traitements ».

Une porte-parole du ministère de la Défense, à Tel-Aviv, a exprimé ses « regrets » et parlé d’« erreur technique » nécessitant un examen, notamment parce que des femmes doivent normalement être affectées à la fouille corporelle des femmes à Erez. Elle a aussi confirmé qu’une compagnie privée de sécurité assume, depuis janvier 2006, la surveillance du terminal, et que les contrôles rigoureux font suite à de nombreuses alertes sur des attentats palestiniens.

Ouri DANIEL

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