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samedi 24 juin 2017
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Genève, 24 mai 2006

Corruption : Un escroc préside la commission de contrôle de gestion du parlement genevois

par Frank BRUNNER


L’escroc et député socialiste Alberto Velasco préside la commission de contrôle de gestion du parlement genevois. Un fait révélateur du degré de corruption du milieu politique local.


La première fois que j’ai eu affaire à Alberto Velasco, c’était à l’occasion d’une assemblée générale de l’association de défense des chômeurs, à Genève, dont j’étais devenu membre du comité. A l’origine, il s’agissait d’une association de bénévoles très motivés. Aussitôt après avoir obtenu une subvention, cette association s’est retrouvée noyautée par des politicards de gauche désireux, d’une part, de la manipuler dans un but électoraliste et, d’autre part, de piquer dans la caisse. Pour eux, la défense des chômeurs n’était qu’un alibi.

Cette association avait obtenu une subvention annuelle de 80000.- CHF. Cette subvention incluait les salaires de deux emplois à mi-temps au secrétariat et celui d’un nettoyeur qui travaillait quelques heures par mois. L’association a fait paraître des offres d’emploi bidon -auxquelles plus de cinquante personnes ont répondu- alors même qu’il avait déjà été décidé d’attribuer les postes de secrétariat à des politicards membres de l’association. Le trésorier, Luis Perez, était membre du parti socialiste genevois. Par la suite, il devait s’avérer qu’il se livrait à des détournements de fonds massifs. Il existait au moins trois versions différentes de la comptabilité. Luis Perez facturait, notamment, des achats de matériel informatique, alors que ce matériel n’aboutissait pas à l’association. Car Luis Perez, parallèlement à son activité de trésorier, se montait une entreprise destinée à vendre des cours d’informatique aux chômeurs. Ses détournements de fonds avaient pris une telle ampleur que le nettoyeur de l’association -alors requérant d’asile- ne parvenait plus à percevoir son modique salaire mensuel. Ce nettoyeur s’en est plaint à moi, ce qui m’a amené à exiger des explications du président de l’association, puis à mettre mon nez dans toutes ces magouilles financières. Leur obsession de l’omerta était telle que les autres membres du comité, redoutant de perdre la subvention annuelle de 80000.- CHF, ont commencé par vouloir licencier le nettoyeur de l’association, en violation du code du travail, après quoi ils se sont efforcés de nous exclure tous deux de l’association. Le nettoyeur a subi deux agressions physiques, dont l’une en pleine assemblée générale. J’ai divulgué les faits dans une petite publication que je diffusais à l’époque. De surcroît, je dénonçais ces faits à l’occasion des assemblées générales, alors que les autres membres du comité s’efforçaient, au contraire, de les passer sous silence. Dans le but de m’empêcher d’étudier les classeurs d’archives de l’association, ils n’ont pas hésité à m’interdire arbitrairement l’accès du local, alors même que j’étais membre du comité. Néanmoins, l’association de défense des chômeurs s’est retrouvée complètement discréditée et sa subvention annuelle a été considérablement réduite. Cela n’a pas empêché la poursuite des détournements de fonds et des fausses facturations. Il n’y a jamais eu de poursuite pénale contre aucune des personnes impliquées dans ces malversations, car elles ont bénéficié de la complicité du procureur général de l’époque, Bernard Bertossa, toujours disposé à couvrir les crapuleries du milieu politique local. Ce qui ne l’empêchait pas de se donner des airs de pourfendeur de la corruption internationale.

Par la suite, j’ai revu Alberto Velasco à l’occasion de l’assemblée constitutive d’ATTAC-Genève. Cette association a immédiatement été noyautée par les politicards locaux. Sa prétention « citoyenne » n’a jamais été qu’une imposture. Là encore, il s’agissait de manipuler ATTAC-Genève dans un but électoraliste. Alberto Velasco a été élu à la présidence par ses petits copains. Il n’a rien eu de plus pressé que de se livrer à des abus de confiance au préjudice des membres. Ces faits sont relatés dans cette même rubrique corruption (l’affaire Velasco). La plainte pénale que j’ai déposée contre Alberto Velasco a aussitôt été classée par son petit copain de parti le procureur général Bernard Bertossa, sans qu’il ait ordonné la moindre enquête. Par contre, dans l’espoir de me discréditer et de me réduire au silence, Bernard Bertossa a délivré, à mon encontre, une ordonnance de condamnation pour « calomnie ». J’étais censé avoir calomnié son petit copain Alberto Velasco. Cette ordonnance de condamnation était arbitraire et illégale car, en droit pénal suisse, dans une affaire de calomnie, l’accusateur doit prouver qu’il y a eu calomnie. Or, Alberto Velasco n’a rien eu à prouver à l’appui de son accusation de calomnie à mon encontre. Il en était incapable, puisqu’il savait fort bien que je disais la vérité. Cette accusation a d’ailleurs été abandonnée par le Tribunal de police, qui m’a condamné pour « diffamation », après avoir refusé d’auditionner les témoins, refusé d’examiner les preuves que je produisais contre Alberto Velasco et refusé d’enquêter. Alberto Velasco n’a pas hésité à gifler l’une de ses collègues de parti disposée à témoigner contre lui. Là encore, la plainte de cette femme a été classée par le procureur général Bernard Bertossa.

Et c’est donc cet intrigant minable, cet escroc à la petite semaine, ce coureur de jetons de présence qui préside actuellement la commission de contrôle de gestion du parlement genevois. On mesure ainsi l’absence d’éthique qui règne dans ce milieu d’opportunistes.

Frank BRUNNER

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