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AP, 17 mars 2004

Formation du nouveau gouvernement en Haïti : pas de proches de Jean-Bertrand Aristide

Suivi d’un commentaire


Des Haïtiens attendent de pouvoir travailler dans une zone industrielle de Port-au-Prince, 12 mars 2004

PORT-AU-PRINCE (AP) -Le Premier ministre haïtien par intérim a formé mardi un nouveau gouvernement en remplacement de celui de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide. Aucun proche de l’ancien président n’en fait partie.

Des adjoints du Premier ministre Gérard Latortue ont fait circuler une liste de 13 noms composant le nouveau cabinet à l’issue d’une rencontre de ce dernier avec le président par intérim Boniface Alexandre au Palais national.

Boniface Alexandre


M. Latortue devrait officiellement annoncer la liste des 13 membres du nouveau gouvernenement mercredi 17 mars 2004, a précisé un de ses adjoints.

Mais Leslie Voltaire, un ancien membre du gouvernement Aristide, a toutefois précisé qu’aucun membre du parti Lavalas, le parti de l’ancien président, n’avait été choisi.

L’ancien Premier ministre du président déchu, Yvon Neptune, a estimé lors d’un entretien par téléphone avec l’Associated Press, qu’ignorer le Lavalas, qui possède de formidables soutiens, amènerait des problèmes dans le pays.

« Il devrait y avoir au minimum l’acceptation sincère du Lavalas comme une organisation », a-t-il expliqué. « L’idée était de mettre en marche la réconciliation ».

Yvon Neptune

Un responsable du nouveau pouvoir a fait savoir qu’Yvon Simeon avait été choisi comme ministre des Affaires étrangères ; Bernard Gousse, un avocat anti-Aristide, serait ministre de la justice ; Henri Bazan, président de l’association haïtienne des économistes, ministre des finances. L’ancien général Herard Abraham deviendrait ministre de l’Intérieur.

Robert Ulysee, ministre sans portefeuille, a confirmé qu’aucun membre du parti Lavalas n’était à nouveau ministre.

M. Voltaire a expliqué que les responsables du parti du président déchu étaient en train d’analyser la situation et qu’il n’y avait pour le moment pas d’autre commentaire.

Le président déchu Aristide a passé, mardi 16 mars 2004, son deuxième jour en Jamaïque, qui lui offre un asile temporaire, en dépit des craintes de Washington de voir sa présence dans les Caraïbes aiguiser les tensions en Haïti.

Haïti et Saint-Domingue

M. Aristide a réitéré ses accusations de coup d’Etat à l’encontre des Etats-Unis pour parler de son départ précipité d’Haïti. « Ils ont cassé l’ordre constitutionnel en usant de la force pour me faire partir du pays », a-t-il déclaré sur Radio Pacifica’s « Democracy Now ! ».

Le nouveau gouvernement haïtien lancera-t-il un mandat d’arrêt international contre Jean-Bertrand Aristide ? Demandera-t-il le gel des avoirs du dictateur-gangster ?

Il a expliqué que les Américains l’avait privé de ses agents de sécurité personnels, qui provenaient de la fondation Stele, basée en Californie. Dix-neuf agents qui le protégeaient à Haïti lui ont dit que « des responsables américains leur avaient demandé de partir, et de partir immédiatement ».

M. Aristide a ajouté que 25 autres gardes du corps, qui devaient venir renforcer sa protection alors que les rebelles s’approchaient de la capitale, n’ont pas reçu l’autorisation de quitter les Etats-Unis.

En Haïti, au chant de « Vive Aristide ! », plusieurs dizaines de partisans de M. Aristide, des jeunes, se sont rassemblés dans le quartier sous tension de Belair à Port-au-Prince afin de demander le retour de l’ancien président et le départ des soldats de la paix américains. Aucun incident n’a été rapporté.

Associated Press

Manifestation des marionnettes du parti Lavalas, à Port-au-Prince, le 5 mars 2004

Commentaire

Le fait que Jean-Bertrand Aristide, au cours de sa présidence d’Haïti, ait fait assurer sa sécurité par des mercenaires -les agents de la fondation Stele- est très révélateur. Cela démontre qu’il n’avait aucune confiance dans la population haïtienne et qu’il ne se fiait même pas à la police haïtienne.

Que n’aurait-on pas dit de Guy Philippe et Louis-Jodel Chamblain si, au cours de l’insurrection, ils avaient fait assurer leur sécurité par des mercenaires étrangers ?

Frank BRUNNER

Guy Philippe et Louis-Jodel Chamblain, à Cap-Haïtien, pendant l’insurrection contre Jean-Bertrand Aristide

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