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samedi 22 juillet 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (2ème partie) : Du 1er mars 2004 au 31 mars 2004
AFP, 17 mars 2004

7 tués et 35 blessés dans un attentat au coeur de Bagdad


BAGDAD (AFP) - Sept personnes ont été tuées et 35 blessées, dont deux Britanniques, dans un attentat à la voiture piégée, mercredi 17 mars 2004 au soir, près d’un hôtel du centre de Bagdad, à la veille du premier anniversaire de la guerre.


"C’était une voiture piégée. Nous n’avons trouvé aucun reste humain dans la voiture", a déclaré le lieutenant-colonel américain Peter Jones, faisant état de 27 tués.

Le colonel Ralph Baker a estimé que 500 kg d’explosifs avaient été utilisés pour piéger la voiture. "C’est similaire aux attaques que nous avons vues avant d’Ansar al-Islam et Zarqaoui", a-t-il ajouté en référence au groupuscule extrémiste kurde et au suspect numéro un dans les attentats antichiites sanglants du 2 mars 2004, le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui.

Le porte-parole du Conseil de gouvernement irakien Hamid Kifaï a de son côté imputé la responsabilité de l’attaque au réseau "Al-Qaïda (d’Oussama ben Laden) et aux organisations terroristes qui lui sont liées".

Selon le lieutenant-colonel Jones, l’attaque visait apparemment l’hôtel Jabal Loubnan, dans le quartier Karrada, où se trouvaient "dix clients, des Britanniques, des Libanais, des Egyptiens et des Jordaniens, pour la plupart des hommes d’affaires". Il a fait état de deux Britanniques blessés.

Tard dans la soirée, les secouristes, qui continuaient à s’affairer sous les projecteurs, ont retiré des gravas le corps d’un tué, ce qui a porté le bilan de l’attaque à 6 morts.

La déflagration a causé un cratère de deux mètres de large et trois mètres de profondeur. Des débris de verre et de ferraille étaient visibles à des dizaines de mètres à la ronde.

Trois maisons d’un étage et un atelier de menuiserie ont été totalement détruits. Un immeuble, siège d’une entreprise de travaux publics, a été dévasté et les murs de l’hôtel ont été noircis par les incendies.

Un voisin, Raad Taha, a affirmé qu’une maison habitée par une famille chrétienne avaient été détruite, ce qu’a confirmé le lieutenant-colonel Jones qui a indiqué que "les trois membres d’une même famille sont toujours portés disparus".

L’explosion à 20H10 locales (17H10 GMT) a secoué la capitale où les ambulances se sont ruées sur l’avenue Nidal survolée par des hélicoptères américains.

La panique s’est emparée des habitants du quartier, bouclé par l’armée américaine et la police irakienne, alors que des blessés sortaient en hurlant des bâtiments en flamme. Des femmes en pleurs étaient soutenues par des secouristes.

Les pompiers se sont employés à maîtriser les flammes alors que des dizaines de blessés étaient évacués par les ambulanciers et des voisins, aux cris d’"Il n’y a de dieu que Dieu".

Un serveur de l’hôtel, Ammar Jassim, 24 ans, a raconté à l’AFP : "J’étais en train de servir dans le restaurant, il y a eu une énorme explosion". "Tout le monde s’est retrouvé par terre et j’ai vu un de mes amis serveur perdre la vie".

Le lieutenant-colonel Jones a précisé que "l’hôtel n’avait pas reçu de menaces. Il avait une sécurité privée mais pas de mur en béton de protection".

"Je pense que c’est probablement un signe de l’organisation terroriste que nous traquons . Elle est capable de répandre la terreur dans le pays", a indiqué à l’AFP le général Mark Kimmitt, chef adjoint des opérations des forces de la coalition, sans donner de détails.

La Maison Blanche, par la voix de son porte-parole, a affirmé que l’attentat ne ferait pas dérailler le processus démocratique en Irak. "Les terroristes savent que les enjeux sont importants mais ils ne gagneront pas. Nous affronterons ce défi avec force et détermination. La démocratie prend racine en Irak et il n’y a pas de retour en arrière possible", a-t-il dit.

Cette attaque survient peu avant la date du premier anniversaire de la guerre lancée le 20 mars 2003 par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne contre l’ex-régime de Saddam Hussein. Elle s’est produite aussi au moment où l’exécutif irakien a sollicité l’expertise de l’ONU pour l’aider à recouvrer la souveraineté.

Agence France Presse

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